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Il n’y a rien à attendre de Didier Robert

Geoffroy Géraud-Legros / 16 avril 2010

Membre des plus hautes instances de l’UMP, Didier Robert affecte pourtant volontiers la solidarité avec les mouvements sociaux réunionnais. Un engagement de façade : tous ceux qui ont sollicité sa médiation jusqu’à présent en ont été pour leurs frais. Après les assistants d’éducation, les professeurs-stagiaires mobilisés seront-ils les prochains sur la liste ?

Chaque crise sociale a donné lieu à un simulacre d’engagement de la part de Didier Robert. Au cours de l’année 2009, lors des mobilisations des assistants d’éducation, celui qui était alors député-maire du Tampon avait annoncé son « soutien » aux 348 travailleurs mobilisés… sans pour autant leur être d’aucun secours. Ainsi, malgré des déclarations de « solidarité », il s’était bien gardé d’évoquer le problème auprès de François Fillon, en visite dans notre île au mois de juillet pour l’inauguration de la route des Tamarins. Pourtant, les assistants d’éducation manifestaient quelques mètres plus loin.

Récupérations politiques

Au cours de la crise de l’ARAST, Didier Robert a longtemps observé un silence prudent ; dans le même temps, son mouvement Objectif Réunion tirait profit de la détresse des salariés pour lancer une nouvelle tentative de déstabilisation de la majorité du Conseil général. Après l’explosion de la liste d’Union suite au départ de Jean-Paul Virapoullé, le candidat UMP intégrait subitement Valérie Bénard en 4ème position de sa nouvelle liste, tentant ainsi de récupérer le mouvement des anciens salariés de l’ARAST. Sans surprise, le nouveau président de la Région n’a eu strictement aucun mot pour ces derniers depuis son arrivée au pouvoir.

Didier Robert entre grandes déclarations…

Aujourd’hui, Didier Robert semble prendre fait et cause pour les lauréats des concours de l’Éducation nationale qui demandent l’attribution des postes vacants dans leur pays. Gage de sa bonne volonté, le nouvel occupant de la Pyramide inversée a offert l’hospitalité aux jeunes professeurs, à qui il a permis de disposer leurs matelas dans un coin de l’hôtel de Région. Publiquement, Didier Robert a une fois de plus annoncé son « soutien » à la cause des diplômés réunionnais. Néanmoins, on peut douter que cette solidarité ira plus loin que les mots et l’hébergement temporaire. Interpellé par la sénatrice Gélita Hoarau et la députée Huguette Bello, le ministre de l’Éducation nationale Luc Châtel, face au Sénat le 8 avril dernier, a clairement énoncé son refus d’accéder aux demandes des stagiaires mobilisées.
Gélita Hoarau : « Le Ministère ne peut-il pas, pour La Réunion, procéder à un calibrage conforme aux besoins réels, nommer les néo-titulaires sur les postes vacants et transformer les heures supplémentaires en postes à temps plein ? De telles décisions répondraient à l’attente de la quarantaine de jeunes professeurs qui souhaitent être affectés à La Réunion et régleraient, à l’avenir, le problème de l’affectation dans ce département des professeurs qui y sont formés ».
Luc Châtel : « Pour les 58 autres stagiaires, le premier souhait d’affectation n’a pas pu être retenu. En effet, l’absence de besoin d’enseignement dans certaines disciplines, professionnelles et technologiques notamment, ne permet pas de maintenir sur place des enseignants diplômés. (…) Madame le sénateur, notre politique vise à apporter un bonus aux enseignants des Départements d’Outre-mer formés dans leur académie d’origine, mais dans le cadre d’un recrutement national, d’un concours national, d’un diplôme national… ». Cette réponse fermant la porte à toute solution a soulevé les applaudissements dans les rangs des parlementaires de l’UMP.

… et petits arrangements

Ces fins de non-recevoir n’ont entraîné aucun commentaire de la part de Didier Robert. Le président « engagé » de la Région s’est visiblement limité à glisser un petit mot entre deux portes au ministre de l’Éducation nationale mardi à Paris.
Pourtant, le nouveau président de la Région pourrait, s’il le désirait, invoquer un argument de taille : le 6 novembre 2009, lors de la restitution des conclusions du Conseil interministériel de l’Outre-mer (CIOM), Nicolas Sarkozy avait lui-même insisté sur la nécessité de réviser les critères d’une « mobilité à 10.000 km ». Il est peu probable que Didier Robert, qui dirige aujourd’hui l’une des seules Régions UMP de France et occupe une place de premier plan dans les instances du parti présidentiel, aille rappeler le chef de l’État à ses engagements. Tout semble indiquer, au contraire, qu’il continuera à traiter le sort des Réunionnais par des petites négociations individuelles, dans les antichambres du pouvoir parisien.

Geoffroy Géraud



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  • Vous avez tout à fait raison, Didier Robert est le spécialiste des grandes déclarations. C’est ce qu’on appelle, un beau parleur. Par contre, aucune de ses speudo interventions n’aboutit. Vos exemples, posent bien les limites de cet ambitieux. On pourrait rajouter à titre d’exemple, le licenciement d’environ 80 agents stagiaires du ghsr. Une première dans la fonction publique. La Réunion est ainsi devenue un mauvais exemple pour la France entière, et tout cela venait de l’initiative de Monsieur Didier Robert. Il a ensuite promis aux malheureux licenciés tout son soutien. On a vu le resultat.Nombre d’entre eux sont encore à la recherche d’emplois.

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