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- L’emploi ce n’est pas les maires, mais l’État
- Demande d’audience à la Porte-parole du gouvernement
- Pour une mission gouvernementale sur le chômage

Réunion extraordinaire de l’Association des maires hier à La Possession

Céline Tabou / 22 février 2013

Au terme d’une réunion extraordinaire de l’Association des maires sur le problème de l’emploi, les élus demandent à être reçus aujourd’hui ou demain par la porte-parole du gouvernement. Ils rappellent que l’emploi relève de la compétence de l’État et demandent à ce dernier d’aligner le nombre de contrats aidés pour 2013 sur celui de 2012. Ils demandent également l’envoi d’une mission du gouvernement. Concernant les emplois d’avenir, l’AMDR propose à la Région et au Département de contribuer au co-financement si l’emploi relève de leur domaine de compétence, et à l’État d’exonérer ses emplois de charges.

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L’AMDR (Association des maires de La Réunion) a demandé une rencontre avec la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, lors de sa visite à La Réunion, vendredi et samedi. Bien que la demande n’ait pas pu être transmise avant son départ de l’aéroport, «  nous espérons qu’elle pourra rencontrer notre délégation, vendredi ou samedi matin » , a indiqué Roland Robert, président de l’Association.

L’État, responsable de l’emploi

La rencontre qui s’est déroulée hier à La Possession était destinée à réunir l’ensemble des maires suite aux échauffourées de ces derniers jours. « Les maires ont tenu à réagir et après un certain temps d’échange, nous avons abouti à une déclaration commune et à un constat : l’emploi, ce n’est pas nous, c’est l’État ». « Cependant pour nos administrés, l’État ce sont les maires, car ils représentent l’autorité de proximité. Nous sommes ainsi interpellés », a souligné le maire de La Possession.

Bien que « nous participons à la politique de l’emploi, nous ne sommes pas responsables de l’emploi » , a précisé Roland Robert, propos approuvés par l’ensemble des maires présents et de leurs représentants. Dans un contexte de tension sociale, « il y a de nombreuses décisions à prendre. Il existe deux façons de donner du travail à nos administrés : soit les emplois aidés (CAE/CUI), soit les emplois d’avenir » .

Les contraintes budgétaires qu’incombent ces dispositifs et le manque croissant d’emploi mis à disposition par le gouvernement réduisent les marges de manœuvres des maires. En effet, comme l’ont expliqué les élus, le quota de contrats aidés est en nette diminution par rapport à l’an dernier. Les maires avaient reporté la rentrée scolaire d’août, faute de contrats aidés en nombre suffisant pour garantir la sécurité et l’hygiène dans les écoles. En dépit de cette contestation et des demandes faites aux représentants de l’État, les mairies n’ont pas vu leur quota augmenter suffisamment en fonction de leurs besoins.

L’urgence d’une mission gouvernementale sur le chômage

«  Au départ, les emplois d’avenir devaient s’ajouter aux contrats aidés, mais aujourd’hui nous constatons que le nombre attribué aux communes est en diminution. Certes, les contrats sont plus longs, mais le nombre diminue. Nous demandons des contrats de six mois, car on peut en donner plus  » au lieu des contrats d’un à trois ans. Ce point a d’ailleurs été évoqué lors de la conférence sur la transparence sur la question des contrats aidés.

« Il faut résoudre le problème du chômage à La Réunion  », a affirmé Roland Robert, car «  il existe des dispositifs, mais nous sollicitons une mission gouvernementale pour que le gouvernement se rende compte de ce qui se passe réellement ici  », a-t-il revendiqué. La délégation de l’AMDR qui ira à la rencontre de la ministre Najat Vallaud-Belkacem devra porter deux revendications principales : la hausse du nombre de contrats aidés et la mise en place d’une mission gouvernement sur le problème du chômage à La Réunion.

«  Tous les maires de l’île sont confrontés à ces mêmes difficultés (…) On est en vigilance sociale, car il existe de réels problèmes qui vont peut-être perdurer. Nous souhaitons vraiment la venue d’une mission gouvernementale  », a soutenu Roland Robert. Concernant les emplois d’avenir, «  l’ensemble des maires souhaite un échange sur une exonération des charges, afin que la participation des communes soit moins pesante  », a-t-il indiqué.

« On ne nous a pas tout dit »

Claude Hoarau a expliqué qu’à l’occasion du Congrès des maires, un représentant de l’État avait indiqué que la contribution des communes était de 350 euros, mais lors de l’application du dispositif, le montant est passé à 550 euros. «  Cette différence est de taille, cela représente 2.400 euros de plus par an et par contrat. C’est hors de portée des communes  », a noté le maire de Saint-Louis. C’est pour cette raison que les maires en appellent à la contribution des grandes collectivités (Conseil général, Conseil régional) dans leurs domaines de compétence pour permettre aux communes de voir plus positivement ce nouveau dispositif de contrat d’avenir, ont expliqué les maires de La Possession et de Saint-Louis.

« Comment expliquer cette différence de 350 à 550 euros » , a posé Claude Hoarau. D’autant plus que, comme l’a réitéré Roland Robert, « les contrats d’avenir devaient s’ajouter aux contrats aidés ».

Daniel Gonthier, maire de BrasPanon, a observé qu’«  un emploi d’avenir équivaut à trois contrats aidés  ». De plus, plusieurs questions restent en suspend comme l’avenir des employés de ce dispositif, «  après trois ans, après une formation et après avoir donné satisfaction, ils seront en droit de demander à être titularisés » , comment cela sera-t-il possible au vu des perspectives moroses des finances publiques, a posé le président de l’AMDR. Car «  d’un côté la Cour des comptes dit que les communes consomment trop pour son personnel et de l’autre, on nous dit d’embaucher  », s’est indigné Roland Robert.

Face à l’urgence de la situation et des tensions sociales qui persistent à La Réunion, les maires attendent la Porte-parole du gouvernement et espèrent être reçus afin de trouver des solutions rapidement pour l’emploi à La Réunion, dans l’urgence, à travers l’augmentation des contrats aidés et la baisse du résidu pour les emplois d’avenir et sur le long terme, une mission gouvernementale sur le chômage à La Réunion.

Céline Tabou

La CGTR réagit à la situation sociale

Voici des extraits d’une déclaration publiée hier la CGTR sous la signature de son secrétaire général, Ivan Hoareau.

« (…) Ces mouvements posent la question cruciale de l’emploi pour tous, du plein emploi solidaire.

La vraie réponse est la relance de l’activité et de l’emploi et une meilleure répartition des richesses. Certes, cela ne se décrète pas. Encore faut-il avoir une politique de relance et de justice sociale !

Notre société tourne le dos à sa jeunesse. Et les jeunes ont raison de se mobiliser pour un avenir meilleur.

La progression rapide du chômage des seniors nous rappelle que le fléau est global.

Ceci étant, dans la conjoncture actuelle et compte tenu de son poids (moyenne annuelle de 25.000 équivalente au nombre de salariés en emploi dans le secteur du BTP dans sa meilleure année (2008) et une fois et demie ses effectifs actuels), les emplois aidés sont un mal nécessaire. (…)

La gestion des emplois aidés doit être revue pour permettre notamment une réelle insertion professionnelle passant par un accompagnement dans la définition d’un projet professionnel et son suivi, une vraie formation et une durée du travail plus importante et tendant au temps plein, une transparence dans leur attribution (rôle de Pôle emploi)… Ce faisant, revaloriser la notion de travail en renforçant la relation travail/rémunération.

L’emploi aidé renvoie à la problématique plus globale de la bataille pour l’emploi.

La responsabilité doit être au rendez-vous de ce présent si douloureux pour les laissés-pour-compte d’une société de plus en plus inégalitaire ».


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