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Emplois aidés : pourquoi l’État a-t-il donné autant à la Région ?

Commission transparence hier à la préfecture

Manuel Marchal / 29 août 2012

La responsabilité de l’État dans la crise actuelle est clairement engagée. C’est en effet l’État qui a autorité pour répartir les quotas de contrats aidés entre les différentes institutions bénéficiaires. Alors comment expliquer que la Région ait été autant servie au premier semestre 2012 ?

La commission de transparence sur les emplois aidés s’est réunie hier à la préfecture. Cette instance regroupe les parlementaires, l’Association des maires, le Conseil général, la Région, Pôle emploi, les services de l’État et des « experts indépendants ». Elle était très attendue, moins d’une semaine après la manifestation des emplois verts devant la préfecture.
Cette instance a eu en sa possession le bilan de l’action de l’État dans les emplois aidés : quelles sont les structures qui emploient des travailleurs en contrat aidé, et quel a été leur quota fixé par l’État. Les données transmises ont confirmé plusieurs choses.
Tout d’abord que malgré le rattrapage opéré en juillet par le nouveau gouvernement, le nombre d’emplois attribués à La Réunion en 2012 a diminué par rapport à l’année précédente, de 18%. Une évolution qui contraste avec celle des demandeurs d’emploi qui ont vu leur nombre augmenter de plus de 5% sur 12 mois.

Distorsion électorale

Ensuite, il est confirmé que plus de la moitié des contrats ont été consommés durant les six premiers mois. La Région Réunion et ses emplois verts se sont particulièrement illustrés dans cette inflation d’embauche. La conjugaison de la baisse de l’enveloppe annuelle et de la hausse de la consommation entre janvier et juin est bien à l’origine des tensions. Les six premiers mois de l’année ont vu trois scrutins à La Réunion. En janvier, il y eut une municipale partielle impliquant un conseiller général et une maire sortante opposés au PCR. En avril, une élection présidentielle fut suivie en juin par les législatives. Dans ce dernier scrutin, 11 maires étaient candidats, sans compter les adjoints.
Les chiffres donnés hier confirment bien le lien entre élections et plus forte embauche de travailleurs en contrats aidés largement financés par l’État.

14% des contrats au 1er semestre

Un point important de l’ordre du jour comportait l’examen de la gestion du dispositif emplois verts du Conseil régional. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, aucun élu de la Région n’était présent. Les administratifs délégués par la collectivité ont donc fait un exposé succinct du dispositif, mais n’étaient pas en mesure de répondre aux questions nombreuses qui étaient posées.
En cette année électorale, la Région a été particulièrement bien pourvue. À elle seule, elle a obtenu 14% de tous les contrats aidés non marchands cofinancés par l’État au premier semestre.
Mais il est clair qu’elle ne s’est pas servie. C’est en effet l’État qui a la responsabilité de fixer le quota. Il a donc décidé de privilégier une collectivité au détriment d’autres structures. Sur quels critères ? Qui a décidé ?
Voilà un exemple qui montre bien qu’il faut en finir avec l’opacité dans la gestion des emplois aidés. La hausse continue du chômage augmente chaque mois la pression pour bénéficier de ce type de contrat. Pourquoi ne pas élargir les pouvoirs de la commission transparence à celui de juger l’opportunité ou pas d’attribuer un important quota à une institution sur la base de critères publics ?

M.M.

Tirons les leçons d’une expérience de 17 ans

Le sénateur Paul Vergès a réitéré la proposition de réaliser un audit sur la gestion de tout le dispositif des emplois aidés, en particulier celui des emplois verts.

Paul Vergès estime que cela pourra aider à tirer les leçons d’une expérience commencée voici 17 ans, celles de l’utilisation d’emplois cofinancés par l’État pour le traitement social du chômage.

Enfin, le sénateur plaide pour aller vers davantage de cohérence entre les différents acteurs du dispositif pour aller vers un service public de l’environnement.

Les différents participants se sont montrés réceptifs à ces propositions. Tout le monde a pointé du doigt qu’il faut plus de transparence dans la gestion des emplois aidés. Car il existe aujourd’hui une suspicion générale qui porte atteinte à la crédibilité de tout le dispositif.

Une rentrée scolaire au rabais

Malgré la rallonge accordée au mois de juillet par le gouvernement, le nombre des emplois aidés est resté nettement insuffisant pour que la rentrée scolaire puisse se faire dans de bonnes conditions.

12 jours après la date officielle de réouverture des écoles, Roland Robert, président de l’Association des maires, a rappelé les difficultés communes aux municipalités suite à ces restrictions. Le service public est dégradé, avec l’impossibilité pour les maires d’organiser les activités périscolaires.



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  • Tout simplement par pure conviction politique. La Région a tout fait pour que SARKO repasse. Même sur le coût de la vie La Région est intervenue. Mais par pure perte...Et aujourd’hui avec le nouveau gouvernement, La Région devra en rendre des comptes. Mais malheureusement encore une fois c’est les Kréoles et c’est La Réunion qui va en morfler...Poser la même question à la région et à l’ancien Préfet pour les nouveaux contrats CUI/CAE pour les jeunes de moins de 25 ans ?

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