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François Hollande confirme : pas de changement

Conférence de presse du président de la République

Manuel Marchal / 19 septembre 2014

Deux jours après le vote de confiance à l’Assemblée nationale, le président de la République tenait une conférence de presse. Il a confirmé le maintien de la politique d’austérité et il a passé sous silence le dialogue au sommet entre les deux grandes superpuissances économiques du siècle en Asie. Pas un mot sur l’Inde, la Chine ou l’Afrique australe…

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François Hollande lors de sa dernière visite à La Réunion.

Hier, le chef de l’Etat tenait une conférence de presse devant plusieurs centaines de journalistes. L’événement médiatique avait lieu deux jours après le vote de la confiance au gouvernement par une majorité relative à l’Assemblée nationale. Un vote considéré comme le test de mi-mandat par le président de la République.
Après un discours liminaire, les représentants de la presse ont ensuite fait réagir François Hollande sur plusieurs sujets.
Le chef de l’Etat était interpellé sur ses choix économiques. Ce sont eux en effet qui constituent la principale ligne de fracture dans la majorité présidentielle. Mardi à l’Assemblée, les communistes ont voté contre la politique d’austérité, les écologistes et 32 députés PS se sont abstenus et ont donc refusé la confiance au gouvernement.

François Hollande considère que les réformes faites en son temps en Allemagne par le gouvernement socialiste de Schröder sont « une bonne référence ».

Mais loin de réformer, ces mesures ont fait reculer les droits des travailleurs en Allemagne en stigmatisant le chômage et en favorisant le remplacement des emplois par d’autres sous-payés, car le salaire minimum n’existe pas en Allemagne.

Premier choix : aider les entreprises

De cela découle la logique de sa politique : le social-libéralisme. En effet, le premier choix est de donner de l’argent aux entreprises. Une décision loin d’être partagée dans la majorité, François Hollande reconnaît que des voix se sont levées pour demander la priorité à la solidarité via une meilleure redistribution.
Le second choix est celui de la réduction du déficit public. Le président de la République salue le fait que ce sont les gouvernements qu’il a nommés depuis 2012 qui ont appliqué dans ce domaine des mesures sans précédent.

Quant à la transition énergétique, elle est déclarée grande cause nationale et internationale. François Hollande rappelle la tenue l’an prochain à Paris de la conférence sur le climat, et l’importance d’arriver à un accord. Dans cette perspective, l’action de la France dans ce domaine devra être exemplaire.

Ramenée à la réalité réunionnaise, cette orientation ne manque pas d’interpeller. Car en soutenant à La Réunion le projet de nouvelle route en mer, le pouvoir parisien fait exactement le contraire de ce qu’il proclame. Nul doute que la conviction réunionnaise de placer la nouvelle route en mer au cœur de la Conférence de Paris sur le climat sort renforcée par une telle prise de position.

Sous-estimation du monde qui change ?

Le dernier choix annoncé hier est celui de la République. C’est là que le chef de l’Etat situe la bataille pour l’égalité afin que tout citoyen puisse avoir accès à la dignité dans la République. Il y met aussi le non-cumul des mandats et la réforme territoriale.
En conclusion, François Hollande a dit tout l’attachement qu’il porte au rayonnement de la France. Ce rayonnement s’exprime actuellement fortement par des interventions militaires qui ont pris une large place dans les propos liminaires du président de la République.

Car les observateurs n’ont pas manqué de noter l’absence dans le discours des changements qui s’opèrent en Afrique et en Asie.

Pas un mot sur l’impact de la visite du nouveau Premier ministre de l’Inde au Japon, rien sur le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, même traitement pour le séjour en Inde du président de la Chine ou sur l’approfondissement des liens entre l’Afrique et l’Asie.

Une nouvelle occasion ratée car La Réunion est un pont entre les régions les plus dynamiques du monde et la vieille Europe. La stratégie française de la seconde moitié du mandat présidentiel tiendra-t-elle compte pleinement de ce que La Réunion apporte à la République ?


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