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Jusqu’où Didier Robert compte-t-il se servir de l’UMP à La Réunion ?

Perte du Conseil général, quatre défaites dans quatre élections…

Manuel Marchal / 21 novembre 2009

Après l’annulation du chantier de la rocade (100 millions d’euros), Didier Robert veut passer à l’étape supérieure. Il tente de faire annuler le chantier du tram-train, c’est-à-dire qu’il souhaite priver La Réunion d’un investissement de 1,5 milliard d’euros soutenu pourtant par plusieurs responsables locaux de l’UMP. L’UMP ne serait-elle qu’un simple marche pied pour des ambitions personnelles ? Le précédent d’Objectif Réunion fait en tout cas réfléchir.

Au lendemain des élections municipales de 2007, chacun constate que le député-maire du Tampon a pris la direction idéologique de la fédération réunionnaise de l’UMP. Deux ans et demi plus tard, quel est le résultat.
Les faits sont têtus, ils décrivent un recul du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Le parti du gouvernement s’est en effet exclu tout seul de la majorité du Conseil général. Il a ensuite marqué un recul lors des élections cantonales et municipales partielle de septembre dernier, voilà pour le bilan électoral. Quant aux projets pour faire face aux défis immédiats et à long terme, c’est le vide, et l’opinion retient surtout l’opposition de Didier Robert au tram-train, un projet auquel le gouvernement UMP est pourtant « très attaché » comme l’a encore rappelé hier Luc Chatel, ministre de l’Éducation sur les ondes de RFO-Télé.
D’où alors cette question : quel est l’objectif de la relation entretenue par Didier Robert avec l’UMP ? Le retour sur quelques événements marquants des deux dernières années de l’actualité politique amène en effet à s’interroger.
Tout d’abord, en mars 2008, Didier Robert inaugure une stratégie : sortir le sortant. Il est en effet à l’origine de la tentative d’éviction de la présidente sortante du Conseil général au lendemain des cantonales de mars 2008. Un fin stratège en effet décide de construire un groupe qui s’autoproclame majoritaire. Résultat, ce groupe est incapable de réunir un quorum, et devient trois jours plus tard l’opposition lorsque la présidente sortante est reconduite par une majorité de rassemblement, conforme aux résultats des élections.
Aussitôt, la direction nationale de l’UMP et la présidente sortante sont accusés par les victimes du fin stratège d’être responsable de ce fiasco. La première visite d’Yves Jégo, nouveau secrétaire d’État à l’Outre-mer, à La Réunion est boycottée. Didier Robert et ses amis annoncent leur rupture avec l’UMP, et la décision de créer Objectif Réunion. Le maire du Tampon entraine avec lui un autre parlementaire, le secrétaire départemental de l’UMP, 11 conseillers généraux et plusieurs maires.
Ce nouveau mouvement voulait affirmer la différence avec Paris. Le 9 septembre 2008 dans "le Quotidien", Didier Robert précisait quels allaient être les rapports entre Objectif Réunion et l’UMP. Objectif Réunion est « dans l’opposition au Conseil général ». Et sur l’éventualité de la participation d’élus d’Objectif Réunion à la création d’un groupe UMP et apparenté au Conseil général, Didier Robert affirme que « nous pourrons en faire partie que si le groupe reste dans l’opposition et ne se rallie pas à la majorité de gauche ».
Le 14 septembre 2008, Objectif Réunion tient sa première assemblée avec comme délégué général Didier Robert. Il devait être porteur d’un projet politique susceptible de rassembler des électeurs pour les régionales. Et depuis plus rien…
Et quatre mois plus tard, le 24 janvier, à la grande surprise de ses amis d’Objectif Réunion Didier Robert entre au Conseil national de l’UMP. Force est de constater qu’Objectif Réunion a été utilisé comme un marchepied pour satisfaire une ambition personnelle : entrer dans la direction de l’UMP à Paris.
Mais lorsque le président de la République lance les États généraux, Didier Robert n’allait rien faire pour contribuer à la réussite de cet événement. Aussi curieux que cela puisse paraître, sa commune allait pourtant hériter du privilège d’héberger la rencontre du Premier ministre et des présidents d’atelier, une réunion retransmise en direct à la télévision par RFO. Curieux, car au lendemain de la publication de la synthèse des ateliers réunionnais des États généraux, Didier Robert donnait l’ordre au groupe UMP du Conseil régional de refuser de participer à une réunion conjointe de la Région et du Département portant justement sur la contribution à apporter aux États généraux lancés par le gouvernement.
Vient maintenant sur le devant de la scène un autre volet de cette stratégie : Didier Robert tente d’empêcher la construction du tram-train, sur lequel se sont engagés pourtant non seulement le gouvernement, mais aussi des élus de l’UMP à La Réunion. Qui compte tirer le plus de bénéfice de cette stratégie ?

M.M.


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