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« Je ne crains rien, au nom de la République, qu’un territoire comme le vôtre veuille déterminer son avenir »

Troisième partie du discours de François Hollande à Saint-Louis avec les militants et dirigeants du P.C.R.

Témoignages.re / 2 mai 2012

Après les deux premières parties parues dans nos éditions de samedi et de lundi, "Témoignages" continue à publier le texte intégral du discours exceptionnel et à dimension historique prononcé par François Hollande le 1er avril dernier à Saint-Louis aux côtés de plusieurs dirigeants du Parti communiste réunionnais.
Dans la première partie, où il a notamment fait un éloge très fort des militants et des responsables de cette organisation politique, il a aussi souligné l’importance du contrat qu’il a signé avec les Réunionnais pour la réalisation de leur projet spécifique en faveur du développement durable de leur pays.
Dans la seconde partie de cette allocution de François Hollande, il est revenu de façon précise et détaillée sur ses engagements envers les Réunionnais, notamment pour les diverses autonomies de leur île.
Voici donc la 3ème et dernière partie de ce discours, consacrée notamment au droit du peuple réunionnais « de choisir son développement » et de « déterminer son avenir ». Cette allocution très importante se termine par un appel de François Hollande à la foule rassemblée par les communistes pour une mobilisation massive en vue de la victoire du 6 mai ; une « victoire qui ne sera pas la mienne, qui sera la vôtre ». Les inter-titres sont de "Témoignages".

J’ai voulu dire que dans cette campagne pour l’Outre-mer, j’avais un devoir : celui de l’égalité.
Vous êtes des citoyens à part entière dans la République. Vous devez avoir les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes aspirations, les mêmes conditions.
Il n’y a pas de discours que l’on peut faire sur l’Outre-mer en en vantant en définitive les atouts et en même temps ne pas permettre à l’Outre-mer et à La Réunion en particulier de choisir son développement.
Je ne crains rien, au nom de la République, qu’un territoire comme le vôtre veuille déterminer son avenir. Nous avons besoin les uns des autres. L’unité de la République n’est jamais en cause quand un territoire se donne une responsabilité supplémentaire.
Vous cherchez, vous, à définir votre avenir. Vous le pourrez, dans la République, telle que je la conçois.

Un autre président

Tout à l’heure, Claude disait qu’il rêvait d’un autre président. C’est possible, ça dépend de vous.
Qu’il rêvait d’un président qui n’aurait pas un ministre de l’Intérieur qui parlerait de hiérarchie entre les civilisations. Sûrement !
Un président qui ne distinguerait pas les citoyens français selon qu’ils sont récemment devenus Français ou si leurs parents l’étaient déjà ; et il rêvait d’un président qui ne considère pas les personnes qu’il rencontre selon leur apparence. Comme si une apparence renseignait sur une religion.

Un président exemplaire

Mais un président qui regarde les Françaises et les Français sur leur appartenance à la République comme citoyens, oui, ce serait déjà un changement. Mais le changement que nous attendons tous est plus élevé encore. C’est un président qui soit capable d’être exemplaire, d’avoir la hauteur de vue nécessaire pour emmener la nation vers un dépassement d’elle-même.
Un président qui soit proche, respectueux, et qui considère chacune, chacun comme une chance dans la République.
Un président qui dirige le pays, qui lui donne sa vision, et en même temps qui partage le pouvoir parce qu’il considère, ce président, que c’est avec l’ensemble des acteurs, des forces vives d’un pays, que l’on peut réussir le changement.

Le principe de responsabilité

Oui, moi j’aurai besoin d’un gouvernement, et même d’un Premier ministre, parce que je ne le considérerai pas comme un collaborateur. Le candidat sortant nous dit : mais François Hollande, il ne veut pas être vraiment chef.
Là, il y a une nuance entre nous. Moi je veux être chef d’État ; lui, il veut être chef de tout. Moi j’assume le principe de responsabilité, lui n’est comptable de rien.
Lui considère que son projet, ce n’est pas son bilan, c’est ce qu’il n’a pas fait ; et il vient nous dire : voilà, tout ce que j’ai raté, je vais le faire.
Cinq ans de plus, vous y croyez, vous ? Je ne suis donc pas le seul ! ça me rassure. Qui peut se laisser impressionner par cette accumulation d’annonces, d’improvisations, d’impréparations et, en définitive, autant d’engagements qui ne le lient pas ?

Une Réunion possible

Mais je suis devant vous aussi pour vous faire rêver à une Réunion possible. Celle que vous déciderez avec le concours de l’État.
Pour vous faire rêver aussi d’une France qui permettra à vos enfants de vivre mieux que vous.
C’est la promesse que je vous fais, parce que c’est la plus belle de toutes. Parce que c’est celle qui a permis à vos parents, à vos grands-parents de continuer la marche.
Moi je veux poursuivre la marche vers le progrès et vers l’égalité. Et donc, je suis pleinement ici heureux que la gauche — toute la gauche — se soit rassemblée, et même au-delà de la gauche, parce que nous devons faire le meilleur résultat possible ici sur l’Ile de La Réunion.

Votre victoire

Nous en avons parlé avec Élie. Nous devons avoir des objectifs très élevés au premier tour, parce que je veux que vous alliez voter dès le premier tour, participer.
Il y en a toujours auprès de nous qui disent : on va attendre le second tour ; pourquoi aller se déplacer le premier dimanche, y’aura peut-être mieux à faire… Il y a d’autres qui disent : au premier tour, on va aller se disperser ; pourquoi tout de suite choisir ?
Eh bien, je vous l’annonce : c’est en votant massivement dès le premier tour que vous permettrez la victoire, qui ne sera pas la mienne, qui sera la vôtre.


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