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Éric Raoult : « je n’ai pas envie qu’il y ait la Corée du Nord, Cuba et Saint-Paul »

Le vice-président du groupe d’amitié France-Cuba vient à La Réunion montrer son mépris pour les Réunionnais, les Cubains et les Coréens

Manuel Marchal / 1er octobre 2009

Dans le journal télévisé d’Antenne Réunion, Éric Raoult, député, a déclaré qu’il était "vacciné" contre le communisme. Indiquant en substance qu’Huguette Bello était la représentante du parti de Marie-George Buffet, qui ne représente que moins de 2%. Et il n’a pas hésité à affirmer : « je n’ai pas envie qu’il y ait la Corée du Nord, Cuba et Saint-Paul ». Voilà comment s’exprime un parlementaire de la République, vice-président du groupe d’amitié France-République de Cuba, membre du Comité d’honneur de l’association Cuba coopération et vice-président du groupe d’études sur la Corée du Nord.

Les déclarations d’Éric Raoult ont ramené les Réunionnais des décennies en arrière. « Je n’ai pas envie qu’il y ait la Corée du Nord, Cuba et Saint-Paul », a déclaré le responsable Outre-mer de l’UMP. Avant lui, d’autres responsables politiques en visite à La Réunion s’étaient essayés à ce genre de propos méprisant envers les Réunionnais. À peine La Réunion était sortie de l’époque des fraudes électorales massives couvertes par le pouvoir parisien que Jacques Chirac affirmait que Paul Vergès n’était pas un adversaire mais un ennemi. Quelques années plus tard, celui qui était devenu son ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, avait dit qu’il fallait parquer les derniers communistes réunionnais à la Plaine des Cafres.
L’Histoire a montré combien les auteurs de ces déclarations sont revenus sur leur sectarisme, et sont devenus des partenaires institutionnels. Ainsi, quand il était président de la République, Jacques Chirac ne manquait pas de louer la politique menée par la Région dirigée par Paul Vergès dans le domaine du développement durable. Pour sa part, Jean-Louis Debré a donné l’accolade à Paul Vergès lors du soixantième anniversaire de l’abolition du statut colonial. Autrement dit, les
Cette fois-ci, c’est donc Éric Raoult qui tente de réveiller ce vieux fond qui date de l’époque de la fraude électorale. Mais en disant cela, Éric Raoult montre combien il méprise les Réunionnais. Il montre combien il considère que La Réunion est une zone de "non droit". Jamais en France il n’oserait tenir de pareils propos, car n’oublions pas que cet élu est le vice-président du groupe parlementaire d’amitié France-Cuba, et également membre du Comité d’honneur de l’association Cuba coopération et vice-président du groupe d’études sur la Corée du Nord.
En tenant de tels propos, Éric Raoult vient donner une orientation politique. Ceux qui cherchent à savoir d’où vient la ligne de la violence institutionnelle constatent en tout cas une importante clarification. Il prouve qu’il a une conception singulière de la démocratie : la démocratie n’est valable que si elle donne raison à ses amis. En mars 2008, le peuple a décidé de donner la victoire à Huguette Bello. Pour Éric Raoult, ce n’est pas bon, il faut la remplacer. Comment appelle-t-on alors ce type de "démocratie" ? Cette conception singulière est en tout cas très voisine de celle soutenue par ceux qui ont envoyé des transporteurs bloquer la Région.
Mais le plus intéressant pour l’opinion, c’est que par son discours, Éric Raoult confirme ce que beaucoup de Réunionnais pensent au sujet de l’annulation de quatre élections : le Conseil d’État a été inspiré.

Manuel Marchal


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