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Environnement : la feuille de route du gouvernement

Bilan de la Conférence environnementale

Céline Tabou / 5 février 2015

Pastille verte et bonus pour remplacer les vieux diesels, suppression des aides à l’export pour les centrales à charbon : le gouvernement a dévoilé mercredi sa « feuille de route écologique » pour l’année 2015, plutôt bien accueillie par les ONG.

À l’occasion d’un point presse, le Premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, ont annoncé la nouvelle feuille de route du gouvernement en matière d’environnement. Pour cela, les deux ministres ont évoqué un « certificat qualité de l’air » que les véhicules propres apposeront, celui-ci sera lancé « avant l’été ».
D’autres mesures ont été évoquées dans le cadre de la Conférence environnementale annuelle qui s’est tenue les 27 et 28 novembre 2014. Les thèmes évoqués en vue d’une « mobilisation nationale vers la Conférence Paris Climat 2015 (COP21), le transport et la mobilité durables, et les liens entre santé et environnement ».

Le retour de la pastille verte

« Plusieurs certificats de couleurs différentes seront créés en fonction des seuils d’émissions polluantes des véhicules », a expliqué la ministre de l’écologie. Ce « certificat vert » rappelle la « pastille verte » mise en place en 1998, puis abandonnée cinq ans plus tard en raison de son inefficacité. Les certificats devraient donner des “avantages” aux véhicules les plus propres, comme l’autorisation de circuler lors de pics de pollution et dans des zones de circulation restreintes qui pourront prochainement être mises en place par les collectivités.
Ségolène Royal a assuré que ces certificats « seront gratuits et seront délivrés via internet sur la base de la carte grise des véhicules ». Le dispositif sera lancé d’ici l’été, car l’aspect technique doit être encore finalisé. L’objectif est d’inciter les automobilistes à abandonner les véhicules diesel, responsables de la pollution aux particules fines. Pour montrer l’exemple, le gouvernement va demander à l’administration de « rouler en voiture électrique ».
En plus de lutter contre la pollution de l’air, le gouvernement s’attaque au diesel. Une enveloppe de 140 millions d’euros a été décidé pour les primes à la conversion de ces véhicules. Ces prises seront disponibles en 2015, à hauteur de 10.000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique et jusqu’à 6.500 euros pour un hybride, a confirmé mercredi 4 février, le Premier ministre. Ces aides entreront en vigueur eu 1er avril.
Pour soutenir les véhicules électriques et hybrides, une prime de 500 euros a été ajoutée pour permettre aux ménages non imposables de remplacer leurs vieux diesels par un véhicule essence neuf ou d’occasion. Manuel Valls a expliqué qu’il « nous faut progressivement sortir du réflexe tout diesel et cette mesure (prime de conversion, ndlr) est un pas important dans cette direction ».
Pour la Fondation Nicolas Hulot, cette mesure est « une bonne nouvelle ». Elle possède « des points positifs », comme « la disparition plus rapide du diesel », a indiqué Denez L’hostis, le président de France Nature Environnement.

Abandonner le charbon

La nouvelle feuille de route prévoit la fin des aides à l’export pour les projets de centrales à charbon, qui est l’énergie la plus polluante tant du point de vue de la pollution de l’air que des émissions de CO2. « Le président de la République l’a dit et je le répète : la France supprimera l’assurance-crédit à l’export des centrales à charbon sans stockage de CO2 », a rappelé le Premier ministre Manuel Valls.
Pour le Réseau action climat, qui fédère de nombreuses ONG, « c’est une bonne nouvelle si elle s’applique immédiatement ». Cependant, le gouvernement n’a pas défini de calendrier, qui a prévu de conserver les subventions pour les projets les moins polluants prévoyant le captage et le stockage du CO2.
Manuel Valls a indiqué que le gouvernement allait s’engager à publier en 2015 « une étude d’impact environnemental et socio-économique de la baisse des vitesses routières maximales autorisées » et à intégrer « un mécanisme incitant les entreprises à promouvoir l’usage du vélo par les salariés » dans la prochaine loi de finances.
Pour le Premier ministre, « c’est la responsabilité de notre génération de construire un nouveau modèle », d’autant plus que la situation est jugée alarmante par toute la communauté scientifique qui craint l’absence de mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique, qui a atteint 2°C.
« La lutte contre le réchauffement climatique est l’enjeu majeur de notre génération », a affirmé le Premier ministre, mais les mesures proposées restent encore loin des défis à venir. D’autant plus après l’accord signé par les Etats-Unis et la Chine de faire diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre.


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