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L’élargissement de l’Alliance contraste avec les replis sectaires

Ouverture officielle de la campagne électorale

Manuel Marchal / 1er mars 2010

À deux semaines du scrutin, l’Alliance a tenu hier son meeting de lancement de campagne électorale. Au moment où la campagne va augmenter en intensité, quelle est la situation ?

Deux jours avant le meeting de lancement de campagne de l’Alliance, les dernières statistiques du Pôle Emploi ont été publiées : plus de 130.000 demandeurs d’emploi, et sur les douze derniers mois, un taux d’augmentation supérieur à la moyenne des régions de la République. Ces données confirment la crise et fixent le cadre de ces élections : comment créer les conditions pour relancer l’économie ?
Ces élections se déroulent dans un contexte. C’est tout d’abord l’impact de la crise sur les finances publiques en France. Le déficit public de la France dépasse 8% du PIB. En réponse à une demande de l’Europe, la France s’est engagée à revenir en trois ans en dessous d’un déficit de 3%. Pour gagner cinq points en trois ans, l’État va donc tenter de réduire les dépenses au maximum, ce qui ne sera pas sans impact sur son action.
L’autre conséquence de la crise, c’est la diminution des recettes de l’octroi de mer pour les communes. Cette baisse liée à la conjoncture a déjà d’importantes conséquences. Que dire si le régime de l’octroi de mer prenait fin en 2014 sans que rien ne vienne le remplacer ?
La menace qui pèse sur l’octroi de mer est liée à l’intégration de La Réunion dans la mondialisation ultra-libérale. L’Union européenne et les pays voisins s’apprêtent à signer un accord qui ouvrira la totalité du marché de La Réunion aux produits des pays de la région. Dans ce cadre, les exportateurs considèrent que l’octroi de mer est une taxe douanière qui fausse la concurrence, et qui contrevient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce que l’Union européenne s’est engagée à respecter. Quel sera alors l’avenir des producteurs de La Réunion ?

Des rendez-vous inévitables

De cette intégration à la mondialisation ultra-libérale découle une autre menace, celle qui pèse sur les planteurs de cannes. Mis à part Le Port, la totalité des communes de La Réunion ont des planteurs sur leur territoire. Cela souligne l’importance de ce dossier. Ces planteurs sont menacés par un changement des règles fixées par l’Union européenne pour la vente du sucre. L’Union européenne autorisera-t-elle encore le maintien des subventions qui compensent un prix de vente de la canne insuffisant ? La vente des dernières usines sucrières à une coopérative de planteurs de betteraves montre que du côté des usiniers, il vaut mieux se retirer quatre ans avant l’échéance.
Ce sont les questions essentielles qui doivent être au centre du débat à moins de deux semaines du scrutin. Mais que constate-t-on ?
Mise à part l’Alliance, aucune liste ne dit comment elle va faire face à ces différentes échéances. Comment comptent-ils défendre les revenus des producteurs, des planteurs et des 24 communes ? Silence assourdissant.
Certains font du hors sujet, comme la liste PS qui parle de construire des milliers de logements alors que c’est une compétence de l’État et des communes.
Beaucoup focalisent leurs attaques contre le tram-train. Cela est d’autant plus irresponsable de la part de dirigeants politiques que le tram-train fait partie d’un investissement de 2,6 milliards d’euros négocié par la Région avec l’État, et qui permettra au pays d’atténuer l’impact de la crise. Deux semaines avant le scrutin, force est de constater que seule l’Alliance défend clairement le lancement du chantier du tram-train cette année, et celui de la route du littoral avant 2014.

Évolution du rapport de forces

Si cette opposition est constante dans sa ligne de démolition des grands projets, sa composition a changé. La liste conduite par Didier Robert est divisée en trois. Cette division a clairement démontré à l’opinion que l’addition d’intérêts personnels issus de différents partis et communes ne tient pas dans une liste. Une autre liste illustre aussi cette vieille façon de faire de la politique, c’est celle du PS. Elle vise à traduire dans une liste le concept de la pureté idéologique. C’est une liste de parti, composée uniquement de socialistes. La liste d’Europe Écologie va même plus loin dans ce sectarisme puisqu’elle a été incapable de fédérer tous les Verts à La Réunion.
À deux semaines de scrutin, les rapports de forces sont identifiés. Alors que les partisans du gouvernement se présentaient unis en 2004, ils sont divisés en trois. La liste d’union PS-Verts de 2004 s’est aussi divisée, en deux listes de parti.
Seule l’Alliance a été capable de s’élargir, aussi bien vers d’autres partis politiques (Modem et Europe Écologie) que vers d’autres personnalités de la société civile. Cette réussite est le résultat d’une nouvelle manière de faire de la politique. Elle est la réponse à un contexte. Il s’agit de réussir le développement durable d’un million d’habitants en réussissant à apporter dans l’immédiat des réponses concrètes sur plusieurs questions : l’octroi de mer, l’avenir des planteurs, la survie de l’industrie réunionnaise, le développement durable d’un million d’habitants.

Manuel Marchal


RFO-Télé a-t-il choisi son camp ?

Aujourd’hui, c’est l’ouverture officielle de la campagne des Régionales. À la veille de cet événement, le journal TV du service public d’information a fait part d’une estimation de la participation au meeting du PS à la salle Candin : 2.000 personnes, encore plus fort que le "JIR" du matin.
Les images montraient pourtant des chaises. Or, il est physiquement impossible de faire entrer plus de 800 chaises dans la salle Candin. 800, c’était d’ailleurs le nombre de participants au 6ème Congrès du PCR qui s’est tenu dans la même salle. Entre 800 et 2.000, la marge d’erreur est plus que suspecte. Ce procédé vise-t-il à démontrer que RFO-Télé a choisi son camp ?


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