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Fidèle à ses engagements, le PCR poursuit les combats de Paul Vergès

Le Parti communiste réunionnais rend hommage à son dirigeant disparu voici un an

Manuel Marchal / 13 novembre 2017

Hier matin, le Parti communiste réunionnais a organisé un hommage à Paul Vergès à l’occasion du premier anniversaire de la disparition de l’ancien dirigeant du PCR au cimetière paysager du Port.



Un nombreux public a répondu à l’invitation du PCR. Il a eu lieu hier matin au cimetière paysager du Port. Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire du PCR a ouvert la cérémonie en donnant la parole à une membre de la section communiste du Port, Firose Gador a dit le mot d’accueil, remerciant les participants de leur présence. Rappelons que Le Port était une ville dirigée par Paul Vergès. Sous son impulsion, la plaine de galets s’est transformée en une ville dotée de nombreux espaces verts, grâce notamment à la plantation de 500.000 arbres.

Daniel Poupart s’est ensuite exprimé. Il a salué Paul Vergès, « premier résistant », et « porte-parole infatigable des petits planteurs et des plus démunis ». Il a souligné le combat pour affaiblir le néo-colonialisme. Il a regretté que plusieurs projets lancés par l’ancien dirigeant furent abandonnés, et a rappelé que sa disparition laisse de nombreuses personnes orphelines.

André Guichard est ensuite intervenu. Son père Arzule Guichard était dans la lutte aux côtés de Paul Vergès à l’époque où une féroce répression physique s’abattait sur les militants communistes. Il a salué l’esprit de rassemblement de Paul Vergès, et a plaidé pour trouver la fibre de mener plus loin les combats du dirigeant communiste disparu.

Vision d’avenir partagée

Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, a rendu l’hommage du Parti.

Il a tout d’abord souligné que si Paul Vergès était encore là, il serait à la COP23, conférence internationale sur le climat de Bonn. En effet, « convaincu du caractère inéluctable du changement climatique, il a déposé une proposition de loi qui sera votée à l’unanimité de la représentation parlementaire français, en l’an 2000. L’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique) est créé l’année suivante.

Il présidera cette noble institution durant 15 ans, c’est-à-dire jusque sa mort. Chaque année, il remettait au gouvernement un rapport sur l’état de la recherche et formulait des recommandations pour des politiques d’adaptation ou d’atténuation. La démonstration était faite que les divisions partisanes ne résistaient pas à l’épreuve d’une vision d’avenir partagé. »

Le changement climatique est en effet un des quatre piliers de l’analyse portée par le PCR, avec l’accroissement démographique, la mondialisation des échanges et la révolution technologique. Paul Vergès « invitait à l’étude des contradictions inévitables et tenter leur dépassement par une politique d’anticipation ».

Union sans exclusive

Maurice Gironcel a rappelé la renommée internationale acquise par Paul Vergès : « c’est probablement ses capacités de réflexion et les qualités de ses échanges qui ont convaincu les autorités indiennes de la prestigieuse Université Nehru, à New Delhi, de dénommer son Centre de Documentation sur le monde india-océanique, “Centre de l’Océan Indien Paul Vergès”. C’est toute La Réunion qui est honorée par cette distinction. De même, si le PCR a été invité en Afrique du Sud lors du centenaire de l’ANC, c’est à cause des actions décisives de Paul Vergès et de son frère Jacques dans la lutte contre l’Apartheid »

« La responsabilité majeure que nous impose Paul Vergès, c’est un devoir d’inventaire de l’œuvre de l’un de nos illustres compatriotes et camarades de combat », a poursuivi le secrétaire général du PCR qui a également salué « la présence de nombreuses personnes qui ne sont pas communistes mais qui sont venus pour Paul Vergès et ce qu’il représente pour vous. Vous savez aussi que nous prônons l’union sans exclusive pour tenter de parler d’une même voix vis-à-vis de Paris ». Et de rappeler que « Paul Vergès a montré que c’était possible sur des dossiers d’intérêts communs ».

Fidélité aux engagements

La dernière partie du discours de Maurice Gironcel a souligné que le PCR s’emploie à respecter l’engagement pris au lendemain de la mort de Paul Vergès : poursuivre ses combats. « Notre Parti aura 60 ans dans 2 ans. C’est avec vous tous que nous voulons partager les leçons de ce parcours exceptionnel. Le peuple réunionnais et sa jeunesse ont besoin de repères solides pour affronter et surmonter collectivement les défis de l’avenir. Ils doivent savoir sur qui compter pour traverser le temps long ».

Cette fidélité aux combats de Paul Vergès se manifeste en particulier par préparer l’avenir de notre île, en réussissant l’insertion de La Réunion dans son environnement régional tout en préservant les acquis sociaux de la lutte. Elle s’illustre en œuvrant à construire « une civilisation écologique » où « l’ avenir de l’humanité passe par l’invention collective de nouveaux modes de productions et de consommations ». Et le secrétaire général du PCR de conclure : « le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Paul Vergès, c’est de préparer concrètement un projet global et cohérent de développement durable et solidaire où aucun aspect ne sera laissé au hasard et où personne n’en sera exclu. Une civilisation responsable respectant les individus et les peuples dans leurs diversités. Au PCR nous nous efforçons de tenir ces engagements ». À cette prise de parole a succédé une minute de silence où l’assemblée debout s’est recueillie.

Dépôt de gerbe

Puis les participants à la cérémonie se sont dirigés vers le caveau familial où repose Paul Vergès. Maurice Gironcel a déposé une gerbe au nom du PCR, à côté de celle déposée plus tôt le matin par un autre parti, Le Port sa mèm mèm. Nombreux ont été ensuite les personnes à venir déposer une fleur devant la tombe de l’ancien dirigeant du PCR, puis a salué les dirigeants du Parti présents : outre Maurice Gironcel et Ary Yée Chong Tchi Kan, Yvan Dejean, porte-parole ainsi qu’Elie Hoarau, président du PCR.

Après cette émouvante cérémonie, une partie de participants se sont rendus au Parc Boisé Laurent Vergès pour partager un pique-nique. Ce grand espace vert est là pour rappeler l’œuvre du dirigeant disparu qui avait montré qu’il était possible de transformer une zone aride en une forêt.

M.M.