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« J – 20 semaines » avant les élections présidentielles de 2012. Et, après…

Témoignages.re / 28 novembre 2011

Dans 20 semaines, le corps électoral dans son ensemble sera appelé à voter pour élire le neuvième Chef d’État de la 5ème République.

Désigné par le suffrage universel direct, celui-ci devrait, en conséquence gouverner au nom du peuple souverain ; contrepartie logique de cette nomination directe, seul le peuple souverain peut démettre un dirigeant de ses fonctions. C’est la conception de la démocratie portée, en France, par la 5ème République.

Est-elle encore valide ? A-t-elle encore la force d’une norme positive, c’est-à-dire recevant application ? Des questions qui m’amènent à la réflexion suivante.

L’histoire politique européenne, qui se déroule à toute vitesse sous nos yeux, me laisse plutôt croire que la souveraineté populaire est en passe d’être remisée au placard des vieilleries institutionnelles. Ce point de vue peut être justifié de deux manières :

Premièrement, des dirigeants de pays européens, dont la Grèce, l’Italie, et dans une certaine mesure, le Portugal ont eu la tête proprement coupée, non pas, par la guillotine des révolutionnaires, mais par cette entité mystérieuse nommée « les marchés financiers ». C’est une évidence.

Paradoxe : ces mêmes chefs de gouvernement, éjectés du pouvoir par les banquiers et consorts, ont jusqu’au bout vanté les bienfaits de ceux qui, en définitive, sont devenus leurs bourreaux.

En second lieu, sur ce champ de bataille économique qu’est l’espace européen, les « marchés » peuvent aujourd’hui remporter, dans n’importe quel cas de figure leurs guerres financières et monétaires, à l’insu des gouvernements ou avec leurs complicités.

Car, d’un côté, ils se remplissent les poches lorsque les gouvernants, pour rembourser leurs dettes, accroissent la pression de la rigueur et le poids de la fiscalité sur les populations.

D’autre part, si un État venait à faire faillite, ils trouveront toujours le moyen d’accroître leurs revenus en imposant la privatisation des services publics.
À 20 semaines du scrutin présidentiel, en l’absence de grand mouvement de contestation et d’alternative pensée à l’échelle européenne, il me semble que notre bulletin de vote demeure le moyen d’exprimer notre refus de la violence des marchés.

Et, à l’issue du scrutin, ayons également à cœur de faire respecter la « vox populi » face aux puissants maîtres de l’argent devenu les guillotineurs des représentants de la population, au mépris du verdict des urnes.

À La Réunion, ce chemin a été pris par celles et ceux qui ont fondé le Parti Communiste Réunionnais. À nous de suivre, avec modestie et lucidité, la voie tracée par ceux qui sont venus avant nous, pour défendre les droits de notre population.

Yvan Dejean
Membre du Secrétariat du PCR


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