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Jean-Marc Ayrault démissionne, Manuel Valls nommé Premier ministre

Après la déroute des socialistes aux municipales

Céline Tabou / 1er avril 2014

La politique gouvernementale aura pesé dans ces élections municipales. Si bien que plus de 155 villes détenues par le Parti Socialiste, ont basculé à droite. Le président François Hollande a été sanctionné pour ses mesures jugées « anti-sociales » par les syndicats et l’opposition. Hier soir, Jean-Marc Ayrault a présenté sa démission. Manuel Valls lui succède à Matignon. Retour sur les enseignements du scrutin qui a amené à un changement de gouvernement.

Seize membres du gouvernement étaient candidats aux élections municipales, bon nombre ont été battus par l’UMP. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault prend sa part de responsabilité dans l’échec des socialistes et de la Gauche lors de ces municipales. Cependant, ce dernier a affirmé qu’il s’agit d’une « responsabilité collective ».

Les ministres en payent le prix

Marie-Arlette Carlotti, Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion a été largement battue par l’UMP Bruno Gilles à Marseille. Pour Guillaume Garot, ministre délégué à l’Agroalimentaire, il perd sa commune, au profit du sénateur François Zocchetto, de l’UDI. Même chose pour Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, présent sur une liste socialiste à Valentigney (Doubs), battu par la droite.

Pour sa part, Michèle Delaunay, Ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie est battue dès le premier tour par Alain Juppé à Bordeaux. Du côté, des ministres écolos, Cécile Duflot et Pascal Canfin, étaient en position non éligible, dans les 11ème et 12ème arrondissements de Paris, ces derniers ne figuraient pas sur les listes fusionnées -et victorieuses- avec le PS pour le second tour.

En revanche, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a été réélu maire à Boulogne-sur-Mer, Aurélie Filippetti est sur la liste gagnante à Metz, et le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll au Mans. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius à Grand-Quevilly, et le ministre du Travail, Michel Sapin, à Argenton-Sur-Creuse, ont gagné dès le premier tour, leur place de maire. Enfin, Valérie Fourneyron, Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, l’emporte à Rouen, comme Yamina Benguigui, Ministre de la Francophonie, dans le 10e arrondissement de Paris, passe, comme Manuel Valls (Ministre de l’intérieur) à Evry et Benoit Hamon (Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation) à Trappes.

Basculement de gauche à droite

Près de 155 communes de plus de 9.000 habitants, dont des dizaines de villes de plus de 30.000 habitants, ont basculé de gauche à droite lors de ces élections municipales. Parmi les villes symboliques, Toulouse, 4e ville de France, ou Limoges, capitale de la région Limousin était détenue par les socialistes depuis 1912. D’autres villes sont sous le giron de l’UMP dorénavant comme Saint-Étienne et Reims. Pour le journal « Le Figaro », la défaite à Quimper (Bretagne), de Bernard Poignant, un des principaux conseillers du président François Hollande, est aussi très symbolique.

Lors d’un point presse, l’actuel Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a admis l’échec du gouvernement. Ce dernier a expliqué que la responsabilité des mauvais résultats de la gauche était « collective », a relayé l’Agence France Presse. Ajoutant, « j’y prends toute ma part », il a attesté que « nous n’avons pas assez expliqué que l’action de redressement engagée depuis 2012 était essentielle pour notre pays », d’autant « que la situation de nos finances publiques, de nos entreprises, et notamment de notre industrie, était particulièrement dégradée et exigeait beaucoup d’efforts sous peine de voir la politique de la France dictée par les marchés financiers ».

Au lendemain du second tour, les tractations se sont intensifiées afin de remanier le gouvernement, après avoir été marqué par une « désaffection significative de celles et ceux qui nous ont fait confiance en mai et juin 2012 ». Lors de son allocution, dimanche soir, le Premier ministre a indiqué que le pays avait « besoin d’une équipe gouvernementale efficace et soudée » et d’une « majorité rassemblée ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com