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Et si les candidats signaient un engagement de promesses ?

Élections cantonales

Témoignages.re / 5 février 2011

La proposition vient d’Emmanuel Lemagnen, qui a été conseiller régional et élu de Sainte-Marie : faire signer aux candidats aux cantonales des déclarations sur l’honneur pour tester leur honnêteté, exiger la transparence sur les programmes et l’appartenance politique avant de glisser les bulletins de vote dans l’urne.

Emmanuel Lemagnen n’est pas candidat aux élections cantonales. Les compétences du Département ne sont pas sa tasse de thé. Mais celui qui a été récemment conseiller régional, et élu à la mairie de Sainte-Marie pendant 12 ans s’est permis de réagir hier en tant que « citoyen inquiet ». En particulier pour le canton qui le concerne, Sainte-Marie. « J’ai voulu extérioriser un sentiment lourd par rapport à ces élections cantonales », déclare-t-il, élections qu’il qualifie de « cacophonie générale ».

Premier point qui irrite Emmanuel Lemagnen, la situation de commune-canton de Sainte-Marie. Une Ville de 35.000 habitants, réduite à un seul canton : ce serait ainsi l’un des plus grands de France, alors qu’un découpage est demandé depuis 20 ans. Emmanuel Lemagnen préconise par exemple un canton qui irait de Ravine-des-Chèvres à Bagatelle, un autre à cheval sur Rivière des Pluies et Domenjod, qui appartient pourtant à la commune de Saint-Denis. Bref, un nouveau découpage des cantons sur plusieurs communes pour favoriser une « vision plus départementale », pour que le conseiller général ne soit pas toujours le maire ou un élu municipal. Par comparaison, un conseil général représenterait en moyenne 13 communes en métropole, la moitié d’une commune à La Réunion.

Transparence et honnêteté

Cette situation particulière semble être propice aux promesses en tout genre. Emmanuel Lemagnen constate que les candidats présentent des programmes qui n’ont souvent pas grand-chose à voir avec les compétences de la collectivité locale. Une fois élus, les conseillers généraux rejoignent une majorité et définissent une politique, comme en 2008. Face à ce constat, Emmanuel Lemagnen propose que les candidats annoncent clairement leur appartenance politique, dès l’investiture, et présentent le programme de la majorité qu’ils comptent rallier dès le départ. « Il faut amener les groupes politiques à exposer leurs programmes », insiste-t-il.

Une autre proposition serait de faire signer un formulaire d’engagement de promesses, une déclaration sur l’honneur de chaque candidat qui promettrait donc à un électeur « une embauche à la mairie, au Conseil général ou dans les organismes dépendants », « l’obtention d’un logement social sur le territoire communal ou communautaire », « le déclassement d’un terrain non constructible au cours du prochain PLU ou de la prochaine enquête publique », etc. Reste à savoir si les différents groupes politiques seront emballés par cette proposition... Emmanuel Lemagnen tient cependant ce formulaire à leur disposition. Les électeurs, eux, peuvent évidemment s’inspirer de cette idée pour tester l’honnêteté des candidats.

Emmanuel Lemagnen s’en est pris particulièrement aux « collectionneurs de mandat », comme à Sainte-Marie où le maire cumule 5 postes et où le premier adjoint se porte candidat en tenant « un discours totalement opposé à ce qui peut être fait ». Sainte-Marie a pourtant connu un précédent en matière de promesse, a rappelé Emmanuel Lemagnen : « Une candidate aux régionales avait fait la promesse de construire 5.000 logements alors que c’était hors compétences de la Région ». La réaction d’Emmanuel Lemagnen sonne comme un appel à moins de crédulité.

EP


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