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"Français-Français" ou "Français en sursis" ?

Témoignages.re / 3 août 2010

Ah qu’elles sont “belles” les rodomontades qu’on nous sert aux infos !
« Si tu tires sur un membre des forces de l’ordre, tu n’es plus digne d’être un Français ».
Mettons tout de suite les choses au clair : il n’est pas acceptable que policiers et gendarmes puissent être pris pour cibles. Tout comme il est inacceptable que des gendarmes puissent se conduire comme il nous a été donné d’en voir certains agir contre des femmes et des enfants dont le seul crime était d’occuper des logements vides, puisque abandonnés.
D’un côté comme de l’autre, ce sont là des comportements qui ne sont pas tolérables.
Mais, redisons-le, dans un état de droit, on ne tire pas sur les forces de l’ordre.
Ceci étant clairement dit, venons-en aux postures présidentielles et gouvernementales : « tout citoyen français d’origine étrangère qui sera pris à tirer sur les forces de l’ordre sera déchu de la nationalité française ».
C’est typiquement une posture ridicule.
Pour quelles raisons ?
Parce que la loi interdit de traiter de façon différente des citoyens français.
Quelle loi ?
La loi suprême, la Constitution de la 5e République et dans son article premier s’il vous plaît !
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée ».
Donc, vouloir légiférer comme le préconisent tout à la fois le président de la République, le ministre Hortefeux et d’autres de la majorité présidentielle est tout simplement interdit. Si, par pure hypothèse, le gouvernement faisait voter une telle loi, elle serait aussitôt censurée par le Conseil constitutionnel. Ou alors, il faudrait que le Parlement vote une révision de la Constitution. Et même comme ça, il y a fort à parier que le Conseil constitutionnel ne resterait pas inerte face aux recours prévisibles que les citoyens et différents organismes militants en faveur des droits de l’humanité ne manqueraient pas de former.
Espérons que le temps des bravades passe rapidement et que les va-t-en guerre retrouveront la raison. Sans quoi nous risquons la pire fracture sociétale jamais connue depuis les lois scélérates de Vichy : si ta grand-mère était juive, on te privait de la nationalité française, tu perdais aussitôt ta place si tu étais fonctionnaire et même si tu étais le meilleur savant, le meilleur boulanger, plombier ou chef d’entreprise, tu perdais toute possibilité de poursuivre tes activités puisque tu avais du sang juif.
Rachid Taha avait donc raison de chanter :
« Voilà, voilà, qu’ça recommence
Partout, partout et sur la douce France
Voilà, voilà, qu’ça recommence
Partout, partout, ils avancent
La leçon n’a pas suffi
Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Étranger, tu es la cause de nos problèmes »
Avec cette loi stupide, on créerait donc deux sortes de citoyens français : la qualité n° 1, le Français-Français dit "de souche", et la qualité n°2, le Français en sursis puisque d’origine étrangère.
Seulement, nous l’avons vu, la Constitution, loi suprême de l’état de droit qu’est la France, interdit une telle bêtise.
Deux crétins tirent sur les forces de l’ordre. L’un, Français-Français sera traduit devant les tribunaux, condamné et restera Français. L’autre, le Français en sursis, sera condamné et on lui retirera sa nationalité française. Or, la Constitution, article 1er, dit : « La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Quel est le juge qui acceptera de violer la Constitution ? Et s’il s’en trouvait un, ce dont nous voulons douter, il serait désavoué au moindre recours.
Enfin, la stupidité de ce chantage à la nationalité ressort encore plus lorsqu’on se reporte à l’article 25 du Code civil : « L’individu qui a acquis la qualité de Français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d’Etat, être déchu de la nationalité française, sauf si la déchéance a pour résultat de le rendre apatride ».
Quelle est la nationalité du jeune né sur le sol français de parents étrangers ? Selon la loi, il est français, selon les bravaches, il serait un "Français d’origine étrangère" et la nationalité française pourrait lui être retirée. Et on l’expulse vers quel pays ? Les limbes ?

Jean Saint-Marc



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Messages






  • Cet état d’esprit ou cet esprit d’Etat reflète à force d’être monté si haut, comment "présidentiellement" se banalise de manière ordinaire un racisme de nationalité étrangère.

    Puisque lui est intouchable, j’espère que ses ministres ne failleront point dans leurs décisions à l’encontre du "pro-fesseur" Copy pour ces insanités racistes, et par le fait même, de statuer aussi sur le sort du Proviseur qui ne veut pas qu’on enseigne "cette merde", c-a-d notre langue, dans son établissement.

    Il faudrait quand même que l’on empêche ceux qui par leur comportement provoquent et engendrent souvent trop de désagréments.

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