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Fonction publique : le gouvernement devant ses responsabilités

Salaires, recrutements, titularisations

Manuel Marchal / 23 août 2010

Quelques jours après Luc Chatel, c’est un autre membre du gouvernement qui vient à La Réunion. Georges Tron, secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, arrive demain pour une visite de deux jours. Rappelons que c’est l’État qui fixe notamment le niveau des revenus des agents de la fonction publique. Georges Tron doit rencontrer les syndicats, mais pas les maires qui sont pourtant à la tête des institutions qui comptent le plus d’agents de la fonction publique à La Réunion.

Quelques jours après qu’un Conseil des ministres exceptionnel sur le thème de la réduction du déficit public se soit tenu durant la période des vacances estivales en France, c’est à nouveau un ministre qui est en visite à La Réunion.
Jeudi dernier, Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale et porte-parole du gouvernement, avait esquivé les grands dossiers. Pourtant, le gouvernement prépare un budget qui est placé sous le signe d’un plan d’austérité d’une ampleur rarement vue. Il se fixe comme objectif d’économiser 100 milliards d’euros en trois ans, ce qui est en effet la traduction d’un retour du déficit public en dessous de la barre des 3%. La fonction publique est concernée par les mesures de rigueur puisque d’ores et déjà, les suppressions de postes vont continuer. C’est précisément Georges Tron, le secrétaire d’État en charge de la Fonction publique, qui arrive demain à La Réunion. Il prévoit de rencontrer les syndicats.
À La Réunion, un travailleur sur trois est agent d’une des trois fonctions publiques. Mais d’une part, les situations sont très diverses au sein de cet ensemble, et d’autre part, le gouvernement a déjà pris des mesures pour diminuer le montant des pensions versées à La Réunion. Jusqu’où ira ce "coup de rabot" dans les revenus ?
L’autre dossier important est celui soulevé par les jeunes Réunionnais. Ils sont de plus en plus exclus des postes d’encadrement disponibles à La Réunion alors qu’ils sont de plus en plus diplômés. La mutation de 64 enseignants stagiaires de l’Éducation nationale est un révélateur de cette aggravation, tandis que comme chaque année, des centaines de personnes venues d’autres Académies viennent occuper les postes vacants. Quand les orientations du Conseil interministériel sur l’Outre-mer vont-elles commencer à être appliquées ?
Enfin, le secrétaire d’État chargé de la Fonction publique ne peut pas ignorer la situation très particulière de la fonction publique territoriale à La Réunion. Selon les chiffres de l’INSEE, en 2007, seuls 26% des agents de cette fonction publique étaient titulaires, et donc 74% ne l’étaient pas. C’est une proportion considérable. L’INSEE recensait en effet plus de 26.000 agents non-titulaires dans les collectivités, soit un nombre plus important que celui des titulaires de la fonction publique d’État en poste à La Réunion la même année.
Tous les ans, l’Association des maires de La Réunion pose ce problème à l’État lors du Congrès des maires. Mais aussi étonnant que cela soit, aucune rencontre avec l’Association des maires de La Réunion n’a été inscrite au programme du secrétaire d’État chargé de la Fonction publique.
Sur toutes ces questions essentielles, toutes les réponses relèvent de la responsabilité du gouvernement. C’est lui qui fixe les salaires des agents de la fonction publique, c’est aussi lui qui établit les règles de recrutement.

Manuel Marchal


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