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Faites Témoignages !

Nout Zournal N°5

Témoignages.re / 21 septembre 2012

« Organe de défense pour les sans défense ». Dès le premier numéro, le vendredi 5 mai 1944, le journal Témoignages se définit lui-même ainsi. Vendu à la criée à 1 franc, il paraît tous les vendredis, sur une simple feuille. Le ton est donné : « nous entendons n’abandonner aucune de nos convictions ! » Un demi siècle plus tard, le 13 octobre 1991, au parc de l’Oasis du Port, la « fête de Témoignages » vit ses dernières heures. Dans son discours de clôture, Paul Vergès déclare : « il faut continuer la lutte car rien n’est jamais acquis ».

A l’heure de la reconstruction du Parti communiste réunionnais, le journal Témoignages renoue les liens entre base et sommet. Il détak la lang. Sa longévité est le fait de militants, de sympathisants, de dirigeants qui ont, durant plus de 68 ans, lutté pour sa survie. A la dernière fête de Témoignages, en 1991, Paul Vergès n’a pas manqué de rappeler que le journal du PCR a fait l’objet de représailles, de saisies, de procès innombrables. « Il n’a jamais cédé ! ». Plus que jamais, la déclaration de 1944 est d’actualité : « nous entendons n’abandonner aucune de nos convictions ! » Celle de 1991 ne l’est pas moins : « il faut continuer la lutte car rien n’est jamais acquis ». Une sorte de « Hasta la victoria siempre » à la mode réunionnaise. Ou sinonsa : « Tienbo, larg pa ! ».

S’il est acquis que Témoignages fait partie de notre histoire ¬— ne serait-ce qu’au regard de sa longévité qui en fait le plus ancien organe de la presse réunionnaise — et que son influence ne s’est pas limitée à notre île, la question de son devenir est à l’ordre du jour. Déjà, en 1991, cette question est évoquée : « nous sommes certains qu’avec le travail de ceux qui font paraître Témoignages chaque jour et avec la solidarité de tous, notre journal surmontera une fois de plus sa crise actuelle ». La crise de 1991 surmontée, qu’en sera-t-il de celle de 2012 ?

Fèt Témoiniaz !

Depuis le 23 juin, l’une des pistes évoquées aux cours des travaux de la reconstruction est la mythique « Fèt Témoiniaz » ! Renouer avec ce rendez-vous annuel — qui mariait habillement fête foraine et populaire, militantisme, politique et culture — est une forte attente des militants. Cette formule a fait ses preuves et n’a jamais depuis connu d’équivalent ailleurs. Par exemple, la fête de Témoignages s’est imposée pendant de nombreuses années comme un des rares rendez-vous réguliers pour les amateurs de musique. On y retrouvait des artistes réunionnais et l’on y découvrait des musiciens comme Salif Kéïta, Doudou N’Diaye Rose, le violoniste Didier Lockwood, Steel Pulse, les Tambours du Burundi, Cheb Kader, etc.
Lèrlarivé : faites Témoignages ! La Reconstruction, c’est aussi cela : le sens de la fête.

Nathalie Valentine Legros


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