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Entend a nou ant nou sur l’essentiel

7ème Congrès du PCR, J-2

Manuel Marchal / 1er décembre 2010

C’est dans la nature du peuple réunionnais que se trouve la sortie de l’impasse dans laquelle nous fait plonger un modèle à bout de souffle. Nous sommes en effet issus de pays si différents, mais pourtant nous réussissons depuis des siècles à vivre ensemble. Nous avons donc réussi à développer la capacité de nous entendre, et c’est là qu’il importe de se retrouver. La solution n’est pas dans un parti, une institution ou dans la victoire d’un camp sur un autre, mais dans "Entend a nou ant nou sur l’essentiel". Tous les Réunionnais ont en effet la responsabilité de dire comment rompre avec la crise.

Dans deux jours débute le 7ème Congrès du Parti communiste réunionnais. Il a lieu dans un contexte particulier. En effet, le modèle imposé depuis plusieurs décennies aux Réunionnais a été incapable de placer La Réunion sur le chemin du développement. Il est au contraire caractérisé par une succession d’errements qui amènent notre île à connaître une très grave crise : plus de 140.000 demandeurs d’emploi, plus de 52% de la population en dessous du seuil de pauvreté, un coût de la vie au moins 50% plus cher, 30.000 logements sociaux de retard, plus de 110.000 illettrés, des centaines de milliers d’heures perdues dans des embouteillages, la destruction de l’industrie réunionnaise…
Toutes ces données décrivent une impasse provoquée par la crise structurelle. Au lieu d’appliquer au 1er janvier 1947 l’égalité, et de créer les conditions pour commencer à construire le développement, c’est une toute autre voie qui a été imposée. Paris a décidé d’imposer un modèle qui est aujourd’hui à bout de souffle.

Arrêter avec les solutions imposées

Durant la période d’excédent budgétaire, des années 60 et du début des années 70, les gouvernements qui se sont succédé à Paris se sont arc-boutés sur le maintien du pays dans une structure héritée de la colonisation. L’égalité était refusée, et elle n’a été obtenue que par la lutte du peuple réunionnais.
Aujourd’hui, le gouvernement prend prétexte de la crise en Europe pour diminuer fortement la contribution de l’État aux investissements créateurs d’emploi. Le budget 2011 de la mission "Outre-mer" prévoit 20,5% de baisse des dotations aux collectivités, 5,3% de diminution de l’engagement de l’État en matière de continuité territoriale, une chute de 10% des crédits destinés à la construction et à la réhabilitation des logements. Quant aux énergies renouvelables, elles voient leur dynamisme fortement remis en cause avec la fin de la défiscalisation dans le photovoltaïque, et une diminution du tarif de rachat de cette énergie propre par EDF. Toutes ces décisions sont prises à Paris, et elles sont le résultat de l’application d’un modèle.
La sortie de l’impasse signifie donc la rupture avec ce modèle condamné à plus ou moins long terme. En témoignent en effet les prises de positions du président de la République lors de la crise en Guadeloupe l’an dernier et des États généraux qui ont suivi.
Paris tente donc de garder la main en cherchant à imposer sa vision du "développement endogène". Il s’agit d’utiliser la position de La Réunion pour aller à la conquête de nouveaux marchés dans notre région, ce qui entre en totale opposition avec la stratégie de co-développement patiemment construite depuis des années par les Réunionnais et leurs partenaires.
Face à cette accélération des événements, il importe de ne pas une nouvelle fois subir l’application d’un modèle qui n’est pas au service des intérêts du peuple réunionnais.

La rupture

Mais les défis sont tellement immenses qu’ils ne peuvent être relevés que par l’implication de tous. La rupture avec un modèle à bout de souffle amène à rompre également avec l’importation à La Réunion des clivages politiques issus de l’Histoire de l’Europe. La situation est en effet si grave dans notre pays que les problèmes ne pourront pas se résoudre dans la culture de l’affrontement entre deux blocs, mais par la rupture avec le sectarisme de parti. C’est la seule condition pour arriver à une sortie de crise qui soit acceptable par le plus grand nombre. Le modèle réunionnais de développement ne peut donc pas être la marque d’un parti, mais une construction à laquelle tous les Réunionnais pourront s’identifier, car tous ont eu la possibilité d’y apporter leur contribution.
C’est un débat qui s’ouvre dans de nouvelles conditions car l’heure n’est plus à l’affrontement mais à la recherche du plus grand rassemblement autour de l’essentiel. C’est le lancement de cette étape de la grande concertation réunionnaise qui sera ouverte par le 7ème Congrès du PCR. Réunionnais, entend anou ant nou sur l’essentiel.

Manuel Marchal


L’impasse d’un modèle à bout de souffle

Du 26 octobre au 24 novembre, "Témoignages" a publié une série d’articles décrivant l’impasse dans laquelle notre pays se trouve en raison d’un modèle à bout de souffle. Ces textes sont consultables à l’adresse suivante :
http://www.temoignages.re/impasse


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