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Éric Fruteau et son équipe en plein méli… bello !

Campagne municipale à Saint-André

Témoignages.re / 18 novembre 2013

A la veille des élections municipales, à Saint-André, rien ne va plus au PLR, Huguette Bello s’opposant à la candidature de Claudy Fruteau, épouse du maire Éric Fruteau. Voici un article de Jean-Paul Ciret sur la situation.

Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? Ne serait-ce la gravité de la situation économique et sociale de La Réunion qui inciterait plutôt à juger sévèrement les tristes et pitoyables pantalonnades auxquelles donne lieu la course à la candidature aux mairies dans plusieurs communes, c’est malgré tout le parti d’en rire que l’on est tenté de prendre ; surtout lorsque, comme à Saint-André, chaque jour apporte son épisode burlesque à la chronique de la candidature savamment susurrée de longue date de Madame l’épouse du maire. On allait voir !

Selon une procédure « plus démocratique que moi tu meurs » , les adhérents de la Section PLR de Saint-André allaient désigner dans la transparence, l’équité, la démocratie la tête de liste pour les prochaines municipales, les éminents conseillers juridiques du maire sortant ayant coulé eux-mêmes le patron ! Et dans cette perspective tellement démocratique, ne voilà-t-il pas qu’un comité de soutien à la candidature de Madame l’épouse du maire surgit plus qu’opportunément d’on ne sait trop quels limbes pour la propulser officiellement au premier plan — car, officieusement, l’opération était déjà menée depuis longue date !

Et comme au PLR de Saint-André, on vous l’assure, et ne riez surtout pas, la démocratie transpire par tous les pores de la peau, un deuxième candidat se présente pour bien montrer qu’on ne plaisante pas avec le principe d’un choix pluraliste — lorsque le nom de ce deuxième candidat fut annoncé, ce fut l’hilarité générale, la grande rigolade dans tout Saint-André.

Ce candidat ayant oublié avoir déclaré il y a plusieurs années déjà ne plus avoir l’âge des galipettes électorales.

Ainsi, le tour était joué, les apparences sauves, du moins le pensait-on : une voie royale était ouverte à l’intronisation de Madame l’épouse du maire comme candidate.

Une candidature qui « ne correspond ni aux aspirations, ni à l’éthique… » du parti

Las ! Le coup est venu de là où l’on espérait pourtant qu’il ne viendrait pas. On apprenait ainsi vendredi matin que le bureau politique du PLR désapprouvait la candidature de Madame, mais confirmait la validité de celle du second candidat, qui se retrouvait ainsi pris dans le lac de sa candidature bidon. C’est vrai qu’à la direction du PLR, on n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Selon le “JIR” de samedi (16/11), « la candidature de Madame Claudy Fruteau tourne le dos aux principes qui ont présidé à la constitution du PLR. Cette candidature ne correspond ni aux aspirations, ni à l’éthique, pas plus qu’à la déontologie constamment affirmées par le parti »… Plus loin, le Secrétaire général du PLR montre qu’il n’est pas dupe de la manœuvre du clan Fruteau : « Le scénario officiel qui nous a été présenté est une démission après l’élection en cas de victoire. C’est impossible à accepter. Ce serait un déni de démocratie ». Il regrette aussi : « il y a une éthique municipale avec des gens de valeur, des adjoints, des conseillers généraux » qui, du fait de l’autoritarisme et de l’ambition dévorante du petit chef de Saint-André, se retrouvent écartés de la candidature à une fonction dont ils seraient tout à fait aussi capables que Madame Fruteau.

La suite, en attendant le prochain épisode, est venue samedi après-midi avec le vote organisé, contre la volonté de la direction du PLR, des “membres” de la Section de Saint-André — résultats officiels : 366 voix pour Madame Fruteau, 18 pour Michel Picot, un résultat qui se passe de commentaires et démontre s’il en était besoin le caractère totalement fantaisiste, « gros doigt » et de parfaite imposture démocratique de la candidature Picot — lequel, malgré le ridicule et la honte dont il s’est tout seul couvert en acceptant de jouer ce rôle lamentable de faux alibi « démocratique », a tenu à en rajouter une couche. Sur Réunion télé 1ère, samedi soir, ne voilà-t-il pas qu’il s’érige en professeur de français en dissertant sur le mot « familiocratie », imprudemment créé par son patron, puisque fort logiquement et naturellement, tous les commentateurs politiques le retournent contre lui, du fait de son insistance à propulser à la candidature de maire sa propre épouse, pour des raisons qui ne trompent personne, pas même ses amis. Et notre brillant professeur de s’escrimer à démontrer que le mot « familiocratie » ne pourrait s’appliquer à la famille Fruteau, parce qu’il faudrait pour cela qu’ils soient au moins deux ou trois de la famille sur la liste PLR/Saint-André et que son utilisation soit valable !

Autrement dit, quand cela “nous” arrange pour démontrer, croit-on, les adversaires, on leur balance « familiocratie » à la figure ; quand il s’agit de “nous”, là, le mot n’est plus valable. On vous connaissait un peu Monsieur Picot, mais on ne vous savait quand même pas si malhonnête intellectuellement, ni si fort en « foutage de gueule »  !

Voilà où en est arrivée ce que l’on a encore du mal à qualifier de « classe politique », une partie de l’équipe élue en 2008 à la Mairie de Saint-André, et qui prétend encore donner des leçons en matière de principes et de pratiques politiques. Quand on place en regard de toute cette pitoyable médiocrité la gravité des problèmes de La Réunion et la détresse d’une grande partie de sa population, il y a de quoi être légitimement consterné et révolté. Raison de plus pour faire le ménage, en commençant par la Mairie de Saint-André, en mars prochain !

Jean-Paul Ciret


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