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L’annonce aujourd’hui du calendrier d’application du Conseil interministériel sur l’Outre-mer ?

À 18 heures à Saint-Denis, les vœux du Président à l’Outre-mer

Geoffroy Géraud-Legros . Manuel Marchal / 19 janvier 2010

Deux mois après les mesures du Conseil interministériel pour l’Outre-mer (CIOM) annoncées et commentées par le Président de la République, ce dernier vient à La Réunion pour prononcer ses vœux à l’Outre-mer. L’annonce du calendrier d’application serait un prolongement majeur à ce que le chef de l’État a appelé la plus grande concertation jamais lancée Outre-mer. À quand de nouveaux moyens et une présidence indépendante pour l’Observatoire des prix et des revenus ? À quand le lancement de la campagne de prospection pour la géothermie ? À quand l’engagement d’efforts pour accompagner le développement de transports collectifs dans l’esprit du Grenelle de l’Environnement ?

Quand le 19 février 2009, le Président de la République réunit les parlementaires de l’Outre-mer à l’Élysée, l’Outre-mer est secoué par une crise sociale généralisée. La revendication portant sur les prix des carburants s’est considérablement élargie. Toutes les couches de la population sont dans la rue pour faire avancer leurs demandes urgentes. Face à cette situation, le chef de l’État affirme devant les parlementaires qu’un cycle historique se termine, et qu’il lance la plus grande consultation jamais organisée Outre-mer : les États généraux. Autrement dit : aux populations de s’exprimer pour faire des propositions en vue de participer à un changement structurel.
Le processus s’enclenche et il est marqué par une synthèse propre à chaque territoire. Cette synthèse est présentée à La Réunion le 30 juillet 2009. Toujours à La Réunion, les élus du Conseil général et de la Région adoptent le 26 août 2009 un document commun qui est leur contribution aux États généraux. Ce projet devient aussi celui des communes qui adoptent des délibérations allant dans ce sens.
Les propositions sont alors transmises à Paris. Elles débouchent sur la tenue du premier Conseil interministériel sur l’Outre-mer (CIOM) le 6 novembre dernier à l’Élysée. À cette occasion, Nicolas Sarkozy annonce et commente une partie des 137 mesures décidées lors de ce conseil (voir encadré).
Outre le contenu, le Président de la République précise également la forme, avec la création de Comités de suivi des mesures décidées lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer. Après le temps de l’organisation, après le temps de la concertation, et après le temps de la décision vient logiquement le temps de l’application.
Ce soir, le Président de la République va s’adresser à tout l’Outre-mer, c’est la première fois qu’il va communiquer spécifiquement en direction de tous ceux qui sont concernés par les États généraux et par les décisions qui ont suivi. Le discours de Saint-Denis sera-t-il un rendez-vous avec l’Histoire ?

Manuel Marchal


Monsieur le Président, où est le calendrier d’application des mesures annoncées le 6 novembre ?

Nicolas Sarkozy s’est posé hier sur le sol réunionnais. Il était permis de penser que le programme de ce séjour du chef de l’Etat permettrait une rencontre avec les élus réunionnais et un examen au fond de leurs positions et prises de position. Car deux mois après les annonces du CIOM, présentées comme décisives par le Chef de l’Etat lui-même, il ne s’est rien passé. Une population accablée par la crise attend désormais des mesures concrètes : il est donc plus que temps de donner aux mesures du CIOM un agenda d’application d’urgence. Vie chère, emploi, pauvreté, illettrisme… tous les fléaux qui frappent l’Outre-mer ont fait l’objet de réflexions, de prise en main, de propositions qui ont été reconnues et validées au plus haut niveau. Personne ne comprendrait qu’aujourd’hui, ces tentatives de résoudre la crise ne trouvent pas un calendrier d’application.

G.G.L.


Qui a élaboré le programme de la visite présidentielle ?

Plusieurs éléments du programme organisant le séjour du chef de l’Etat dans notre île laissent perplexe. En premier lieu, la décision de faire atterrir l’avion présidentiel à Pierrefonds et non à Gillot donne à penser.
Qui veut éviter que le Président de la République ne rencontre le maire de Sainte-Marie ?
De plus, au contraire de ce qui s’est passé aux Antilles, le Président de la République ne rendra pas dans notre île d’hommage aux Réunionnais tombés pour la défense et la liberté de la République. Comment interpréter un tel défaut d’intérêt des organisateurs de ce séjour pour un épisode de notre histoire au cours duquel la fidélité des Réunionnais aux valeurs de la République s’est exprimée de manière si intense, alors même que c’est par un rapport de ce temps fort que Nicolas Sarkozy a entamé le discours solennel de l’Elysée ?
D’autre part, on est surpris de remarquer la présence d’Eric Raoult parmi les membres de la délégation qui se rend dans notre île. Les Réunionnais n’ont pas oublié qu’il y a quelques mois, venu « arbitrer » le conflit qui opposait Alain Bénard à Cyrille Melchior, Eric Raoult avait en pleine campagne injurié de manière inacceptable la candidate à la mairie de Saint-Paul. Vient-il présenter ses excuses à Huguette Bello et au PCR ?

G.G.L.


Des journalistes présents par éclipse

Arrivé de Mayotte hier aux environs de 19h00, l’avion transportant le chef de l’Etat et le "pool presse" venu de France s’est posé à Pierrefonds. Là, le Président a rendu les honneurs militaires et reçu l’accueil républicain du représentant de l’Etat, avant de se rendre au Palm Hôtel de Petite-ile.
Quant aux journalistes venus dans l’avion présidentiel, ils sont repartis à l’autre bout de l’île. Ils reprendront ce matin la route en sens inverse pour Saint-Pierre, afin d’assister à la présentation du Projet GERRI.
Exit, en revanche, la presse nationale pour le déplacement du chef de l’Etat à la Palmeraie du Tampon : après avoir parcouru 10.000 kilomètres, les membres du "pool" de journalistes feront donc trois fois l’aller-retour entre Saint-Denis et Saint-Pierre. C’est pourtant cette inauguration de palmiers qui devait être le temps fort de la visite du chef de l’Etat. Pourquoi dès lors, évincer la presse nationale ? L’"événement" n’aurait-il finalement que peu de signification, ou les organisateurs estiment-ils que les journalistes venus de l’Hexagone sont incapables d’en comprendre la portée ?

G.G.L.


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