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L’application du désistement républicain par Vlody au Tampon : la gauche perd 2.000 voix !

Un enseignement très précieux des législatives de 2007

Manuel Marchal / 30 mai 2012

En 2007 au premier tour, Jean-Jacques Vlody et Paul Vergès obtiennent ensemble 10.159 voix. Jean-Jacques Vlody se désiste en faveur de Paul Vergès, mais au second tour le candidat du PCR n’obtient plus que 8.063 voix, soit 20% de moins ! Comment expliquer cette déperdition dans la commune où Jean-Jacques Vlody a fait plus de la moitié de ses voix aux législatives ?

En 2007, dans l’ancienne 3éme circonscription, le poids de la commune du Tampon était décisif avec 44% des votants au premier tour. Il était clair que le résultat obtenu par les candidats dans cette commune allait déterminer le score final.
Au soir du 1er tour, Jean-Jacques Vlody arrive en 3éme position derrière Paul Vergès. Didier Robert est en première position. Le danger d’une victoire de l’UMP est réel. Le candidat socialiste ne peut pas se maintenir, il se désiste donc.
En cas de désistement, il est logique que le candidat qui en bénéficie puisse comptabiliser un nombre de voix supérieur à celui des voix obtenues par chacun des candidats concernés au premier tour.

Le poids décisif du Tampon

Il est donc clair que le désistement de Jean-Jacques Vlody pour Paul Vergès devait être aussi actif et loyal que celui d’Élie Hoarau pour Patrick Lebreton dans la 5e circonscription. Et c’est au Tampon que tout allait se jouer.
En effet, c’est là que Vlody a obtenu plus de la moitié de ses voix au premier tour : 7.581 rien qu’au Tampon, sur un total de 13.355 sur toute la circonscription.
Premier indice révélateur du second tour : la participation augmente partout de manière importante sauf au Tampon. La commune ne représente plus que 41% des votants au second tour pour 44% au premier.
Mais le plus grave est à venir.
Au moment du dépouillement, c’est la stupeur. Alors qu’au premier tour, 10.159 électeurs du Tampon avaient voté pour Paul Vergès et Jean-Jacques Vlody, seulement 8.063 avaient glissé un bulletin Paul Vergès au second tour. C’est une déperdition de 20%.
Pendant de temps, Didier Robert voyait son score passer de 16.866 voix à 24.468 au second tour, c’est une hausse de 50%.

Vlody a-t-il une explication ?

Étant donné le poids électoral de la commune du Tampon dans la 3e circonscription, l’avance prise par Didier Robert dans cette ville lui assurait d’être élu en 2007.
Appliqué par Jean-Jacques Vlody au Tampon, le désistement républicain a fait reculer la gauche de plus de 2.000 voix au lieu de la faire progresser, et a porté un coup fatal à ses chances de battre l’UMP dans la 3e circonscription. Le 29 janvier dernier, Paulet Payet a donné par écrit au "Quotidien" une explication à cette application bien particulière du désistement républicain par Jean-Jacques Vlody. Il serait très intéressant que Jean-Jacques Vlody donne la sienne dans les mêmes conditions.

M.M.

Des faits surprenants

10 juin 2007 : Paul Vergès et Jean-Jacques Vlody obtiennent un total de 10.159 voix au Tampon, au premier tour des élections législatives.

Le 11 juin 2007, Jean-Jacques Vlody décide d’appliquer le désistement républicain en faveur de Paul Vergès arrivé devant lui au premier tour.

17 juin 2007 : Paul Vergès obtient 8.063 voix. Au lieu d’insuffler une dynamique de rassemblement, l’application du désistement républicain par Jean-Jacques Vlody a provoqué un recul de la gauche.


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