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Emplois verts : aujourd’hui le grand scandale ?

Didier Robert utilise les contrats comme des feuilles de tôle sous les yeux d’un État qui a dénoncé les "contrats-magouille"

Manuel Marchal / 16 août 2013

Aujourd’hui, la Région va engager selon ses dires plus de 110.000 euros pour subventionner une structure qui placera sous sa coupe tous les recrutements des emplois-verts. Le premier acte aura lieu aujourd’hui, lors d’une grande fête pendant laquelle sera créée une machine de guerre électorale au service du chef de l’opposition au gouvernement à La Réunion. Voilà une conséquence dramatique du choix du PS de donner à Didier Robert la direction de la Région, l’Etat va-t-il continuer à laisser faire ?


Fin 2007, lors d’une séance plénière du Conseil général, le préfet Maccionni fait le rapport d’activité des services de l’État. À cette occasion, il fait une déclaration fracassante : « non aux contrats-magouille, oui aux projets d’insertion » . Le choix du moment et du lieu n’était pas innocent : de nombreux maires et adjoints sont conseillers généraux. Étaient clairement visés les moins scrupuleux d’entre eux, qui n’hésitent pas à détourner les emplois aidés pour faire du clientélisme électoral.

Six ans plus tard, c’est la Région qui s’apprête à faire exactement ce que dénonçait le préfet de l’époque. En effet, Didier Robert s’apprête à signer une convention de 110.000 euros demain, sans avoir l’aval de la Commission permanente de la Région ! Mardi, l’Alliance a dénoncé justement cet abus de pouvoir. D’autant plus que ces fonds publics vont être mis au service d’une opération clientéliste à quelques mois des élections : la création d’une machine de guerre qui gérera tous les emplois verts.

Embauchés, mais sans travail

Déjà fin 2010, c’était un premier scandale. Les emplois verts co-financés par la Région et l’État étaient donnés en priorité à des associations créées de toutes pièces quelques mois avant les cantonales. À leur tête, des proches de Didier Robert ou de son parti politique. Les chantiers théoriques de ces associations se concentraient dans les cantons renouvelables en mars 2011. Théoriques, car à leur embauche en janvier 2012, les travailleurs commençaient par les congés payés avant de poursuivre par de longues journées d’attente sans rien faire. Car de chantiers, il n’y avait pas pour le moment…

Ces pratiques méprisables donnaient le ton. À ce moment, Didier Robert était un membre de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy était le chef de l’État. Cela pouvait peut-être expliquer la générosité avec laquelle Paris soutenait ces manœuvres, car l’État paie bien plus de la moitié de chaque contrat précaire.

Un opposant au gouvernement

Mais un cap nouveau sera franchi demain avec la création d’une structure fédérant ces bien curieuses associations. A la tête de cette dernière, la compagne du meneur de la manifestation des emplois verts contre la préfecture l’an dernier.

Aujourd’hui, le gouvernement n’est plus dirigé par l’UMP, et Didier Robert est devenu un opposant sans concession de la politique menée par Paris. Il est donc difficile de croire que le gouvernement puisse adopter la même attitude que son prédécesseur. L’État laissera-t-il un président de Région signer un document sans avoir obtenu l’accord préalable de la Commission permanente ? Un gouvernement socialiste va-t-il subventionner massivement la machine de guerre électorale de son principal opposant à La Réunion ?

Toutes ces questions ne seraient pas d’actualité si en 2010, le PS n’avait pas décidé de faire gagner Didier Robert aux élections régionales. En choisissant l’UMP plutôt que l’Alliance, les socialistes ont offert des moyens considérables à leur opposant le plus résolu.

M.M.

Une journée à 80.000 euros annonce la presse. Ce sera 110.000 euros, corrige Madame Couapel-Sauret, vice-présidente de la Région chargée des 2.000 bus. Tout cela bien entendu à la charge des Réunionnais.

Un gouvernement socialiste va-t-il financer 70% de la machine de guerre électorale du chef de l’opposition au gouvernement à La Réunion ?

21 millions d’euros de fonds publics de la Région servent uniquement à embaucher des travailleurs précaires, mais l’État paie plus du double pour assurer le salaire de ces travailleurs.

Cycle de conférence

« Après l’abolition de l’esclavage, abolissons l’extrême pauvreté à La Réunion, avant 2015 ! »

Conférence n°2 :

Solidarité générationnelle,

et la suppression de la loi qui oblige les enfants

à rembourser l’allocation vieillesse de leurs parents

Conférence de l’Appel de l’Ermitage :

Samedi 17 août 2013 à 9h30

Chez M. Jeannot Técher – 0692 23 76 82

42 chemin Portail – Trois-Mares – Le Tampon


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