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L’effondrement de l’économie de La Réunion

La plus grande catastrophe de l’Histoire du pays à cause de décisions politiques

Manuel Marchal / 3 juillet 2010

- Récession de 2,7%

- Baisse des investissements de 7,8%

- Plus de 100.000 chômeurs

Croissance en baisse de 2,7%, chute des investissements de près de 8%, hausse du chômage de plus de 15%, La Réunion connaît une aggravation de la crise. Mais cette dernière est avant tout le résultat de décisions politiques. Quand le 21 mai 2007, Didier Robert fait voter l’arrêt de la rocade du Tampon, il donne le signal du début de la démolition des projets. Suivront l’année suivante le Pôle Océan et le Zénith lors du changement de majorité aux Municipales. Pendant ce temps, le gouvernement décide de remettre en cause la défiscalisation qui a permis à des capitaux extérieurs de financer à La Réunion la construction de milliers de logements, et l’équipement d’entreprises. Alors que jusqu’à présent, La Réunion avait un taux de croissance plusieurs fois supérieur à celui de la France, il est aujourd’hui inférieur. C’est le résultat de choix politiques qui démontrent qu’aucune décision n’est innocente.

La Réunion est plongée dans la pire crise de son Histoire à cause de décisions politiques : récession de 2,7%, baisse des investissements de 7,8% et la barre des 100.000 chômeurs largement dépassée. Cette situation ne trouve pas son origine dans la crise mondiale, mais dans des décisions politiques qui ont amplifié la crise structurelle.

Les dernières informations de l’INSEE confirment l’impact des décisions politiques visant à arrêter les chantiers. C’est le 21 mai 2007 qu’est donné le signal de départ de cette sinistre stratégie. Ce jour-là, le Conseil municipal du Tampon dirigé par Didier Robert vote sur l’initiative de ce dernier l’arrêt du projet de la rocade du Tampon. Cela représente un investissement de plus de 100 millions d’euros mis à la poubelle, mais c’est surtout le point de départ de l’aggravation de la crise à La Réunion.
Depuis déjà des décennies, notre île connaît une crise structurelle marquée par la pénurie d’emplois, le manque de logements, un grand nombre d’illettrés malgré 10 ans de scolarité obligatoire, un coût de la vie très élevé et d’autres indices du non-développemement. En 1974, le taux de chômage était déjà de 25%. À aucun moment, Paris n’a pris la mesure de la situation. Il a toujours été refusé d’appliquer résolument à La Réunion des mesures adaptées à notre situation, proposées et mises en œuvre par les premiers concernés, les Réunionnais. Ces décennies d’errements ont laissé le pays à la merci de la catastrophe, et cette catastrophe s’est produite.
Ce n’est pas une crise économique mondiale qui en est l’origine, mais des décisions politiques prises ici et à Paris, qui ont abouti à l’effondrement de l’économie.

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Le point de départ de la chute de la croissance se situe peu de temps après la décision prise par Didier Robert de stopper le projet de la rocade du Tampon. La crise sera amplifiée par l’arrêt du Pôle océan et du Zénith, et par la baisse considérable des subventions versées par l’État pour construire des logements avec la remise en cause de la défiscalisation.

Après le signal donné par Didier Robert, d’autres élus n’hésitent plus à jeter des investissements encore plus importants que la rocade du Tampon. Lors du changement de majorité municipale à Saint-Denis, c’est le Pôle Océan et le Zénith pourtant intercommunal qui sont annulés. Tous ces projets auraient pu créer des milliers d’emplois.

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L’évolution du chômage à La Réunion est nettement influencée par des décisions politiques. Ce n’est pas la crise mondiale qui est responsable de l’effondrement de notre économie.

Pour sa part, le gouvernement décide de faire des économies dans les subventions qu’il verse pour construire des logements et soutenir les investissements productifs. L’annonce d’une remise en cause de la défiscalisation va faire fuir les capitaux extérieurs nécessaires au développement de notre économie. Cela va provoquer un coup d’arrêt dans la construction de logements, et des milliers de licenciements. Le manque à gagner ne se chiffre plus en centaines de millions d’euros pour les travailleurs, mais dépasse le milliard.
Ce sont aujourd’hui les conséquences de ces décisions qui sont décrites par l’INSEE.
La Réunion avait pourtant son plan de relance, c’était les plus de 2 milliards d’euros inscrits dans le Protocole de Matignon pour financer deux projets : tram-train et route du littoral. Il est signé en janvier 2007 par le président de la Région et le Premier ministre, et contresigné le mois suivant par le futur président de la République. Mais ce contrat a été cassé par le nouveau président de Région, Didier Robert. Un des ses premières décisions a été d’arrêter le projet tram-train, et juste après, sa majorité vote à la Région le report du chantier de la route du littoral. Avec l’annulation de ce plan de relance, comment va redémarrer l’économie réunionnaise ?
Cela est d’autant plus dramatique que le gouvernement annonce mesures de rigueur sur plan d’austérité, ce qui ne laisse guère d’espoir de voir son effort augmenter pour financer la construction de logement.
Aucune décision n’est innocente. Du fait de décisions politiques, l’économie s’effondre, et ce sont les travailleurs qui paient avec des dizaines de milliers d’emplois supprimés.

Manuel Marchal


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