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Entre 54 et 55% pour François Hollande

Trois sondages annoncent le changement dans 7 jours

Manuel Marchal / 28 avril 2012

Plusieurs sondages annoncent une augmentation des intentions de vote pour François Hollande au second tour. L’opération de séduction lancée par Nicolas Sarkozy en direction des électeurs du Front national en valorisant les thèses de l’extrême droite font fuir ses soutiens potentiels. Après François Bayrou, c’est Dominique de Villepin qui tire la sonnette d’alarme.

Avec un écart moyen de 10 points en faveur de François Hollande, les rapports de force sont bien établis dans plusieurs sondages publiés hier. La veille, lors de sa conférence de presse, Paul Vergès avait constaté que les réserves après le premier tour se situaient surtout du côté de François Hollande. Il peut compter sur le renfort de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly ainsi que de Philippe Poutou. Tous ont clairement appelé à battre Sarkozy.

Pour sa part, Nicolas Sarkozy a déjà fait le plein de voix dans son camp. Car, durant cette campagne, tous ses efforts avaient été de rassembler sous son nom les courants qui s’étaient différenciés, rappelle Paul Vergès. Ainsi, Corinne Lepage, Nicole Boutin, Jean-Louis Borloo et Hervé Morin se sont tour à tour ralliés au candidat de l’UMP. Quant à Dominique de Villepin, il était hors-jeu avant même le scrutin, car il n’a pas pu réunir suffisamment de parrainages d’élus pour soutenir sa candidature.

Malgré tout, Nicolas Sarkozy arrive deuxième au premier tour, c’est un résultat exceptionnel, car, jusqu’à présent, le président sortant arrivait toujours en tête. Et surtout, le candidat UMP n’a plus de ressources dans son camp.

Au soir du premier tour, Nicolas Sarkozy doit essayer de rallier un maximum d’électeurs de Mme Le Pen et de François Bayrou pour espérer renverser la situation. C’est vers les électeurs qui ont choisi Mme Le Pen au premier tour que se tourne essentiellement Nicolas Sarkozy. Pour espérer gagner, il faut qu’il bénéficie de leur part d’un taux de report exceptionnel.

« Sarkozy estime donc que le Front national est compatible avec la République, il porte atteinte à une tradition », souligne Paul Vergès. Quand Le Pen s’est qualifié pour le second tour en 2002, la totalité des partis républicains avait voté pour Chirac. Si Sarkozy dit que le parti d’extrême droite est compatible, alors « il crée donc les conditions de séparation entre les partis républicains et lui-même ».

C’est une stratégie suicidaire, car, de son côté, la présidente du Front national s’imagine comme la dirigeante de la future droite parlementaire. « Elle va tout faire pour geler son électorat afin qu’il ne glisse pas vers Sarkozy. Elle pense aux législatives, et ne peut pas permettre à son électorat d’aller ailleurs », précise Paul Vergès.

Si au premier tour des législatives, le Front national arrive à obtenir le même nombre de voix qu’à celui de la présidentielle, il peut espérer se maintenir dans plus de 300 circonscriptions. Mme Le Pen a intérêt à ce que l’UMP soit battu. « Et cela se passera ainsi », ajoute Paul Vergès.

Force est de constater que depuis hier, les observateurs s’accordent pour constater l’inefficacité du virage vers l’extrême droite pris par le candidat UMP. Dominique de Villepin a constaté que la ligne rouge est franchie. Pour sa part, François Bayrou avait été tout aussi sévère : « Cette course ventre à terre derrière les thèses du Front national est humiliante. Elle est de surcroît vouée à l’échec parce que la France est un pays construit autour de principes qui ne se laisseront pas entacher ».

A une semaine du scrutin, le raz-de-marée en faveur de François Hollande se précise.

 Manuel Marchal 

Dominique de Villepin : « les lignes rouges républicaines sont franchies une à une »


S’il ne cite pas directement Nicolas Sarkozy, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac s’élève contre l’intégration de thèses d’extrême droite dans une dérive électoraliste.


Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.

Je veux le dire aujourd’hui avec gravité. C’est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s’est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l’extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !

Aujourd’hui, tout se passe comme s’il n’y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s’il n’y avait pas d’autres questions que le halal, l’immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l’éducation, l’agriculture, l’innovation : disparues. L’Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu’à l’absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l’écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n’est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.


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