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« Il faut une véritable rupture » pour l’avenir de La Réunion

Dimanche 22 février 2015, présentation du projet du PCR

Céline Tabou / 19 février 2015

Dimanche 22 février aura lieu une réunion publique, organisée par le Parti Communiste Réunionnais, afin de présenter son projet pour « l’avenir de La Réunion » et mettre en exergue les différents « éléments de l’actualité qui confirme notre analyse depuis la création du parti », en 1959.

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Ary Yée Chong Tchi Kan, Yvan Dejean, Maurice Gironcel et Camille Dieudonné représentaient la direction du PCR lors de la rencontre avec la presse d’hier. Ils ont présenté le rassemblement de dimanche et répondu aux questions des journalistes.

Pour Yvan Dejean, c’est le moment de « la grande explication ». En effet, dans un contexte économique et social s’aggravant, le PCR va « poser les problèmes de fond » et donner son « analyse de fond » vis-à-vis de la politique menée depuis 1946 et qui « nous conduit à imaginer une nouvelle politique pour La Réunion ».

Le PCR conforté dans sa vision politique

« Un certain nombre d’éléments confirment notre analyse et montrent que nous avons une vision prophétique » du monde économique, social et culturel de La Réunion, a expliqué le co-secrétaire général du PCR, Yvan Dejean. Ce dernier a rappelé « la poursuite de la politique menée à La Réunion depuis la loi du 19 mars 1946 par les différents gouvernements », qui avait deux objectifs. D’un côté, mettre fin au statut colonial des Quatre Vieilles colonies, dont La Réunion, et répondre aux problèmes sociaux au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Cependant, l’application de la loi, le 1er janvier 1947, a mis en place un système inégalitaire, en raison de la « sous-estimation de la hausse démographique » par les gouvernements successifs et une politique des revenus qui a « divisé la société réunionnaise ».
« En réalité, le problème des revenus pose les problèmes fondamentaux des inégalités, aggravées par la poussée démographique », a expliqué Yvan Dejean. Pour le PCR, le 1er janvier 1947, les décisions des dirigeants politiques ont installé « une société coupée en deux ». D’un côté, le gouvernement a octroyé à ses employés une prime, dite « prime coloniale » dans le passé, qui reconnait le coût élevé de la vie, et de l’autre, la population a été « laissée pour compte ».

D’ailleurs, le récent rapport de la Cour des comptes met en exergue la nécessité de revoir le système de surrémunération qui est « à bout de souffle » et comporte « des failles » pesant « lourdement sur le budget de l’Etat et des collectivités territoriales ». « On n’a jamais cessé d’alerter sur ce problème », a indiqué Yvan Dejean.

Ce dernier a assuré que le PCR a toujours fait une série de propositions parmi lesquelles : « toute réforme doit se faire par la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés » ; « toutes les sommes économisées doivent être réinjectées dans l’économie locale » et « le respect des avantages acquis par les agents en poste ». Yvan Dejean a également évoqué la nécessité de « définir objectivement le coût de la vie à La Réunion », afin que « le différentiel soit être appliqué à l’ensemble des revenus et salaires ».

« Faire une autre politique »

Par cette politique des revenus, les gouvernements successifs ont « créé un apartheid social institutionnalisé depuis le 1er janvier 1947 », a insisté Yvan Dejean. Ainsi, « tout confirme notre analyse, l’INSEE a qualifié notre département d’hors norme, détenant des records d’inégalités », a-t-il expliqué.

Le responsable communiste a fait référence aux propos de François Hollande, qui a « dit que pour réduire les inégalités dans les territoires, chacun d’eux devra présenter un projet ». « On n’a jamais dérogé à notre ligne depuis 1959 », a assuré le co-secrétaire du PCR, ajoutant que « tout a changé, le moment est venu de faire une autre politique ».

« On défend fondamentalement une pensée réunionnaise, on a nos propres contradictions mais on est avant tout un parti réunionnais au service du peuple réunionnais ». Raisons pour lesquelles, « notre parti a travaillé sur des propositions », qui seront présentées le 22 février. « Ensemble, nous devons nous unir sur l’essentiel et préparer l’avenir. Si on se met d’accord sur l’essentiel, on pourrait créer une délégation réunionnaise pour aller dire au gouvernement ce qui est bon pour nous », a conclu Yvan Dejean.

« Système à bout de souffle »

Pour Maurice Gironcel, « tout l’édifice s’écroule, ce système est à bout de souffle ». Ce dernier a rappelé les chiffres : 25.000 demande de logement en attente, 333.000 personnes vivant des minimas sociaux, 1.700 entreprises menacées de faillite en 2015, 110.000 illettrés, 175.000 demandeurs d’emploi, 20.000 emplois menacés dans la filière canne. Un contexte économique et social tendu, qui impose de « mettre rapidement en place un projet pour et par les Réunionnais. Il faut une véritable rupture avec ce qu’il se fait en ce moment ».

Le PCR donne rendez-vous le 22 février, pour une réunion publique à la salle Rwa Kaf, au Bocage à Saint Suzanne, dès 8h30, afin de « discuter des solutions pour l’avenir de La Réunion », a conclu Maurice Gironcel, co-secrétaire du PCR.


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