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Imaginerait-on une Réunion sans route des Tamarins ?

Construite malgré l’opposition des conservateurs

Manuel Marchal / 19 novembre 2012

La fermeture de la route des Tamarins permet de révéler à tout le monde et de manière incontestable l’utilité de ce projet de Paul Vergès qui avait les mêmes opposants que le tram-train aujourd’hui.

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Trois ans et demi après l’ouverture de la route des Tamarins, cette infrastructure est entrée dans le quotidien des Réunionnais. Mais si elle n’existait pas, quelle serait la situation. Pour répondre à cette question, il suffit de se référer à la fermeture de cette route. C’est ce qui s’est passé hier.

C’était le trafic d’un dimanche. Malgré tout, des embouteillages n’ont pas tardé à se développer. À midi, l’agglomération de Saint-Gilles était paralysée par l’embouteillage. De Boucan Canot à l’Ermitage, c’était une file ininterrompue de voitures pare-choc contre pare-choc. Et ceux qui tentaient de s’échapper en filant par la voie parallèle n’obtenaient que quelques centaines de mètres de répit.

Dans l’après-midi et dans l’autre sens, c’étaient à Saint-Leu et à Saint-Gilles que l’embouteillage avait repris ses droits.

Si une telle fermeture avait eu lieu un jour de semaine, il est clair que l’addition des flux de l’activité économique quotidienne au flot de voitures aurait amené le coma circulatoire.

C’est donc à cela que La Réunion a échappé grâce à Paul Vergès, le bâtisseur de la route des Tamarins. En plus de la structuration de la zone de mi-pente, la route des Tamarins avait notamment pour objectifs de mettre fin aux embouteillages dans l’Ouest, et de désenclaver le Sud. Cela a été atteint.

Le coma circulatoire

Lorsque l’on se rend compte de l’utilité de la route des Tamarins, on pense à ce qui attendra les Réunionnais si la décision de supprimer le tram-train n’est pas remise en cause. Outre sa contribution à l’autonomie énergétique de l’île, le tram-train est aussi un moyen de préserver La Réunion du coma circulatoire, et de libérer Saint-Denis de l’invasion quotidienne de dizaines de milliers de voitures à la recherche d’une place de parking.

La route des Tamarins avait les mêmes opposants que le tram-train. C’est la coalition des conservateurs qui a permis à Didier Robert de prendre la présidence de la Région. Et elle comprend même des personnes qui s’autoproclament de gauche.

Pour atténuer le crime perpétré contre le développement, elles disent qu’elles ont un projet alternatif : une route du littoral à six voies. Cette route n’apporte aucune solution pour empêcher le coma circulatoire.

Le projet des conservateurs, c’est de déplacer une route de quelques dizaines de mètres pour un prix qui sera largement supérieur aux 1,6 milliard d’euros annoncés par la Région. Ce projet ne fait rien pour enrayer la progression affolante du parc automobile à La Réunion.

La route de Didier Robert ne résout rien

Car en quoi la construction d’une route en mer va-t-elle aider à diminuer les embouteillages dans Saint-Denis ? En quoi fluidifierait-elle le trafic en cas de coupure de la route des Tamarins ?

La semaine dernière, le maire de Saint-Denis a fait part publiquement de ses interrogations sur l’entrée Ouest de la ville. Car que la route fasse 4 ou 6 voies, ses usagers se heurteront au bouchon quotidien qui commence quelquefois à La Possession.

Hier, les conséquences de la fermeture de la route des Tamarins ont été un appel à la relance immédiate du chantier du tram-train.

M.M.

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