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"L’action" selon Didier Robert : la destruction massive d’emplois

Première décision : arrêter la MCUR

Manuel Marchal / 24 avril 2010

Didier Robert dit situer sa mandature dans l’action. Lors de la première séance plénière du Conseil régional suivant son élection à la présidence, il a donné la définition de l’action. "L’action", c’est la destruction massive d’emplois.

Invité mercredi soir sur le plateau de RFO-Télé pour soutenir les décisions que la nouvelle direction de la Région avait voté quelques heures plus tôt, Didier Robert n’eut de cesse de dire qu’il place sa mandature sous le signe de « l’action » et qu’il veut « aller vite ».
Dans "Témoignages" d’hier, il a été expliqué qu’agir c’est faire et non pas défaire. Mais le nouveau président de la Région a bel et bien décidé de bousculer les définitions du "Petit Robert". Que signifie donc "l’action" selon Didier Robert ?
La réponse se situe justement dans les actions menées par Didier Robert depuis son arrivée à la tête de la Région.
Dès son élection, il se rend à Paris pour rencontrer le président de la République et le Premier ministre. Le seul bilan concret est l’annonce d’une réunion de travail avec François Fillon pour remettre en cause le Protocole de Matignon, soit plus de 2 milliards d’euros signés engageant l’État, l’Europe et la Région.
Deux semaines plus tard, à la sortie de Matignon, Didier Robert est bien le seul à affirmer qu’il a réussi à obtenir l’arrêt du tram-train et le basculement des crédits vers un route du littoral à 6 voies, cette route étant sans doute d’un qualificatif dépassant celui de "pharaonique" car jusqu’à présent, les opposants à l’ancienne équipe dirigeant la Région n’ont pas encore réussi à trouver le bon mot. C’est pourtant facile : 1,5 milliard d’euros pour 12 kilomètres, qui dit mieux ?
En tout cas, les porte-paroles de Didier Robert ont le temps de chercher, car personne n’est capable de dire quand ce chantier pharaonique pourra commencer et encore moins s’il a une chance d’être livré.
Ceci étant, si Didier Robert dit vrai, alors sa décision consiste à supprimer tout de suite les 4.000 emplois qui peuvent être créés dès cette année avec le chantier du tram-train. Quand à tous ceux qui comptent travailler sur la nouvelle route du littoral l’an prochain, ils pourront attendre longtemps.
Voilà donc ce la définition de "l’action" selon Didier Robert.
Une semaine plus tard, la nouvelle direction de la Région décide de retirer la collectivité du projet MCUR, lui aussi prêt à démarrer. Ce sont encore des emplois supprimés.
Mercredi, la FRBTP a tiré la sonnette d’alarme en demandant où sont passés les chantiers qui auraient permis de sauver 25.000 emplois ?
Didier Robert a donc été conforme à son discours. Il est allé vite, et avec lui, il y a eu de l’action. En un mois, il a donc fait des déclarations qui, si elles se concrétisent, supprimeront 25.000 emplois et seront à l’origine de grands retards dans le développement de notre pays. "L’action" selon Didier Robert, c’est la destruction massive d’emplois, et le nouveau président de Région veut aller vite.

M.M. 


RFO complice de la destruction ?

Deux jours après le vote de la nouvelle direction de la Région pour la suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, la commune du Port a montré le sens littéral de "l’action" : créer les conditions de l’emploi. C’est le projet du Zénith qui est présenté et qui sera à n’en point douter une bouffée d’oxygène pour de nombreuses entreprises du BTP.
Mais cela n’a pas été du goût du responsable de la ligne éditoriale du journal télévisé d’hier soir sur RFO. Car selon ce dernier, « il faudra être patient », ce ne sera « pas avant 4 ans ».
Voici tout de même un parti-pris pour le moins étonnant car mercredi dernier, RFO-Télé a accordé 20 minutes à Didier Robert pour expliquer sa politique de suppression des grands chantiers placée, sous le vocable d’"action". Mais pris sans doute dans le feu de l’action, Didier Robert a alors été incapable de présenter un seul projet, et encore moins de donner la moindre date de réalisation. Il a même oublié de faire le point sur l’avancement des 2.000 bus qui remplaceront le tram-train et qui doivent rouler dès cette année !
Mais pour RFO-Télé, pas question de faire preuve de la moindre impatience, ou de se hasarder à pronostiquer quelque chose comme « pas avant 4 ans ». Cela est peut être dû à la célérité des arguments de Didier Robert qui a pris de vitesse l’esprit critique de la télé publique. À moins que du côté de la station du Barachois, le retour des fantômes de l’ORTF et de FR3 encourage le service public à devenir le complice de la destruction massive d’emplois ?


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