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L’avenir de La Réunion se décide aussi à Doha

Les intérêts des îles seront-ils pris en compte ?

Manuel Marchal / 24 novembre 2012

Lundi commence la Conférence de Doha sur le climat. Les délégués de plus de 190 pays devront discuter de l’avenir des engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto. Pour La Réunion, le résultat de cette discussion est capital, car si rien ne change, ce sont les zones les plus densément peuplées du pays qui seront encore plus vulnérables.

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Depuis quelques jours, les messages d’alerte se succèdent à l’approche de la Conférence de Doha sur le climat. Tous convergent vers une conclusion : la menace a été sous-estimée. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) indique que la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère continue de battre des records. Elle évalue à 375 milliards de tonnes le CO2 envoyé dans l’atmosphère depuis 1750, date du début de l’industrialisation de l’Europe. La Banque mondiale prévoit que les températures vont augmenter de 4 degrés d’ici la fin du siècle, si les engagements du Protocole de Kyoto sont appliqués ce qui n’est pas encore le cas.

4 degrés, c’est 2 degrés au-dessus de la valeur jugée limite au-delà de laquelle les effets du changement climatique pourraient être encaissés par les civilisations. C’est 2,5 degrés de trop pour l’Alliance des petits États insulaires en développement (AOSIS) pour qui une hausse des températures au-dessus de 1,5 degré signifie des pays rayés de la carte du monde.

Ce sont en effet les pays de la zone intertropicale, et particulièrement les îles, qui seront le plus touchés par les effets de cette aggravation. Une île comme La Réunion a contribué de manière très marginale aux 375 milliards de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère depuis 250 ans, mais elle sera bien plus touchée que les principaux pollueurs.

Le changement climatique, cela a déjà commencé, avec une sécheresse persistante qui remet tout en cause. Cela va continuer avec la hausse du niveau de la mer conjuguée à la fragilisation des coraux minés par l’acidification des océans.

L’ampleur de ces phénomènes dépendra des décisions qui seront prises ou pas lors de la conférence qui débute lundi à Doha.

Il est clair que pour atténuer au maximum les émissions de gaz à effet de serre, une solution efficace est la rupture avec les énergies fossiles. La combustion du charbon et des dérivés du pétrole conduit en effet à des émissions de gaz à effet de serre.

Sur ce point, La Réunion avait lancé la marche vers l’autonomie énergétique avec 2025 comme échéance. Notre petit pays montrait qu’il était possible d’aller vers un autre modèle. Gageons que les débats de Doha puissent contribuer à relancer l’autonomie énergétique.

M.M.

Budget européen 2014-2020

Aucun accord entre les États : décision reportée à l’année prochaine

Les divergences des 27 États étaient trop importantes pour arriver hier à un accord. Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de donner mandat aux présidents du Conseil européen et de la Commission européenne pour travailler à la recherche d’un consensus pour qu’un accord soit possible en début d’année prochaine. L’avenir de nos crédits de développement est suspendu à la décision qui devra être prise.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement a commencé jeudi soir. Il a pris fin moins de 24 heures plus tard faute d’un désaccord sur le prochain budget européen pour la période 2014-2020.

Les membres de l’Union européenne ont publié une déclaration de trois paragraphes donnant leur position.

Le Conseil européen donne mandat à son président, Herman Van Rompuy, et à celui de la Commission européenne, José Barroso, pour continuer à travailler et à poursuivre les négociations dans les semaines à venir pour trouver un consensus au sein des 27 pour la programmation budgétaire 2014-2020.

Selon cette déclaration, les échanges bilatéraux et la discussion constructive à l’intérieur du Conseil européen, montre un degré de convergence potentielle pour rendre possible un accord au début de l’année prochaine.

Les 27 se sentent capables de surmonter les divergences de vue pour arriver à un accord. Car ils estiment qu’un budget européen est « important pour la cohésion de l’Union européenne, ainsi que pour l’emploi et la croissance dans tous nos pays » .

Dans la conférence de presse clôturant le sommet, Herman Van Rompuy est revenu sur ses propositions qui sont toujours d’actualité. Le prochain budget européen sera marqué par le contexte de crise, il ne sera donc pas en augmentation ce qui signifie une diminution du ratio par habitant.

Le président du Conseil européen souhaite concentrer les efforts sur l’emploi, l’innovation et la recherche. Sa proposition, c’est une hausse de 50% des crédits alloués à la compétitivité et à l’emploi. Il souhaite aussi une hausse des fonds pour l’agriculture et la cohésion. Ces augmentations seront compensées par des coupes dans d’autres secteurs.

Les semaines qui viennent seront donc le moment d’intenses discussions en Europe. Elles concernent l’avenir de La Réunion, car ce qui sera décidé à Bruxelles et à Strasbourg déterminera le montant de nos crédits de développement.

M.M.


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