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L’Alliance a rendez-vous avec l’histoire

Elections régionales

Geoffroy Géraud-Legros / 9 février 2010

Chaque fois que l’histoire a placé La Réunion à la croisée des chemins, c’est l’alliance des Réunionnais qui a permis d’engager le pays sur la voie du développement et des grandes transformations. Réunissant des hommes et femmes d’horizons différents autour d’une ambition réunionnaise, "l’Alliance" porte l’héritage de 12 années qui ont engagé une dynamique de développement sans précédent dans le pays. Cet élan sera-t-il brisé ? Tel est l’enjeu du scrutin régional.

En 1945, le Dr Raymond Vergès crée le Comité républicain d’action démocratique et sociale… (CRADS). La construction de ce front élargi, qui rassemble tous les Réunionnais de progrès au-delà de leurs différences, permet une évolution décisive : c’est sous la bannière du CRADS que les députés Raymond Vergès et Léon de Lépervanche arrachent définitivement La Réunion au statut colonial par la Loi du 19 Mars 1946.
Cette évolution qui vise avant tout à instaurer l’Egalité sociale déclenche la réaction des piliers de la société de plantation et de leurs alliés conservateurs dans la sphère du pouvoir parisien. Soixante-trois ans plus tard, presque jour pour jour, La Réunion fait à nouveau face à un choix décisif : allons-nous poursuivre la voie du développement et de l’émancipation engagée au cours des deux précédents exercices du Conseil régional ? Ou notre île sera-t-elle livrée à ceux qui disent bien haut leur refus des grandes transformations, ou encore aux éternels hésitants à qui le sens du moment historique semble échapper ? Une fois encore, l’alliance des Réunionnais engagés sur la voie du progrès est la clef de ce moment décisif.

Dépassement des clivages

Développement du réseau routier, lancement du Tram-train, marche à l’autonomie énergétique et alimentaire, initiative de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR)… Chacun de ces grands projets initiés depuis 1998 a été confirmé par l’action de l’Alliance, qui, depuis 1998 a engagé un mouvement de développement d’une intensité unique dans notre histoire. A l’instar du CRADS qui l’a précédée de plus d’un demi-siècle, l’Alliance repose avant tout sur le dépassement d’une série de clivages : clivages entre les étiquettes de partis ; clivages entre "monde politique" et "société civile" ; clivages entre "jeunes" et "vieux"… L’Alliance se présente comme une fédération des talents et des volontés, qui, dans le respect de l’identité de chacun, réunit toutes celles et ceux pour qui la construction d’un présent et d’un avenir plus juste pour les Réunionnais passe au premier plan. En deux mandats, cette formule a montré son aptitude à lancer La Réunion sur le chemin du développement durable, qui est plus que jamais la réponse aux immenses problèmes qui accablent encore notre société.

Un nouveau tournant historique

Depuis 1946, les termes du choix n’ont jamais sans doute été posés aussi clairement : malgré un rattrapage impressionnant des retards hérités du passé, La Réunion demeure traversée par un gouffre entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Dans La Réunion d’aujourd’hui, seule une frange de la population dispose des moyens de vivre décemment, d’avoir accès aux loisirs et à la consommation… et même de s’en enivrer. Mais le monde du plus grand nombre demeure celui de la pauvreté, de la précarité, du chômage et de l’exclusion. Aujourd’hui, 52% des Réunionnais sont au-dessous du seuil de pauvreté ; 120.000 subissent le handicap de l’illettrisme ; le chômage touche plus de 30% des actifs. Ces déficits "plombent" la nouvelle génération, où plus d’un jeune sur deux ne parvient pas à trouver un emploi. A ces problèmes sociaux s’ajoutent celui de l’accroissement continu de notre population : de 800.000 aujourd’hui, celle-ci passera à 1.000.000 en 2025. En plus d’une refonte complète des équipements (dont le transport), ce bond démographique nécessite la conquête de l’autonomie alimentaire et énergétique, pour mettre fin à la dépendance qui pèse sur un peuple en pleine ascension . L’urgence est d’autant plus grande que la mondialisation n’épargne pas La Réunion : sans que les Réunionnais aient eu leur mot à dire, un système d’échange ultralibéral est discrètement mis en place dans la zone, au moment même ou les aides européennes à nos productions sont remises en question au niveau européen. Ces problèmes sont imbriqués les uns dans les autres. La solution ne peut passer que par un programme global visant à la création d’emploi par l’aménagement durable du territoire, à l’autonomie dans le domaine de l’énergie et de l’alimentation, et à l’instauration de rapports économiques équitables avec les Etats voisins. La livraison de la Route des Tamarins et son appropriation par les usagers a donné un signe éclatant de l’efficacité du pacte de développement entre l’Alliance et les Réunionnais. Chacun peut constater que l’action de la Région est engagée sur de nombreux autres fronts : aux quatre coins de La Réunion, éoliennes et panneaux solaires témoignent de la marche vers l’autonomie énergétique ; le chantier du Tram-train est prêt à démarrer ; la culture réunionnaise a été portée à la connaissance du monde grâce à l’action de la MCUR et du Pôle régional des musiques actuelles ; l’inauguration récente d’un Consulat général de Chine a signalé, il y a quelques jours encore, l’émergence d’une diplomatie au service des Réunionnais… On pourrait multiplier les exemples, qui signalent un décollage de notre pays.

Reconduire le pacte de progrès

Les projets engagés pourront-ils être menés à leur terme ? Tel est l’immense enjeu de ces élections. Comme ce fut le cas lors de la rupture avec le régime colonial, le développement provoque aujourd’hui une réaction des archaïsmes dans tous les domaines. Didier Robert, chef de "l’Union" issue du regroupement de l’UMP et d’autres forces conservatrices, n’a-t-il pas donné lui-même l’exemple du refus du progrès et de la création d’emploi, en arrêtant brutalement le grand chantier de la rocade du Tampon ? Le programme électoral est à l’image de cette prise de position : il n’y est question que de démolition, de pannes de chantier souhaitées et annoncées, de fermetures d’organismes publics… Pour ne rien dire de la dimension internationale, totalement ignorée par le tandem Virapoullé-Robert. On a ainsi pu entendre les porte-parole de "l’Union" annoncer froidement leur volonté d’interrompre le chantier du Tram-train, au moment même où les entreprises du BTP, sources d’emploi majeures dans notre pays, tirent la sonnette d’alarme auprès du Conseil régional ! Que dire, en parallèle, des déclarations d’une tête de liste PS, qui ne sont qu’hésitations, reculades, tergiversations et déclarations ambiguës, là où l’histoire commande d’accomplir des choix décisifs, courageux et tranchants ? L’examen des forces en présence montre qu’une fois encore, seule l’Alliance des Réunionnais pourra maintenir notre pays sur la lancée du progrès.

Geoffroy Géraud-Legros


Mais qui est donc sur la liste de Didier Robert ?

A défaut de prêter intérêt aux programmes des courants politiques qui s’affronteront le 14 mars prochain, deux quotidiens réunionnais à grand tirage s’interrogent sans fin sur l’identité des hommes et des femmes politiques qui composeront les listes. En cette période électorale, la presse fait étalage de prédictions plus ou moins heureuses, mais rarement argumentées, chacun y allant de "sa" liste. Depuis quelques jours, on constate une complète dissonance entre les prophéties du JIR et celles du Quotidien, nos confrère ayant semble-t-il beaucoup de mal à accorder leurs violons. Ainsi, pour le JIR, la liste de "l’Union" réunirait dans l’ordre Didier Robert, Margie Sudre, Jean-Paul Virapoullé, Yolaine Costes, Dominique Fournel…
Il faut croire que les sources d’information ou d’intuition du Quotidien sont totalement étrangères à celles où puisent le Journal de l’Ile, tant est différente la "liste" pressentie par notre confrère dans un long article consacré aux tractations menées par le Député-maire du Tampon. Cette fois-ci, la seconde place est attribuée d’autorité à Virginie K/Bidy ; Yolaine Costes étant pour sa part rétrogradée à une position non précisée… Implacablement, Margie Sudre est menacée de ne pas figurer parmi les candidats. On imagine avec quelles angoisses les candidats à la candidature attendent les prédictions quotidiennes fournies par nos deux confrères…

G.G-L


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