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Jeux des îles : « Traitre coup à La Réunion », écrit Al Watwan

La violation de la Charte des Jeux vue des Comores

Témoignages.re / 6 août 2015

Comment la décision politique de violer la Charte des Jeux construite par les sportifs a-t-elle été perçue aux Comores. L’éditorial publié le 4 août par Al Watwan donne une indication :

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La cérémonie d’ouverture des jeux des Îles de l’Océan indien a réservé aux spectateurs du stade Paul-Julius Bénard de Saint Paul une perfide surprise. En effet, contre toutes les dispositions prises ensemble, à l’encontre des arrangements arrêtés en commun, rompant tous les engagements solennellement contractés entre les gouvernements comorien, malgache, seychellois, mauricien et français, les organisateurs des jeux ont fait défiler la délégation maoraise derrière le drapeau français. La délégation comorienne s’est alors, comme un bloc compact qu’elle est, retirée des jeux des Îles de l’Océan indien de La Réunion, emportant avec elle notre drapeau unitaire, l’honneur et la dignité de la nation. Le gouvernement comorien a immédiatement publié un communiqué dénonçant avec gravité « la violation de la Charte et du Règlement intérieur de l’organisation des Jeux des Îles de l’Océan Indien… »

Par cet acte les petits pays peuvent constater, encore une fois, que les grandes nations comme la France peuvent agir par traîtrise, comme en embuscade, en contournant la parole d’honneur solennellement donnée.
On se rappelle que dès la première édition des Jeux des Îles, les Comores avaient légitimement posé le problème de la participation de Mayotte. La partie comorienne proposait à l’époque deux options : ou les jeunes sportifs maorais participent aux jeux sans délégation distincte, mais se fondent dans la délégation réunionnaise ; ou ils intègrent la délégation comorienne, l’objectif recherché par tous étant de ne pas isoler les jeunes sportifs maorais de leurs frères et sœurs de la région.

Les échanges entre les deux pays, les Comores et la France, puis entre les deux pays, d’une part, et les pays membres de la Coi, d’autre part, se sont intensifiés, à la suite desquels le compromis a été tout trouvé de faire participer Mayotte en tant que délégation distincte, mais sous le drapeau des Jeux, et nullement sous celui de la France. Les Comores ont montré ainsi que si elles peuvent accepter les compromis, elles refusent les compromissions, l’agenouillement et l’humiliation.

Déjà, pour cette édition 2015, les tracasseries consulaires de l’ambassade de France, inadmissibles pour une telle circonstance, et qui ont abouti à l’amputation de la délégation comorienne d’une partie de ses membres faute de visa d’entrée à La Réunion, étaient prémonitoires du traître coup qui attendait la délégation comorienne.

Il semble maintenant que ce machin de COI doive revenir à la case départ, pour reposer le débat sur ses principes fondateurs et ceux qui sont appelés à gouverner son fonctionnement et celui de ses diverses instances et structures.

Mohamed Abdou Soimadou



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  • Cher Monsieur, je suis assez d’accord avec votre propos. Mais vous faites une erreur qui induit le public en erreur : la COI -commission de l’océan indien - n’a rien à voir avec les jeux des iles qui sont organisés par le conseil international des jeux des iles -CIJ. Le problème, cela dit, reste entier : est-ce que la charte sera revue ? Si oui, cela risque d’être problématique pour les prochains organisateurs, nous, les comoriens ! soyons clairs : pas de révision d’une charte agréée par tous.

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