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François Rebsamen culpabilise les chômeurs

Le Pôle Emploi va intensifier ses contrôles

Céline Tabou / 3 septembre 2014

Contrairement aux promesses du gouvernement, la courbe du chômage ne s’est pas inversée, pire elle a augmenté. Raison pour laquelle, le ministre du Travail, François Rebsamen a demandé à Pôle Emploi de « renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi ».

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François Rebsamen, ministre du Travail.

Face à ces déclarations, les réactions se sont faites vives. Les frondeurs martèlent leur opposition à la politique gouvernement et les syndicats se disent « atterrés » par les déclarations du ministre.

« Il s’agit de vérifier que les gens cherchent bien un emploi »

Pour le ministre, la clé du problème du chômage reste le contrôle : « Il s’agit de vérifier que les gens cherchent bien un emploi », a déclaré le ministre sur iTélé. « Il faut qu’il y ait, à un moment, une sanction », a-t-il ajouté. Pour ce dernier, « c’est négatif, pour ceux qui recherchent des emplois, d’être à côté de personnes qui ne cherchent pas d’emploi ». Les chômeurs devront avoir un « état d’esprit différent, des convocations et des vérifications (...) Sinon on est radié », a insisté François Rebsamen.
« On se bat mais cela n’a pas régressé, c’est un échec », a expliqué le ministre, mardi 2 août, ajoutant « nous ne baissons pas les bras ». La France compte 26.100 demandeurs d’emplois (catégorie A) supplémentaires se sont inscrits à Pôle Emploi en juillet, soit +0,8% par rapport à juin 2014 et de 4,3% en un an. La France compte donc au total 3 424 400 chômeurs de catégorie A.
Le ministre du Travail a mené la charge contre les chômeurs, car pour lui « il n’est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d’avoir des gens qui ne cherchent pas d’emploi ». Ce dernier a indiqué que « Trois cent cinquante mille offres qui ne trouvent pas preneur dans un pays qui compte 3,4 millions de chômeurs, c’est quand même quelque chose d’insupportable ».
Alors qu’à Gauche, la surprise et la contestation se lève contre cette mesure, à Droite, c’est la satisfaction. Le candidat à la présidence de l’UMP, Hervé Mariton, qui a salué l’initiative, soulignant la nécessité de réformer le régime d’indemnisation. Pour la députée centriste, Isabelle Le Callennec, « Oui au contrôle de la recherche d’emploi mais aussi réhabiliter « l’offre raisonnable » d’emploi, la mobilité professionnelle et géographique ».

Contre les sanctions à l’encontre des chômeurs

Les frondeurs continuent de mener la charge contre le gouvernement, ainsi Jérôme Guedj, chef de file des frondeurs, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Dis @rebsamen et le contrôle des entreprises qui touchent le CICE et licencient et/ou augmentent leurs dividendes, on en parle ? ». De son côté, la députée socialiste Barbara Romagnan, François « Rebsamen veut renforcer le contrôle des chômeurs. Une étrange façon de lutter contre le chômage ».
Pour la patronne d’EELV, Emmanuelle Cosse, « à écouter @frebsamen, je me demande s’il connaît la vie d’une(e) chomeur/euse. Le problème c est le chômage, pas les chômeurs ».
Le secrétaire général de la CFDT, proche du parti présidentiel, Laurent Berger, s’est dit « atterré », qualifiant les propos du ministre de « scandaleux », évoquant une « stigmatisation » des chômeurs. « Je suis un allié des salariés et des chômeurs. Je jugerai le gouvernement par rapport au chômage » a-t-il indiqué.
Eric Aubin, membre de la direction de la Confédération générale du travail (CGT), chargé de l’emploi, a fustigé la « seule solution » trouvée par le gouvernement pour lutter contre le chômage. Ce dernier a dénoncé la volonté de l’exécutif de « sanctionner les chômeurs ». Le syndicaliste a aussi regretté que le gouvernement reprenne des arguments mit en exergue lors de la présidence de Nicolas Sarkozy et favorise les aides aux employeurs au risque de mettre « gravement en danger notre protection sociale ».


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