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« Favoriser les Ultramarins en Outre-mer »

Les déclarations à l’épreuve de la réalité

Céline Tabou / 3 avril 2010

En novembre 2009, Nicolas Sarkozy promettait aux Ultramarins qu’ils ne seraient plus obligés de quitter leur région pour travailler, et particulièrement dans la fonction publique.

Dans une allocution du 6 novembre 2009 au Palais de l’Elysée, Nicolas Sarkozy déclarait : « la sacro-sainte règle de la mobilité administrative n’ayant aucun sens quand sa mobilité on va la faire à plusieurs milliers de kilomètres de sa famille, ce n’est tout de même pas du tout le même contexte qu’en métropole » dans le cadre du Conseil Interministériel de l’Outre-mer.

Les enseignants manifestent

Aujourd’hui, 47 enseignants stagiaires font le pied de grue devant le Rectorat pour ne pas être mutés en métropole. Il existe de nombreux postes vacants à La Réunion, qui devraient permettre à ces stagiaires de rester. C’est l’une des promesses faites par Nicolas Sarkozy qui, aujourd’hui, n’est toujours pas appliquée.

Plusieurs dizaines d’enseignants présents au Rectorat veulent que les mutations en métropole pour les six stagiaires enseignants concernés soient annulées. « On nous oblige à partir alors qu’il y a des postes vacants à La Réunion. L’Etat veut faire des économies », explique l’un des manifestants.

Du côté du Rectorat, le Recteur Mostafa Fourar a indiqué que le dossier était entre les mains du Ministère de l’Éducation, qui devra trancher. Il a ajouté que « sur 190 professeurs stagiaires, nous avons réussi à en garder 150 à La Réunion. Il en reste 40. Votre situation est réellement prise en considération au ministère, c’est au cas par cas qu’on pourra la résoudre ».

Des « départs forcés »

Le président de la République, soutenu par son Premier ministre, avait décidé de constituer un « vivier de talents ultramarins », dont la tâche sera de proposer au moins un candidat ultramarin chaque fois qu’un poste outre-mer sera vacant. L’objectif est de permettre aux Réunionnais de rester à La Réunion, et de bénéficier des mêmes chances ici qu’en métropole.

En dépit de ce qu’a pu annoncer Nicolas Sarkozy en novembre 2009, les stagiaires réunionnais sont toujours envoyés en métropole, et particulièrement dans des Zones d’Education Prioritaires, au lieu de rester sur place et d’occuper des postes vacants.

Le Rectorat préfère embaucher du personnel de l’extérieur au lieu d’embaucher des vacataires ou des contractuels à des postes vacants pour des raisons économiques. Dans le contexte national de suppressions de postes, Marie-Hélène Dor, responsable de la Fédération syndicale unitaire, a rappelé que « pour l’année 2010-2011, il y aura 13.000 heures supplémentaires d’enseignement dans le second degré, ce qui correspond à environ 700 postes de professeurs ».

CT


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