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Jeux des îles en grand danger

L’organisation des prochains Jeux définitivement retirées aux Comores ?

Manuel Marchal / 20 février 2016

Alors que les prochains Jeux des îles avaient été attribués aux Comores, une décision du CIJ a confié cette responsabilité à Maurice. Le fiasco des Jeux organisés à La Réunion en août dernier, pour cause de politisation voulue par la France, n’est sans doute pas étranger à cette décision qui pousse les Comores vers la sortie. Les Jeux des îles vont-ils survivre ?

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En août dernier, la décision de ne pas respecter la Charte des Jeux des îles a été à l’origine d’un fiasco, conséquence de la volonté de la France de politiser les Jeux des îles 2015. Rappelons que lors de la cérémonie d’ouverture, la délégation de Mayotte avait défilé derrière le drapeau de la France. Cette décision a entraîné spontanément le départ du stade de la délégation comorienne. Cela remettait en cause le compromis trouvé pour assurer la participation des athlètes mahorais dans leur propre délégation à ce grand rassemblement de la jeunesse de l’océan Indien. Puis le gouvernement des Comores a choisi de retirer sa délégation.

Rappelons qu’à part la France et l’Union européenne, les autres pays du monde considèrent que Mayotte reste une partie de l’Union des Comores, conformément au résultat du référendum d’autodétermination de 1974, résultat que le gouvernement français a refusé de reconnaître. Sur les cartes de l’ONU, Mayotte apparaît comme un territoire sous administration française, et non pas comme un département français. Le droit international considère en effet que toutes les consultations organisées par la France à Mayotte depuis l’indépendance des Comores en 1975 sont nulles et non avenues.

Mépris d’un compromis unanimement accepté

Cette situation rend difficile la participation des Mahorais aux Jeux des îles, car leur île est au coeur d’un litige entre deux pays. Alors pour ne pas les exclure du plus grand rassemblement de la jeunesse de notre région, un compromis a été trouvé. Il se base sur la règle observée lors des Jeux olympiques pour permettre à des territoires à la souveraineté contestée de participer à l’événement : défilé derrière le drapeau des Jeux, et hymne des Jeux joué en cas de victoire dans une compétition. Cette règle est inscrite dans la Charte des Jeux adoptée à l’unanimité par les participants aux Jeux des îles.

Après le scandale de la cérémonie d’ouverture, les JIOI 2015 se sont alors poursuivis dans le plus grand désordre. Pour éviter que la Charte soit de nouveau violée, le CIJ dut interdire les hymnes nationaux et la levée des drapeaux lors des cérémonies de remise de médaille. Madagascar a été au bord de se retirer à la suite de plusieurs incidents.

Dans ce chaos, la seule note positive était la confirmation que les prochains Jeux des îles allaient se tenir aux Comores. Mais même ce mince acquis est remis en cause désormais.

Lors de la réunion du Conseil international des Jeux cette semaine, CIJ, la délégation des Comores a dû claquer la porte quand il a été dit que les prochains Jeux se dérouleront à Maurice.

Des arguments techniques sont opposés à la candidature comorienne. À supposer qu’ils soient vrais, ils pourraient être résolus par un geste de solidarité des autres participants, afin que les Comores puissent accueillir pour la première fois le plus grand rassemblement de la jeunesse de l’océan Indien.

Les Comores pénalisées pour vouloir respecter la Charte ?

Mais il semble clair que la véritable raison se trouve ailleurs. L’engagement pris par les Comores est le suivant : la Charte des Jeux sera respectée. Cela rend donc impossible le coup de force tenté à La Réunion par ceux qui ont cru bon de faire défiler les athlètes mahorais derrière le drapeau de la France, au mépris des règles acceptées par tous les représentants des sportifs. C’est ce respect des règles qui risque de coûter cher aux Comoriens. N’en pouvant plus d’être humilié, ces derniers nouent des contacts avec d’autres organisations sportives régionales. S’ils ne se tiennent pas aux Comores, les prochains Jeux des îles pourraient bien se faire sans délégation comorienne. Pourrait-on alors leur accorder le label de Jeux des îles ? Et si le coup de force d’août dernier est réédité, ne serait-il pas plus approprié de parler de « Jeux de la France de l’océan Indien » ? C’est ce concept de France de l’océan Indien, utilisé pour remplacer La Réunion et Mayotte qui est en train de tuer les Jeux des îles. Pourquoi est-il donc si compliqué de respecter les règles communément admises ?

M.M.



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  • Et pourquoi pas en effet les jeux de la France dans l’océan indien . il suffirait que les îles concernées redemandent à devenir françaises . Ce ne serait qu’une correction d’une erreur de l’histoire de France .Car si l’Ile de la réunion est restée française ce n’est pas parce qu’elle a demandé à rester française , mais parce que la France a consolidé par une loi ,celle du 19mars 1946 son statut d’Île Française . Ce statut de DOM qui était accordé également à l’Algérie avant qu’elle n’ait obtenu son indépendance , aurait pu être également accordé aux anciennes colonies qu’étaient l’ile de Madagascar et l’archipel des Comores . Peut être que si cela avait été les cas ces pays n’aurait pas demandé leur indépendance et aurait préféré rester dans le giron de la France et profité de sa solidarité pour accèder au développement dans tous les sens du terme .

    Si les populations de l’ancien empire colonial français avait compris réellement ce que la France pouvait leur apporter en conservant le statut de pays associé qui leur était proposé par le général De Gaule peut être qu’une grande partie d’entre elle serait encore française aujourd’hui et serait probablement moins misérable . Mais est il vraiment trop tard pour bien faire ?. pourquoi ne pourrions nous pas créer avec les iles de L’océan francophones de l’océan indien , une grande zone de de développement social , culturel et économique qui serait placée sous la responsabilité de la France ? chacun garderait son indépendance mais délèguerait une partie de sa souveraineté à l’Etat Français qui avec son appartenance à la Communauté européenne offrirait à ces pays pays francophones des perspectives de développement qu’elles ne pourraient jamais envisager seuls.

    Il ne s’agirait pas de recoloniser ces pays , mais de leur donner une nouvelle chance de de bénéficier des avantages que pourrait apporter un rattachement institutionnel à un ensemble géopolitique , culturel et économique qui ne serait plus basé sur l’exploitation des uns par les autres mais le partage et la solidarité . Il faudrait cerner ce que chacun peut partager et comment chacun pourrait être solidaire pour voir si cela est possible . Mais partage et solidarité sont des mots qui font rêver les hommes au grand coeur et à la générosité débordante ,mais qui ont encore du mal à devenir des réalités dans ce monde où l’objectif le plus important pour tout le monde est de devenir toujours un peu plus riches que les autres .

    Si l’histoire n’est qu’un éternel recommencement , il faudrait peut être que le monde entame une nouvelle étape de l’ère post coloniale qui regrouperait ceux qui ont gardés des affinités et des liens , sur d’autres principes que ceux qui ont justifiés la créations des empires coloniaux .

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