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Favoritisme et langue de bois

Affaire Bettencourt/Woerth

Témoignages.re / 31 juillet 2010

Éric Woerth a été entendu jeudi 29 juillet au ministère du Travail. À cette occasion, il a admis avoir eu des rapports avec Patrice de Maistre, conseiller de Liliane Bettencourt. Démissionnaire de son poste de trésorier de l’UMP, il a nié tout financement politique illégal de la campagne présidentielle de 2007, et a réaffirmé qu’il n’était en rien intervenu dans l’embauche de sa femme, qui a démissionné fin juin de la société gérante Clymène.

L’affaire Bettencourt aura mis en évidence les pratiques de la majorité, mais également le traitement de faveur auquel ont droit certaines personnalités françaises. Parmi elles, Liliane Bettencourt, exempte de tout contrôle fiscal, Éric Woerth auditionné au ministère et non à la brigade financière, sur un financement présupposé illégal en faveur de l’UMP... La politique de casse sociale de Nicolas Sarkozy passe inaperçue avec cette affaire, qui met en avant un rapport « malsain avec l’argent » du chef de l’État, et de son gouvernement.

Aucun changement après l’audition d’Éric Woerth

L’avocat d’Éric Woerth, Maître Jean-Yves Le Borgne, a indiqué à la presse vendredi 30 juillet que le ministre du Travail avait « admis avoir évoqué avec M. de Maistre, au cours d’une conversation banale, la profession de son épouse, étant donné les formations à peu près semblables de l’un et de l’autre. Cela se passait à un moment où il n’était pas ministre ».
Selon "Le Nouvel Observateur", Patrice de Maistre pourrait être réinterrogé sur ses rencontres avec Éric Woerth et les soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle de 2007, basés sur les déclarations de l’ancienne comptable de Mme Bettencourt, Claire Thibout.
Cette dernière affirme que Patrice de Maistre lui aurait demandé, en janvier 2007, 150.000 euros pour les remettre à Éric Woerth, alors trésorier de l’UMP. De plus, elle n’aurait remis que 50.000 euros à Patrice de Maistre, par le truchement de Liliane Bettencourt, sans savoir ce que ce dernier avait fait de cette somme.

Favoritisme envers Éric Woerth

Un syndicat de police a estimé, selon "Le Nouvel Observateur", qu’Éric Woerth aurait été favorisé en étant entendu à son ministère et non à la brigade financière. Le délégué national du syndicat Unité SGP Police, Yannick Danio, a dénoncé vendredi 30 juillet sur RTL « une rupture d’égalité » et un « traitement de faveur ».
Ce dernier a ajouté que « vis-à-vis des autres protagonistes de cette affaire (...), il est évident que, pour nous, il y a une rupture d’égalité entre le fait que des personnes se déplacent à la brigade financière dans le 13ème arrondissement et que, d’une autre façon, des policiers doivent se déplacer au cabinet du ministre ».
De son côté, Dominique de Villepin constate, sur RTL, un « traitement de faveur » lors de l’audition d’Éric Woerth au ministère du Travail. Ce dernier a tenu à rappeler que « lui-même s’était rendu en tant que Premier ministre devant les juges pour être entendu dans l’affaire Clearstream ».
Dominique de Villepin et la Gauche demandent à nouveau la désignation d’un juge d’instruction « indépendant » dans l’affaire Bettencourt dans laquelle est impliqué Éric Woerth. Cette demande vient des liens qu’entretiennent Philippe Courroye, directeur du Parquet de Nanterre, et le président de la République, Nicolas Sarkozy. Philippe Courroye est en charge de l’affaire sur les enregistrements pirates mettant en avant un conflit d’intérêt entre Éric Woerth et la société gérant la fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt.

Céline Tabou


Kanalreunion.com