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Jeux des îles : un communiqué de Club Réunion montre-t-il que la France a tout gâché ?

Un service de l’État accusé d’avoir donné l’ordre de faire défiler Mayotte avec le drapeau français

Témoignages.re / 8 août 2015

« La préfecture de La Réunion a donné l’ordre de faire défiler Mayotte avec le drapeau français » : cet extrait d’un communiqué signé Club Réunion publié sur le site Imaz Press Réunion lance une grave accusation. Ce texte est publié depuis le 6 août sur Imaz Press Réunion.

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Un drapeau de Madagascar pris des mains d’une athlète : cette image avait suscité l’émotion dans l’île sœur. Le gouvernement malgache a donc pris les choses en main, et demandé des excuses. La délégation de La Réunion est intervenue pour prendre la défense de l’officielle mise en cause. Elle a publié un communiqué qu’elle a adressé à des médias. Ce texte est riche d’enseignements. Voici un extrait d’un communiqué du Club Réunion, paru le 6 août dernier sur le site d’Imaz Press Réunion :

« La préfecture de La Réunion a donné l’ordre de faire défiler, Mayotte, avec le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture. Ce qui est logique au regard du statut de Mayotte qui a évolué. En effet, l’île de Mayotte est devenue département français au même titre que La Réunion, depuis l’organisation des derniers jeux aux Seychelles. Il était donc normal pour l’Etat français de faire défiler ses deux départements sous l’étendard national.

Néanmoins, depuis les derniers jeux aux Seychelles, la charte des jeux n’a pas évolué au rythme de la départementalisation de Mayotte.
Ce qui explique que Les Comores aient marqué leur mécontentement en quittant la cérémonie d’ouverture pour non-respect de la charte des jeux. Cette charte stipule en effet que Mayotte doit défiler sous le drapeau des jeux et que chaque remise de médaille doit-être faite au son de l’hymne des jeux.

C’est pourquoi, les membres du CIJ de Maurice et des Seychelles, ont demandé à ce que la charte des jeux soit respectée. Si toutefois ce n’était pas le cas ils se retireraient des jeux, tout comme les Comores.

Face à ce dilemme, entre respecter la charte qui ne prend pas en compte l’évolution de Mayotte et respecter les directives de l’Etat français, alors que les jeux se passent sur le territoire national français, les membres du CIJ ont statué sur une décision neutre pour satisfaire l’ensemble des pays : les cérémonies protocolaires de remise de médailles devront se faire avec la seule montée du drapeau des jeux et le seul hymne des jeux. »

Publié pour prendre la défense de l’officielle mise en cause dans l’affaire du drapeau de Madagascar, ce communiqué lance tout d’abord une grave accusation. Il dit clairement que la France, par l’intermédiaire de la Préfecture, a donné un ordre aux organisateurs des Jeux des îles : celui de faire défiler Mayotte avec le drapeau français à la cérémonie d’ouverture des 9e Jeux des îles. Il rappelle ensuite que la Charte des Jeux des îles, adoptée par le mouvement sportif de l’océan Indien, prévoit que Mayotte défile sous les couleurs du drapeau des Jeux des îles. Ce qui s’est passé à la cérémonie d’ouverture le 1er août constitue donc une violation de cette Charte, ce qui explique le départ des Comores.

Arrive ensuite une autre information sur les coulisses de ces JIOI. Maurice et Seychelles voulaient suivre les Comores d’où l’application d’une mesure exceptionnelle : le drapeau et l’hymne des Jeux seront les seuls autorisés lors des remises de médailles.
Nous sommes le 8 août, à la veille de la cérémonie de clôture. 2 pays ont décidé de quitter ces Jeux, ce sont les Comores et Madagascar. 2 autres ont voulu le faire, précise le communiqué du Club Réunion, soit Maurice et les Seychelles. Sur la base de ce communiqué et des événements qui ont suivi, seuls La Réunion, île organisatrice, Mayotte et les Maldives n’ont pas eu à un moment ou un autre l’intention de quitter les 9e Jeux des îles. Cela fait trois îles sur sept…

Ce qu’écrit Club Réunion équivaut à dire que la France a gâché la fête, puisqu’elle est, d’après la délégation réunionnaise, à l’origine de la décision qui a poussé les Comoriens au départ, ce qui a entraîné le retrait des hymnes et drapeaux nationaux des cérémonies protocolaires. Ce communiqué dit clairement que c’est le politique qui est venu s’immiscer dans les affaires des sportifs, ce qui a entraîné la situation que l’on connaît aujourd’hui.

Voir en ligne : Pour lire le communiqué en intégralité



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  • Le port de notre drapeau tricolore bleu blanc rouge serait il devenu un crime pour que l’on puisse accuser les services de l’Etat d’avoir exigé que les mahorais l’utilisent pour défiler à l’occasion des JIOI ?

    Emile zola ,qui restera dans la mémoire de tous les français notamment par son "J’ACCUSE" à l’occasion de la terrible affaire Dreyfus, doit se retourner dans sa tombe en entendant ces mots .Car on ne porte une accusation envers quelqu’un que lorsqu’il a commis une faute . Comment l’ordre de porter notre drapeau à des ressortissants français sur le sol d’un territoire français peut -il être montré du doigt comme s’il s’agissait d’une faute ?

    Il y a des limites à ne pas franchir . Car en accusant une autorité régulièrement constituée et agissant dans le cadre de ses fonctions d’avoir commis une faute en demandant le port du drapeau national français , c’est la nation française toute entière que l’on accuse , c’est l’autorité de l’Etat Français que l’on bafoue .

    Le drapeau est le symbole le plus sacré de notre république , il est porté sur tous les bâtiments officiels et permet l’expression des sentiments de la nation à l’occasion des évènements auxquels elle donne de l’importance que ce soit pour exprimer la joie ou la tristesse . Le drapeau nous permet de nous rassembler et de nous démarquer par rapport aux autres, et en le portant nous revendiquons notre identité de Français . S’élever contre le port du drapeau français c’est porter atteinte à l’honneur de la France et de tous ceux qui se rassemblent derrière ses couleurs .

    La délégation comorienne a voulu profiter de l’occasion des JIOI pour porter de nouveau aux yeux du monde le problème de l’attribution de la nationalité française aux mahorais malgré une opposition de certaines institutions internationales. Mais ce n’était ni le le lieu ni le moment, car les JIOI n’ont pas vocation à régler des problèmes politiques nationaux ou internationaux, et on peut regretter que les comoriens aient décidé de quitter avec fracas cette rencontre internationale dédiée exclusivement au sport pour arriver à leurs fins . Mais ce n’est pas la première fois que ces JIOI sont organisés, et à chaque fois les athlètes qui ont participé, ont défilé en portant le drapeau de leur pays . Cette tradition du port des drapeaux nationaux par les participants des manifestations sportives internationales est appliquée partout dans le monde. Il est regrettable qu’elle n’ait pu être appliquée à la Réunion à l’occasion de ces JIOI sous prétexte qu’il y a une disposition de la charte des jeux qui stipule que les mahorais ne doivent pas défiler sous le drapeau français . Cette disposition de la charte des jeux était peut être tolérable, bien que fondamentalement injuste puisqu’elle constituait une violation d’un droit fondamental de s’exprimer d’un peuple , AVANT que les mahorais n’aient manifesté presque à l’unanimité leur volonté de s’intégrer définitivement dans la nation française , mais DEPUIS que cette volonté a été manifestée clairement et de manière incontestable et qu’elle a été acceptée par la France, par l’octroi à Mayotte du statut de département Français , elle devient carrément une abomination qui ne peut être légitimement invoquée par qui que ce soit .

    La France n’a pas à obéir a des dispositions qui portent atteinte à l’honneur et aux droits de ses ressortissants et en tout cas de personnes devenues des citoyens français . Et le préfet de la Réunion n’a fait que son devoir en demandant que les sportifs français (qu’ils soient réunionnais ou mahorais) participant à ces JIOI défilent sous le drapeau français .

    Que le comité des JIOI ne l’ait pas suivi dans cette démarche en demandant que tous les sportifs ne défilent que sous le drapeaux des JIOI (ce qui pourrait être considéré comme un refus d’obéissance à une autorité légitime ) et qu’une responsable des jeux ait cru en plus, bien faire , en s’opposant au port du drapeau malgache par un des sportifs malgaches à l’occasion de la remise des sa médaille ,(provoquant ainsi une colère bien légitime des autorité malgaches qui ont vu dans ce geste une atteinte à leur souveraineté, car pour eux aussi le drapeau est un symbole sacré), on peut le regretter sincèrement, vu la tournure prise par les évènements . Mais ceux ci ,aussi graves qu’ils puissent être, ne doivent pas justifier une accusation de faute à l’encontre du représentant de la France ,qui après tout n’a fait que la représenter dignement .

    Chacun est libre d’avoir son opinion sur le bien fondé ou pas de la démarche des comoriens qui réclament le retour des mahorais dans la république islamique des Comores ,(un retour qui conduirait ces derniers à avoir un revenu ANNUEL moyen de l’ordre de 900 euros alors qu’ils bénéficient actuellement d’un SMIG français MENSUEL supérieur à cette somme ), mais il faut se garder de bafouer l’autorité de la France exercée par l’intermédiaire du préfet . Aujourd’hui on conteste sa décision d’avoir demandé le port du drapeau français et on l’accuse comme s’il avait commis en ce faisant une faute grave .Mais si on continue sur cette lancée , demain on brulera ce même drapeau sur la place publique, comme le font déjà certains de nos ennemis situés dans d’autres régions du monde plus au nord qui voudraient saper notre devise :liberté égalité fraternité.

    Il y a des dérives que l’on se doit d’éviter à tout prix quand on porte une carte nationale d’identité française.

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