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L’autosuffisance alimentaire

La justesse des thèses du PCR —3—

Témoignages.re / 4 juin 2013

Dans ses thèses, le Parti communiste réunionnais préconise d’aller vers l’autonomie alimentaire. Il s’agit d’arriver à produire toute la nourriture consommée dans notre île. La reconquête de la restauration collective entre dans cette bataille.

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Nos cultures traditionnelles peuvent aider à relever le défi de l’autosuffisance alimentaire.

Jeudi dernier dans le Sud, le Conseil général a permis à 3.200 jeunes Réunionnais de découvrir ou redécouvrir des légumes lontan (voir page suivante). Ce sont des produits traditionnels, issus de la terre réunionnaise, qui nourrissaient nos aînés. Ils remplissaient ce rôle avant que le modèle dominant n’impose un type de consommation sur la base de standards européens.

La conséquence de cette évolution, c’est que La Réunion dépend des importations. La grève de la SERMAT avait permis de placer à nouveau cette carence sous les feux de l’actualité. C’était la reconnaissance unanime de la vulnérabilité de notre économie, au bout de 60 ans de ce modèle. Car se pose la question : qu’adviendra-t-il de La Réunion si elle est coupée du monde pendant quelques semaines ?

Déjà un précédent

Cette situation s’est déjà produite, c’était pendant la seconde guerre mondiale. Entre la soumission du gouverneur au régime d’extrême droite au pouvoir en France, et la libération de La Réunion par l’action des résistants et du Léopard, un blocus a empêché les navires de ravitailler notre île pendant plus d’un an. Notre île ne comptait alors qu’à peine 250.000 habitants, mais les conséquences furent désastreuses. La nourriture manquait, c’était l’époque des tickets de rationnement et des réquisitions. La malnutrition faisait alors des ravages.

Malgré tout, les Réunionnais ont réussi à surmonter cette épreuve. Ils ont survécu à ces privations.

Mais aujourd’hui, la situation est encore plus précaire, car La Réunion dépend beaucoup plus des importations pour se nourrir.

Une nécessité partagée

C’est pourquoi le Parti communiste réunionnais a placé parmi ses préoccupations la réalisation de l’autosuffisance alimentaire. Cela ne s’est jamais démenti. À Saint-Paul, la section PCR avait d’ailleurs fait ce concept le thème central de l’inauguration de l’Espace citoyen de cette commune.

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Le repas organisé lors de l’inauguration de l’Espace citoyen de Saint-Paul était placé sous le signe de l’autosuffisance alimentaire.

Cet objectif repose notamment sur le développement des cultures traditionnelles que sont les légumes lontan. Cela implique aussi une production plus importante dans le maraîchage. Par ailleurs, la marche vers l’autosuffisance alimentaire est l’occasion de tenter des expérimentations qui peuvent servir le monde. C’est le cas du riz. Serons-nous capables de produire du riz pour satisfaire les besoins d’un million de Réunionnais ?

C’est également la possibilité de rechercher des produits de substitution à des importations, comme la farine de blé. Autant de défis qui mettront à l’épreuve notre capacité à régler nos problèmes.

Mais aujourd’hui, les esprits sont prêts à s’impliquer, car l’autosuffisance alimentaire est un objectif qui rassemble de plus en plus. La première étape, c’est la reconquête de la restauration collective. Chaque jour, des dizaines de milliers de repas sont servis dans les cantines.

L’initiative du Conseil général montre qu’il est possible de nourrir 3.200 jeunes de quelques collèges grâce à des légumes traditionnels. Une expérimentation qu’il est possible d’étendre.

M.M.


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