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Grand rassemblement pour la protection de l’environnement

À l’appel du collectif Touch pa nout roche

Manuel Marchal / 5 juin 2015

Dimanche prochain à 9 heures 30, le collectif Touch pa nout roche organise un événement important : une chaîne humaine entre les ravines du Trou et des Avirons. L’objectif est d’empêcher l’ouverture d’une carrière pour le chantier de la route en mer dite nouvelle route du littoral – NRL.

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L’affiche de la manifestation de dimanche prochain.

Samedi dernier, un collectif de défense de l’environnement s’est constitué aux Avirons. Appelé Touch pas nout roche, il est ouvert à toutes les personnes qui s’opposent à la création d’une carrière à Bois-Blanc. Il a lancé une pétition qui a recueilli plus de 9300 signatures et prévoit une grande action dimanche : une chaîne humaine entre les ravines du Trou et des Avirons. L’enjeu de la bataille est très important. Il peut empêcher de gaspiller des milliards d’euros dans une route en mer qui constitue une catastrophe écologique, économique et sanitaire.

Pour mener à bien son projet de route en mer, la Région Réunion a besoin de 18 millions de tonnes de roches. Le chantier a été lancé sans que cette ressource soit effectivement disponible. Il a fallu que l’ancien préfet publie un arrêté stipulant un nouveau plan départemental des carrières pour tenter de remédier à cette carence. Mardi, le rapporteur public du Conseil d’État a préconisé de suspendre cet arrêté. Si les juges du Conseil d’État suivent cette conclusion, alors ce sera un nouvel échec pour les partisans de la route en mer.

Déjà des atteintes à l’environnement

Rarement dans l’histoire du pays, un projet n’a fait part d’une telle opposition. Il fait face à de nombreux recours. Du côté des institutions, il a déjà été condamné. C’est ainsi que le Conseil national de protection de la nature a unanimement voté contre le projet de la Région. La route en mer est une atteinte à la biodiversité. Elle menace la survie d’un lagon en formation dans la baie de La Possession. Elle constitue une grave atteinte à l’habitat et à l’environnement d’espèces menacées. Malgré cela, l’État a accordé des dérogations à la Région. C’est pourquoi les bénéficiaires des marchés attribués par la collectivité présidée par Didier Robert ont commencé à jeter des galets dans la mer.

Devant la pénurie de matériaux, des transporteurs ont choisi d’extraire des roches en toute illégalité. Pris en flagrant délit à La Possession, ils restent toujours impunis alors que les galets qu’ils ont livrés sont maintenant au fond de l’eau.
Les atteintes à l’environnement sont donc déjà commises.

La NRL au centre de la COP21 ?

Les transporteurs fondent donc de grands espoirs dans l’ouverture de nouvelles carrières. Ils risquent bien d’être déçu. Car si le Conseil d’État confirme les conclusions du rapporteur public de la plus haute juridiction administrative, alors ce sera un coup d’arrêt à la route en mer.

À quatre jours de la visite à La Réunion du Premier ministre, le rassemblement pour la protection de l’environnement va encore s’amplifier. À la fin de l’année, la France organise la conférence mondiale sur le climat de Paris. Son enjeu est considérable, c’est la signature d’un nouveau traité remplaçant le protocole de Kyoto. La France veut donc apparaître comme un pays champion de la lutte contre le changement climatique, ce qui implique qu’il soit exemplaire sur le plan de la protection de la nature.
La France va-t-elle faire de la route en mer le sujet principal de la conférence de Paris ?


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