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Halte au saupoudrage, place à la responsabilité à La Réunion

Le PCR pour une globalisation des crédits nécessaires à la réalisation de l’égalité réelle

Témoignages.re / 20 janvier 2016

La crise en France entraînera une poursuite de la politique d’austérité. Le PCR propose de sortir de 70 ans de saupoudrage pour globaliser les crédits qui seront nécessaires à la réalisation de l’égalité réelle. Cette rupture est nécessaire pour garder l’espoir de développer le pays.

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Quand des Réunionnais ont agi en responsables, ils ont pu faire avancer les choses, notamment dans le domaine des énergies renouvelables.

Lors de sa conférence de presse lundi, le Parti communiste réunionnais est revenu sur le bilan de 70 ans d’intégration à la France. La loi du 19 mars 1946 prévoyait l’extension au 1er janvier 1947 de toutes les lois votées en France. Cela concernait particulièrement celles adoptées sous le Front populaire et celles découlant de l’application du programme du Conseil national de la Résistance. Outre la Sécurité sociale, les Réunionnais avaient notamment droit le 1er janvier 1947 à l’égalité des salaires dans le public et le privé avec la France, ainsi qu’aux allocations familiales et à la même protection contre le chômage.

Pendant le débat préalable au vote de la loi, des opposants avaient mis en avant l’aspect financier. Une fois le texte voté, c’est cet argument qui a été utilisé pour justifier le retard considérable pris dans son application.

La prospérité refusée aux Réunionnais

Pourtant à cette époque, tous les espoirs étaient permis. La France allait connaître une époque de prospérité connue sous le nom des Trente Glorieuses. L’argent ne manquait pas, car le gouvernement pouvait financer des guerres contre les luttes de libération au Vietnam et en Algérie ou se payer la bombe atomique. Durant cette période, la France connaissait le plein emploi et des industries florissantes. L’argent n’était donc pas un obstacle à l’application de l’égalité due aux Réunionnais depuis le 1er janvier 1947.

Mais au lieu de respecter la loi et d’accompagner ensuite le développement de La Réunion, les gouvernements ont choisi une autre politique. Plutôt que de soutenir le maintien et la création d’industries à La Réunion pour répondre aux besoins d’une population en constante augmentation, Paris a organisé l’exil d’une grande partie de la jeunesse pour soutenir le développement de l’industrie et des services en France.

Quand au bout de 50 ans de luttes les Réunionnais arrachent l’égalité, la période des Trente Glorieuses est bien finie. Le chômage a succédé au plein emploi, avec plus de 2 millions de chômeurs en France.

Mais les Réunionnais n’ont pas connu les Trente Glorieuses, car c’est au cours de cette période de prospérité en France que s’est installé le chômage de masse à La Réunion. La situation actuelle est la conséquence de cette politique.

La France en crise

Ces deux derniers jours viennent illustrer l’état de crise dans lequel se trouve la France. C’est tout d’abord la Cour des Comptes qui a examiné les comptes de l’UNEDIC, caisse qui indemnise les travailleurs privés d’emploi. Sachant que la dette de cet organisme devrait atteindre 35 milliards d’euros en 2018, la Cour des Comptes soutient que des choix « doivent être guidés par des considérations d’équité et d’efficacité en termes d’incitation à la reprise d’un emploi et de maintien dans l’emploi. Ils doivent également permettre d’assurer le remboursement de la dette de l’UNEDIC, gage de la pérennité du mécanisme assurantiel, et donc s’accompagner d’un plan de désendettement du régime ». La présentation du rapport par l’UNEDIC lundi a donné lieu à l’interprétation suivante : une baisse des indemnisations est souhaitée.

Hier, l’INSEE a publié une étude démographique. Elle montre que l’an dernier, l’espérance de vie a diminué en 2014. Elle baisse de 5 mois pour les femmes, et de 3 mois pour les hommes. C’est la première fois depuis les années 1960 que l’espérance de vie recule en France. Souvent, cela traduit les effets d’une crise économique. En France, cette crise s’est accélérée depuis 2008. Elle compte plus de 3 millions de chômeurs.

Pour la globalisation des crédits

L’austérité va donc continuer. Si la même politique continue, le saupoudrage aggravera encore la situation à La Réunion. Lundi, le PCR a proposé une manière plus efficace de gérer. Le président de la République a lancé le chantier de l’égalité réelle sur 20 ans entre la France et l’outre-mer. Pour le PCR, cela signifie l’égalité du PIB par habitant au terme de cette période. Il demande que les crédits affectés à cette tâche soient globalisés dans un fonds de développement géré à La Réunion par les Réunionnais. C’est une rupture avec une pratique vieille de 70 ans. Elle offre la possibilité de sortir de la crise par la responsabilisation.


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