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Environnement : la régression de La Réunion

Après une politique de démolition de l’autonomie énergétique

Manuel Marchal / 26 juin 2014

En 2008, la Région Réunion organisait avec l’UICN et l’Union européenne une semaine de rencontres internationales autour des thèmes du climat, de la biodiversité et des effets du changement climatique sur les îles. La Réunion était alors une région en avance, et la conclusion de Paul Vergès pouvait alors être de lancer un appel à l’autonomie énergétique des îles pour 2050. Six ans plus tard, à cause de décisions politiques notre île a régressé. Les responsables de cette situation tentent de se refaire une virginité mais leur manœuvre ne trompe personne. Leur colloque est relégué dans un lieu isolé, et aucun commissaire européen ou ministre n’a fait le déplacement.

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Jadis connue pour son plan d’autonomie énergétique, La Réunion l’est maintenant pour un projet anti-environnemental : quelle régression.

Du 7 au 11 juillet 2008, le monde de la protection de l’environnement s’était donné rendez-vous à La Réunion. A l’initiative de la Région présidée alors par Paul Vergès, des délégués de plus de 350 congressistes venus de plus de 40 pays avaient participé aux travaux d’un colloque international co-organisé par l’ONERC, l’UICN et soutenu par la présidence de l’Union européenne : l’Union européenne et l’Outre-mer : stratégies face au changement climatique et à la perte de la biodiversité. L’essentiel des débats se sont déroulés en plein Saint-Denis, au théâtre de Champ Fleuri. Il rassemblait des scientifiques, des ONG et les plus hauts responsables de l’Union européenne et de la France en charge de l’environnement. C’est Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie qui avait officiellement lancé le colloque saluant « le siècle d’avance » de La Réunion, et il s’est conclu par une Déclaration de Saint-Denis soutenue par l’intergroupe Environnement du Parlement européen.

L’autonomie énergétique pour 2025

Cet engouement et cette solennité ne devaient rien au hasard. La Réunion était l’exemple vivant d’une ambition en phase de réalisation : l’autonomie énergétique pour 2025. Pour atteindre ce but, la Région Réunion avait développé une stratégie, le PRERURE, et crée des outils dont l’Agence régionale pour l’énergie Réunion (ARER).

C’est donc fort logiquement qu’à l’heure de conclure les travaux, Paul Vergès avait lancé un mot d’ordre s’appuyant sur l’expérience réunionnaise : l’autonomie énergétique des îles pour 2050.

L’année suivante, tous les protagonistes de ce congrès s’étaient retrouvés à Copenhague lors de la Conférence internationale sur le Climat. C’est là que Rajendra Pachauri, président du GIEC, avait rendu hommage au projet « formidable » de l’autonomie énergétique pour 2025.

Depuis 2010, la démolition

C’est à partir de 2010 que la crédibilité de La Réunion a pris un coup, conduisant à la régression actuelle. Les premières mesures de Didier Robert ont été précisément de combattre l’autonomie énergétique. Il a choisi de stopper la géothermie, et d’arrêter le chantier du tram-train électrique. Il a laissé le gouvernement s’attaquer au photovoltaïque ce qui donne la catastrophe actuelle à Giordano.

Le projet de nouvelle route du littoral éloigne encore La Réunion de l’objectif de l’autonomie énergétique. Il privilégie en effet le mode de transport le plus polluant. Quant à l’ARER, elle a été démolie.

Les responsables de ces décisions tentent de se refaire une virginité en montant un colloque sur le climat. Mais la manœuvre ne prend pas. En effet, ce colloque est décentralisé dans un lieu isolé, loin de la population et les têtes d’affiche politiques ne se bousculent pas.

C’est que depuis 4 ans, La Réunion a fortement régressé et seule restera dans l’histoire la Déclaration de Saint-Denis, du 11 juillet 2008, quand La Réunion était en avance.

M.M.


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