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L’Alliance des compétences

Sanjiv Dinama / 15 février 2010

Philippe Jean-Pierre et Dominique Dambreville illustrent l’Alliance des compétences. Cette Alliance souligne la convergence des luttes au sein de toutes les couches de la population. C’est ce qui explique la présence ce dimanche matin de nombreux militants au premier meeting de l’Alliance qui s’est tenu au Parc Exotica de Pierrefonds. Voici quelques interventions.

• Philippe Jean-Pierre, économiste

« La croissance doit être au service d’un modèle »

« La Réunion doit relever des défis. Il faut une capacité à répondre à ces défis. Tout ce qu’on va faire dans ces prochaines années doit répondre à une stratégie. Il faut répondre non seulement à un objectif de court terme, mais également de long terme. L’Alliance est la plus représentative de La Réunion de demain. Le candidat jeune, c’est celui qui a le plus d’expérience.
La solution au problème n’est pas d’arrêter les chantiers et de casser. Il faut aujourd’hui de la relance, de la croissance et du développement.
La réalité, on connaît, c’est le démarrage des chantiers. La croissance ne se trouve pas uniquement dans le sous-sol. Rappelons que la croissance est le moteur du développement. Cette croissance, on est capable de la trouver. La croissance doit être au service d’un modèle. Le gâteau doit être partagé, la richesse doit être réparti équitablement : pas quelques Réunionnais devant et les autres à terre. Demain doit être construit avec tout le monde. On est tous au service d’un projet. Le 14 mars, on va basculer la Réunion dans un autre monde ».

• Dominique Dambreville, auteur

« Travailler ensemble pour lutter contre l’illettrisme »

« Dans le domaine de l’éducation, de l’illettrisme, j’ai une longue expérience de pratique. Dès que la sollicitation est tombée, j’ai dit oui. Il est vrai que là, c’est une autre étape. Partager un projet pour développer la lecture. Des choses ont été faites jusqu’à présent. Il s’agit maintenant d’insister sur le préventif plus que le curatif. Il s’agit de ne pas donner la parole uniquement à l’expert, mais aussi au citoyen. Donner la parole au plus démuni. On doit partager le projet avec eux. Ce qui sont écrasés par leur malheur ont tendance à s’isoler.
Il s’agir aujourd’hui de travailler avec tous les acteurs, toute la population. Il s’agit d’apprendre à lire pour s’épanouir dans son statut de citoyen, pour partager les projets réunionnais. On ne peut pas parler d’alliance si une frange de la population est isolée ; si elle ne peut pas lire. C’est un projet d’une grande importance. Il faut être généreux et apprendre à faire ensemble. Il s’agit de travailler au-delà de l’équipement et aller voir les causes de l’illettrisme à La Réunion. Pourquoi certains n’arrivent pas à lire ?
Il faut mesurer les effets des actions mises en place. Il s’agit de transformer l’école, répondre à la question : qu’est-ce qu’une école réunionnaise ?
Il faut tenir compte du contexte dans lequel nous vivons. Qu’est-ce qu’on met autour d’une école ? Il faut travailler avec les familles et les parents. Il s’agit d’avoir un grand projet intellectuel en mettant en réseau l’éducation, la formation et l’insertion et ne pas isoler l’illettrisme comme un dossier à part. Il faut un projet à visage humain, une solidarité des citoyens et plus particulièrement les familles les plus démunies. La démocratie d’un pays se mesure par son taux d’illettrisme. »

Propos et photos recueillis par Sanjiv Dinama


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