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Géothermie : déjà 18 mois de perdus

Nouvel exemple de gabegie causée par la Direction de la Région Réunion

Manuel Marchal / 13 septembre 2011

Lors de son élection à la présidence de la Région, Didier Robert a annoncé la suppression de la géothermie. Dans la presse d’hier, le BRGM annonce sa volonté de faire redémarrer le projet. Le caprice de Didier Robert a déjà coûté 18 mois à La Réunion, c’est une gabegie à laquelle il est urgent de mettre fin, car, tôt ou tard, la géothermie se fera à La Réunion.

L’UMP Didier Robert est élu président de Région le 26 mars 2010. Dans le discours qu’il avait préparé pour l’occasion, il prend aussitôt les habits du démolisseur qu’il avait revêtus depuis déjà deux ans à partir de la suppression de la rocade du Tampon. Le premier président UMP de la Région Réunion annonce en effet ce jour-là la démolition de deux projets stratégiques : la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR) et la géothermie. Les faits ont montré que ce n’était qu’un début et que la démolition a continué, causant un chômage sans précédent dans le pays : plus de 147.000 Réunionnais inscrits à Pôle Emploi.
Ce 26 mars, quelques minutes avant d’être félicité par le socialiste Michel Vergoz, Didier Robert annonce solennellement ceci : « Nous entendons renoncer à toute nouvelle expérimentation géothermique ».

26 mars 2010, Didier Robert démolit

Dans le cadre du projet d’autonomie énergétique, la géothermie a une place importante. Elle partage avec l’énergie thermique marine une qualité, celle de délivrer une énergie en continu, jour et nuit en toutes saisons. Elle peut ainsi contribuer à l’éradication du charbon qui remplit aujourd’hui ce rôle, avec comme conséquence une aggravation quotidienne de la pollution de la planète. La géothermie, c’est aussi l’assurance de créer des emplois durables pour des Réunionnais à La Réunion, tout en diminuant le poids des monopoles exercés par des sociétés extérieures à notre île.
Ce sont autant de raisons qui ont amené l’UMP Didier Robert à démolir ce projet au plus vite, ce qui ne peut que faire le jeu des partisans des énergies fossiles et des opposants à la ligne du développement de La Réunion.

12 septembre 2011, le démolisseur contredit

18 mois après cette décision, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) annonce qu’il compte redémarrer le projet. C’est ce qu’annonce un article du “Journal de l’île de La Réunion”, qui précise même que la Charte du Parc national n’interdit pas les forages exploratoires dans la zone centrale, c’est-à-dire dans le bien inscrit au Patrimoine mondial. Le "JIR" précise même que, d’après cette Charte, « une autorisation spéciale peut être accordée aux "constructions et installations indispensables à l’approvisionnement en eau et en énergie géothermique" ».
En conséquence, le BRGM va lancer une campagne d’exploration pendant deux ans, en accord avec les orientations définies par le Grenelle de l’Environnement.

Stoppons le gaspillage de notre pays

Cette décision signifie bien, comme le précise notre confrère à la fin de son article, que « la géothermie n’a pas dit son dernier mot ». Cela veut donc bien dire que ce projet se fera tôt ou tard, car son état était si avancé que Didier Robert n’a pas réussi à l’éradiquer et qu’il devra l’accepter, qu’il soit ou pas à la Direction de la Région. C’est donc une brèche portée à sa ligne politique qui vise à enfermer La Réunion et son peuple sous une cloche de verre.
Ceci amène donc à rappeler que le caprice du président de Région n’a eu qu’une seule conséquence, celle de faire perdre du temps à La Réunion. Au moins 18 mois ont donc été perdus, et cela, au moment où les besoins des Réunionnais en énergie et en emplois ne cessent d’augmenter.
Les manœuvres pour retarder l’exploitation de la géothermie sont un cas typique de gabegie, il est donc urgent d’y mettre un terme le plus rapidement possible.

Manuel Marchal


Le démolisseur contredit par les experts

Didier Robert, 26 mars 2010
« Nous entendons renoncer à toute nouvelle expérimentation géothermique ».

BRGM, 12 septembre 2011
« La Réunion ne doit pas se priver d’un gisement pouvant se révéler important d’une énergie propre, renouvelable et peu coûteuse à produire sans avoir au moins défini son potentiel ».


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