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En avant vers 2012

Geoffroy Géraud-Legros / 25 septembre 2010

Appels aux pulsions racistes et xénophobes, rumeurs terroristes, manipulation des statistiques : le gouvernement fait feu de tout bois dans le but de détourner l’attention populaire de sa politique antisociale et de minimiser la montée de la contestation. Peine perdue : en France comme à La Réunion, le mouvement social tient bon. Et porte en lui l’alternative de 2012.

Le soulagement était visible sur le visage de nombreux syndicalistes, lors de la journée de grève et de manifestation d’avant-hier. Dans un pays au salariat fragile comme le nôtre, deux jours de paye supprimés le même mois, cela pèse lourd sur le budget familial… D’autant plus que les prix continuent d’augmenter et que l’emploi se fait rare. 3.000 manifestants à Saint-Denis et 4.000 à Saint-Pierre, c’est donc une victoire du courage contre la stratégie de pourrissement sur laquelle table le gouvernement.

Le courage est dans la rue

« Faire grève, pour moi c’est difficile », nous déclare cette jeune femme, qui n’a pourtant pas hésité à descendre dans la rue à l’appel de l’intersyndicale. « Je suis mère de famille au SMIC, et la manifestation du 7 septembre, c’est déjà une coupe sur mon salaire ». Du côté du parti présidentiel, on s’attendait évidemment à une baisse d’intensité dans la mobilisation… et les représentants locaux de l’UMP, Didier Robert en tête, ont d’ailleurs fait ce qu’il fallait pour précariser encore l’emploi et accroître la pression sur ceux qui gagnent peu, ou n’ont pour vivre que des petits contrats. « Ce n’est pas facile, à cause de la pression sur les petits salaires… mais il vaut mieux une fin de mois plus serrée que de perdre toute la retraite », nous dit cet employé déterminé lors de l’arrivée devant la Préfecture.

« Je reviendrai autant qu’il le faudra »

« Je ne crois pas une seule seconde que le gouvernement cherche à sauver la retraite », ajoute-t-il. « Ce qu’ils veulent vraiment, c’est supprimer complètement la retraite par répartition et nous obliger à nous inscrire aux fonds de pension ». « Je reviendrai s’il le faut », ajoute un manifestant, « c’est trop important ». Et ils sont nombreux, ceux qui défilaient à Saint-Denis et à Saint-Pierre, qui n’accepteront plus la loi de la peur, de la menace et de l’arrogance imposée par le gouvernement et ses représentants à La Réunion.

« Ils suppriment les chantiers »

Face au cordon de CRS qui protège le palais préfectoral, un jeune docker empoigne le mégaphone. « Assez avec ce pouvoir, qui casse tout, casse nos retraites. Assez avec ceux qui cassent l’emploi, qui suppriment les chantiers, qui mentent aux Réunionnais. Aujourd’hui, on prépare 2012, en 2012 nou va batt azot dehors ». Et dans la foule, chacun le ressent : la lutte contre la casse des retraites donne un élan vers un changement de pouvoir, vers le rendez-vous décisif de l’année 2012.

G.G.-L.


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