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Face au chômage, conspiration du silence à La Réunion

Le problème numéro un des Réunionnais escamoté dans les médias

Manuel Marchal / 1er février 2016

En France, le débat politique s’est déplacé autour de la question des mesures à prendre face aux attaques terroristes. Cela a lieu au moment où le nombre de travailleurs privés d’emploi bat des records à La Réunion, c’est le problème numéro un. Le PCR fait des propositions pour inverser la courbe du chômage. Pourquoi ce débat est-il escamoté dans les médias ?

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Le problème numéro un à La Réunion, c’est le chômage.

L’année 2015 s’est conclue par une annonce catastrophique. Plus de 180.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle emploi. Jamais ce nombre n’a été aussi grand. C’est le résultat d’une augmentation du chômage en 2015 à La Réunion. Cela a eu lieu malgré plus de 200 millions d’euros de l’État consacrés au financement des emplois-aidés, et plus de 90 millions d’euros versés aux entreprises au nom du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Face à cette crise, c’est la conspiration du silence.

En France, le débat se concentre autour du projet de loi constitutionnelle décidé au lendemain des attaques terroristes du 13 novembre dernier à Paris. Cette proposition du gouvernement a entraîné la démission de Christiane Taubira, ministre de la Justice. Dans le même temps, le nombre des travailleurs privés d’emploi a connu une nouvelle augmentation en France au mois de décembre. Mais cette information capitale est passée au second plan.

Des propositions du PCR convergent avec une loi

À La Réunion, c’est la même chose. Et c’est bien plus grave, car la proportion des travailleurs privés d’emploi est bien plus grande, proche de 30 %. Pour contrer cette évolution, le PCR a fait des propositions et invite tous les partis à en faire pour pouvoir débattre et se mettre d’accord sur des mesures partagées par le plus grand nombre. Il apparaît clairement que le système actuel ne peut que produire chaque année plus de chômage, malgré un taux de croissance de 3 % comme l’an dernier.

Le PCR propose par exemple de mutualiser les crédits dépensés par le gouvernement pour lutter contre le chômage dans un fonds, qui financera le développement d’activités génératrices de revenus. Ce sont notamment les deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne.

Il est à noter qu’une loi, sous le thème « Territoires, zéro chômeur de longue durée » va dans le même sens. Elle vient d’être adoptée par tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat. Elle propose une expérimentation dans laquelle les fonds de l’aide sociale sont mis en commun pour financer des activités qui ne sont pas jugées rentables dans le système actuel. Au bout du compte, le travailleur contraint au revenu minimum devient le salarié d’une entreprise qui offre de nouveaux services, il est embauché en CDI et gagne au moins le SMIC.

Claude Hoarau plus important que le chômage

Tout cela mérite débat, mais ce n’est pas le choix fait par certains médias à La Réunion. C’est en effet au moment où La Réunion traverse cette grave crise que la parole est abondamment donnée à une personne qui attaque le PCR. À aucun moment Claude Hoarau n’est interrogé sur ses propositions pour lutter contre le chômage. Tout est ciblé sur le PCR, accusé des pires maux. C’est pourtant le parti à La Réunion qui publie régulièrement ses propositions, sur la base d’une rupture avec le système actuel qui ne peut pas régler les problèmes. Entre le temps de parole accordé à Claude Hoarau et celui traitant des propositions contre le chômage, la balance penche très nettement en faveur du premier.

Jusqu’à quand durera cette conspiration du silence sur le problème numéro un des Réunionnais ?

M.M.


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