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« Eviter que l’irréparable ne soit commis »

L’Alliance et le projet de nouvelle route du Littoral

Céline Tabou / 19 septembre 2012

A l’occasion d’une conférence de presse, des élus de l’Alliance au Conseil régional, Catherine Gaud, Maya Cesari, Béatrice Leperlier, Aline Murin-Hoarau et Paul Vergès, ont tenu à expliquer les orientations qui « doivent être prises au plus haut niveau de l’État pour éviter que l’irréparable ne soit commis ».

Présidée par Catherine Gaud, la conférence s’est orientée sur plusieurs éléments qui montrent que « le projet est ou sera condamné et qu’il est en tout cas compromis » à cause de la procédure, notamment avec le recours contre la Déclaration d’Utilité publique et la prochaine enquête publique sur le domaine public maritime. L’Alliance a évoqué la crise des carburants, la conférence environnementale, les nouvelles données concernant les océans et la crise économique et financière nationale et réunionnaise.

Des perspectives incertaines

« La Région a publiquement indiqué qu’elle n’a pas encore tranché concernant le choix définitif entre digues et viaduc pour la partie entre La Possession et la Grande Chaloupe alors même que l’enquête publique est terminée »,
s’est indignée Catherine Gaud. Cette dernière s’est alarmée vis-à-vis du « niveau d’incertitude » du projet et « son extrême fragilité sur les plans juridique, technique et financier ».

Dans un contexte économique complexe, la crise des carburants pèse également sur ce projet. En effet, « la fin de l’ère du pétrole est d’ores et déjà programmée », d’autant plus que « le prix du pétrole ne va pas cesser d’augmenter ».

Le choix du tout-automobile fait par la Région aura des conséquences néfastes pour La Réunion, a expliqué Béatrice Leperlier. Il s’agit d’un « choix anachronique et rétrograde, car les dérives en termes de coûts seront telles, avec le gouffre financier de cette nouvelle route du Littoral, qu’aucune marge de manœuvre budgétaire ne subsistera pour le financement demain d’un transport ferroviaire ».

De plus, la nouvelle route à six voies prévoit deux voies pour un transport guidé. Les élus ont dénoncé « un hypothétique futur transport guidé apparaissant comme un alibi pour faire passer le projet de route », car « aucune étude avancée n’a été communiquée sur ce transport guidé ». Béatrice Leperlier a indiqué que « la Région, en s’engageant sur ce projet budgétivore de la nouvelle route du Littoral, condamne toute solution de transport ferroviaire. Dans le contexte actuel, c’est un choix aberrant ».

L’environnement au cœur de ce dossier

De son côté, Aline Murin-Hoarau a indiqué que « le projet de nouvelle route du Littoral apparaît en totale contradiction avec les orientations annoncées lors de la conférence environnementale », car le gouvernement ne peut pas mettre en avant avec cette nouvelle route « les critères du développement durable, la réduction de la dépendance aux carburants fossiles et la promotion de solutions alternatives aux véhicules polluants ».

L’Alliance demande donc au gouvernement, notamment au Ministère de l’Environnement, dans le cadre des orientations de la conférence environnementale, de « lancer une expertise approfondie sur l’impact environnemental de ce projet, notamment au regard des changements climatiques ».

Parmi les points essentiels cités par Aline Murin-Hoarau, la « réévaluation des projections concernant l’élévation du niveau des océans du fait de l’accélération des changements climatiques ». L’élue a expliqué que « la Région, dans le rapport concernant la demande d’utilisation du domaine public maritime, reconnaît elle-même qu’il n’est pas question de remettre l’ouvrage à l’État après sa réalisation, car cet ouvrage est conçu pour une durée d’au moins un siècle ».

L’Alliance s’est alarmée face à la réalisation d’une route en pleine mer, « en méconnaissance des derniers paramètres, car il s’agit d’un risque considérable » qui est de « réaliser un ouvrage qui ne résistera pas, à long terme, à la force de l’océan et qui, de surcroit, porte atteinte à la biodiversité marine ».

L’Alliance demande un « recours contre la Déclaration d’Utilité publique ainsi qu’une prochaine enquête publique sur le Domaine public maritime ». Face aux incertitudes sur « le choix définitif des ouvrages, le dossier sur le plan de la procédure est donc loin d’être clos », conclut l’Alliance.

Céline Tabou

L’Alliance propose un réseau ferroviaire

Les élus de l’Alliance proposent l’abandon du projet de nouvelle route du Littoral à 6 voies en mer au profit d’un transport ferroviaire et surtout « la poursuite des travaux de sécurisation de la route actuelle ». Maya Césari propose l’étude d’un tracé pour un « transport ferroviaire en tunnel », c’est-à-dire un percement de la montagne combiné avec la réutilisation éventuelle de l’ancien tunnel du chemin de fer. L’Alliance souhaite aussi « un tracé également en tunnel pour le transport routier entre Saint-Denis et La Possession comme alternative de sécurisation à l’actuelle route du Littoral ». Maya Césari a affirmé que « nos propositions sont phasables, s’appuient sur des études déjà établies et sont en adéquation avec les principes du développement durable. Tout peut et doit être décidé rapidement afin d’éviter le point de non-retour ».

Relancer le Tram-train

Le président de L’Alliance a mis en exergue les difficultés de circulation qu’il y aura, si la route du littoral était lancée. Avec 550.000 rotations de camions pendant sept ans, durée des travaux, la route actuelle et les entrées de villes seront bouchées. La zone verra 215 rotations de camions par jours, soit 9 rotations de camions par heure pendant 24h. Cet argument vient étayer les explications fournies par les élues de L’Alliance. « Comment plus de 50.000 voitures vont pouvoir circuler tous les jours pendant sept ans avec ces rotations et les travaux de la nouvelle route ? » a posé Paul Vergès.

Ce dernier a toutefois assuré que les chantiers prévus par la Région ne verront pas le jour, faute de possibilité technique, juridique et financière. « Tout était prêt, mais ils ont retardé puis enterrés les deux grands chantiers tram-train et route du littoral, alors qu’ils étaient tous les prêts à être lancés », a expliqué Paul Vergès. Face à ce constat, le président de L’Alliance reste optimiste et indique que « tout le projet est bouclé, on peut redémarrer le tram-train. C’est pour cette raison que je dis que la bataille n’est pas perdue, mais en passe d’être gagnée ».



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  • Bonne nouvelle pour les jeunes..Selon le Parisien, pour faire face à l’augmentation du trafic, la SNCF va embaucher plus de 40 000 personnes en France métropolitaine d’ici 2017, emplois d’avenir ouverts surtout aux jeunes avec une bonne formation à la clef.....Moi aussi, je suis optimiste et J’ai confiance que des milliers d’emplois seront créés également ici, dans le domaine ferroviaire, pour faire siffler notre ’train péi’, dans des conditions plus justes et plus humaines.

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