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« Fatigé asiz »

2013, l’année de la révolte des jeunes contre le chômage

Témoignages.re / 1er février 2013

La protestation des jeunes s’est étendue mercredi à Saint-Denis. Trois d’entre eux ont été arrêtés par les policiers pour "entrave". Hier à Saint-Pierre, la mobilisation s’est poursuivie contre l’entrave que subissent ces jeunes tous les jours : le chômage. L’exaspération monte, car les jeunes prennent conscience qu’ils se font rouler tous les jours par ceux qui profitent à fond du système pour préserver des privilèges d’une époque révolue.

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Malgré le passage d’un cyclone dans le voisinage de notre île, la mobilisation des jeunes pour l’emploi continue. Mercredi au Chaudron, comme à Saint-Pierre, un groupe a décidé de répondre par un barrage à la violence que leur fait subir un système les laissant sans perspective. Ils ont été alors arrêtés. Les faits reprochés : entrave à la circulation.

Cette accusation amène à deux constats.

Tout d’abord, à plusieurs reprises des camionneurs ont décidé de bloquer les routes pour faire avancer des revendications sectorielles, ou pour déstabiliser une institution élue par le suffrage universel. C’est ce qui s’est notamment produit en 2008 et en 2009 quand des transporteurs ont bloqué la Région sous la mandature de Paul Vergès. À aucun moment, ces camionneurs n’ont été inquiétés par des policiers.

Depuis que des socialistes ont décidé de confier la présidence de la Région à l’UMP Didier Robert, ces transporteurs n’utilisent plus leur outil de travail pour exercer des pressions politiques.

Ensuite, l’accusation d’entrave fait réfléchir. Car les premières victimes d’une entrave, ce sont bien les jeunes qui manifestent. Ils sont contraints de vivre dans une société qui les met de côté. 60% des jeunes sont en effet au chômage, et le pourcentage atteint 70% chez ceux qui sont sortis du système scolaire sans aucun diplôme. La voilà la plus ignoble des entraves. Protéger des automobilistes n’est qu’un prétexte. Le pouvoir a peur des jeunes, car leur barrage est matériellement dérisoire, leur nombre également. Alors, donnez-leur du travail, ils ne seront plus dans la rue.

Quand les jeunes décident de se lever contre ce système, aussitôt c’est la menace de la répression. Le Parti communiste réunionnais et Témoignages sont solidaires des jeunes en mouvement. La seule issue pour obtenir un emploi, c’est la lutte. Les privilégiés du système injuste qui prévaut à La Réunion ne pourront pas s’appuyer indéfiniment sur la répression pour espérer maintenir ce régime politique. Car les jeunes s’organisent pour faire respecter leurs droits.

Ils le disent haut et fort : Asé roul a nou !

M.M. 

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