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Etude sur les abstentionnistes à La Réunion

Publication de l’INSEE

Témoignages.re / 21 avril 2017

Lors des échéances électorales de 2012, 20 % des électeurs de La Réunion ne se sont déplacés à aucun des tours de la présidentielle et des législatives. Ceci s’explique en partie par le nombre élevé d’électeurs qui ne résident pas dans le département. Les électeurs les moins mobilisés ont par ailleurs moins de responsabilités professionnelles ou familiales. Voici de large extraits de la publication de l’INSEE parue jeudi à ce sujet.

Huit électeurs sur dix ont cependant voté au moins une fois. Certains ont participé de manière intermittente (45 %). Les autres, d’un civisme irréprochable, se sont exprimés à chaque consultation (35 %). Ils sont plus souvent âgés ou titulaires d’un diplôme universitaire. Les ouvriers et employés se distinguent à La Réunion par une participation systématique plus importante que les cadres.

Signe moins encourageant, seulement 87 % des Réunionnais en âge de voter sont inscrits sur les listes électorales. Les non inscrits sont plus souvent jeunes, sans diplôme ou sans activité professionnelle.

Traditionnellement, les électeurs réunionnais s’abstiennent plus souvent aux élections que la moyenne nationale. L’écart est plus important aux premiers tours. Le taux d’abstention à La Réunion est supérieur de 13 points au premier tour de la présidentielle et de 10 points aux législatives. Au second tour, l’écart n’est plus que de 7 points à la présidentielle et de 4 points aux législatives.

L’abstention systématique dans les départements d’outre-mer s’explique en partie par un nombre élevé d’électeurs qui ne résident plus dans la région où ils sont inscrits. Un abstentionniste systématique sur six ne réside pas à La Réunion. Dans toutes les régions de France, l’abstention est également plus élevée chez les électeurs inscrits dans une région où ils ne résident plus.

Malgré le vote par procuration, il est près de trois fois plus élevé chez les non-résidents que chez les résidents d’une région, passant de 33 % à 11 % d’abstentionnistes systématiques. La Réunion n’échappe pas à cette règle : le taux d’abstention systématique est de 46 % chez les non-résidents contre 18 % chez les résidents.

Ce qui distingue les régions insulaires, c’est la plus forte proportion d’électeurs qui sont domiciliés à l’extérieur de leur région d’inscription : 7 % à La Réunion ou aux Antilles, et jusqu’à 11 % en Corse. La moyenne n’est que de 3 % en France métropolitaine. Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon, avec 4 %, se situent loin derrière la Corse.

Les actifs sont plus impliqués dans les élections et ce, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi : les cadres, les employés et les agriculteurs ont un comportement plutôt similaire avec moins de 15 % d’abstention systématique. La catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi influe donc peu sur l’abstention systématique. En revanche, les inactifs et les chômeurs n’ayant jamais travaillé s’abstiennent plus souvent systématiquement (26 %). Ils sont nombreux (28 % des électeurs) en raison des difficultés rencontrées sur le marché du travail à La Réunion, marqué par un faible taux d’activité conjugué à un chômage persistant.

La situation familiale influe également sur l’abstention. Les personnes vivant seules sont celles qui s’abstiennent le plus souvent à toutes les élections (30 %). L’abstention systématique est plus faible pour les personnes en couple ou celles avec des enfants : seulement 15 % des Réunionnais en couple ne se sont jamais déplacés.

Si l’électorat avait la même structure professionnelle ou familiale qu’en France métropolitaine, l’abstention systématique resterait significativement plus élevée dans l’île.

L’abstention systématique est également forte chez les plus jeunes : 29 % des électeurs de moins de 30 ans ne se sont jamais déplacés (graphique 2). Ils représentent pourtant un électeur sur cinq à La Ré- union. Ils sont souvent hébergés par leurs parents et sont aussi relativement peu nombreux à exercer une profession. Mais à situations professionnelle et familiale égales, ils restent encore plus abstentionnistes que leurs aînés.

Les hommes et les femmes ont un comportement proche vis-à-vis de l’abstention. À La Réunion comme aux Antilles, les hommes s’abstiennent un peu plus systématiquement que les femmes (21 % contre 19 %). C’est cependant l’inverse en France métropolitaine où 11 % des hommes s’abstiennent contre 12 % des femmes.

ur les quatre scrutins tenus en 2012, 80 % des Réunionnais se sont rendus au moins une fois aux urnes. C’est plus qu’aux Antilles (73 %) mais moins qu’en France métropolitaine (88 %).

Près de la moitié (45 %) des électeurs votent par intermittence. Ne répondant pas à chaque rendezvous électoral, ils se sont néanmoins déplacés au moins pour un scrutin. Cet électorat est plus nombreux qu’en France métropolitaine (41 %) mais moins qu’aux Antilles (50 %).

La plus grande partie ne s’est inté- ressée qu’à l’élection présidentielle. En particulier, les moins de 30 ans sont surreprésentés parmi ceux qui ne votent qu’à la présidentielle.


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