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En pleine crise, il n’y a pas d’autre solution que le consensus réunionnais

Les enseignements de l’assemblée générale d’Air Austral —1—

Manuel Marchal / 29 septembre 2010

L’assemblée générale des actionnaires d’Air Austral a été reportée d’un mois afin de rechercher l’expression du consensus. Dans la très grave crise vécue par les Réunionnais, la division ne peut être la solution pour traiter les problèmes. Sortons du fanatisme partisan, sortons de l’affrontement institutionnel, et unissons-nous pour trouver ensemble les ressources du développement du pays.

Près de 140.000 demandeurs d’emploi : La Réunion est touchée par une crise très grave. Notre économie s’est effondrée sous le coup de décisions politiques qui ont cassé la dynamique offerte par le BTP. D’un chiffre compris entre 3 et 4%, la croissance a chuté à -2,7%. Rarement dans notre Histoire, les Réunionnais ont subi une dégringolade aussi brutale.
Anticipant les conséquences prévisibles de la crise mondiale sur l’Europe, et le contrecoup à La Réunion, des dirigeants réunionnais avaient obtenu de Paris l’engagement d’un véritable plan de relance avant l’heure. Le 17 janvier 2007 à l’hôtel Matignon à Paris, Dominique de Villepin et Paul Vergès apposaient leurs signatures de Premier ministre et de président de Région au bas d’un accord qui devait injecter à La Réunion plus de 2 milliards d’euros à travers deux chantiers : tram-train et route du littoral.
Mais cette année, il n’a suffi que de quelques mois pour tout perdre. Ces 2 milliards se sont envolés avec les décisions d’arrêter le chantier du tram-train et de reporter celui de la nouvelle route du littoral. Le président de Région donnait ainsi le coup de grâce à un secteur du BTP qui devait faire face à la plongée des investissements dans la construction de logements à cause de la diminution des aides de l’État versées sous forme de défiscalisation. De 10.000, la production de logements a chuté de plus de 70%, et l’arrêt des grands chantiers a fermé la porte à toute solution de relance. Voilà les dégâts provoqués par une politique d’affrontement institutionnel, et où le sectarisme partisan a été le moteur des décisions.

L’impasse de l’affrontement

Devant une telle situation, il est nécessaire de changer radicalement la donne sous peine de condamner le pays à une crise irréversible. Plus personne ne pense que le Premier ministre va venir de Paris apporter en une signature la solution à la crise que connaît La Réunion. Il est temps que cesse ce fanatisme partisan illustré par le comportement de l’ancien préfet.
Car il a pour résultat la casse des projets, la montée du chômage, et le renforcement des monopoles.
La réunion du MEDEF a montré combien le désarroi est profond même chez les chefs d’entreprise. Car face à la crise, il n’y a plus de projet.
Il est donc grand temps que les dirigeants politiques du pays se mettent d’accord pour débattre d’un projet sur l’avenir de La Réunion, pour faire avancer l’intérêt général.
C’est ce débat que Paul Vergès souhaite depuis longtemps. C’est grâce à ce débat qu’est né Air Austral à l’époque où Pierre Lagourgue dirigeait la Région. Et c’est cette recherche du consensus qui a permis le lancement de tous les projets initiés par la Région depuis la création de la collectivité en 1983 jusqu’à mars dernier.
Sortons du fanatisme, sortons de l’affrontement politicien, et allons vers le renforcement du partenariat à tous les niveaux : entre les institutions, entre les couches sociales, entre le public et le privé, respectons les engagements pris et en particulier aux investissements prévus pour La Réunion. Pensons aux générations qui arrivent et qui ont droit à un travail.
C’est dans ce consensus réunionnais que se trouve la solution à une des plus graves crises que notre pays n’ait jamais connue.

(à suivre)

Manuel Marchal


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