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« L’enjeu n’est pas la gloire de telle ou telle majorité régionale »

L’Alliance et la sous-utilisation des fonds européens

Témoignages.re / 30 juin 2012

Autrefois "modèle" pour l’emploi des fonds européens, La Réunion perdra-t-elle 650 millions d’euros de crédits du fait des retards accumulés ? Réunis en conférence de presse, anciens et actuels conseillers régionaux de l’Alliance ont alerté l’opinion... et proposent une réponse unitaire pour faire face à ce risque qui, au-delà des chapelles partisanes, concerne le futur du pays.

« Une situation critique ». C’est en ces termes que Maya Césari, conseillère régionale et universitaire, a commenté l’annonce, largement débattue dans l’opinion, du retard accumulé par La Réunion dans la programmation des fonds européens. Retard qui, précise-t-elle d’emblée, « fait courir le risque d’un dégagement d’office, s’il n’est pas rattrapé ». Un « dégagement » qui, s’il devait avoir lieu, signerait la perte d’une somme de 650 millions… Pointant des « responsabilités partagées » et refusant toute « polémique et stigmatisation », la jeune femme précise qu’en la matière, La Réunion passe brutalement du rang « d’élève modèle » à celui de « lanterne rouge ». Un déclassement qui fait craindre que les crédits alloués dans le futur soient moins élevés… alors que, rappelle-t-elle, « l’ancienne mandature régionale avait obtenu, pour la période 2007-2013, une enveloppe comparable à celle de la programmation 2000-2006 ». Une « belle réussite, qui n’allait pas de soi », évoque Raymond Lauret, ancien vice-président de la Région qui signale que non seulement, la Région n’a jamais failli auparavant, mais qu’il « nous est même arrivé de bénéficier de crédits non utilisés par d’autres ».

Des délais "sous-estimés"

Rappelant que « la Région n’est toutefois pas la seule responsable », Maya Césari décèle néanmoins dans « la sous-estimation des délais nécessaires à la mise en place de nouveaux projets » la cause du retard dans l’affectation des ressources européennes, dont l’emploi répond à un mécanisme complexe, dans lequel la « contrepartie nationale » — c’est-à-dire l’investissement réalisé dans le cadre de l’État membre bénéficiaire — « joue un rôle essentiel ». Les moyens affectés pour certains programmes d’usage immédiat, sans assurance d’être reconduits, tels que le POP, auraient pu être utilisés comme « levier pour appeler ces fonds européens » qui, pour l’instant « dorment », analyse-t-elle. Béatrice Leperlier a rappelé les effets de l’arrêt des grands projets, dont le Tram-train et la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR), respectivement dotés de 100 et 15 millions de fonds européens…

Au-delà des chapelles partisanes

Autre problème : il n’est pas certain que les projets annoncés en remplacement de ceux de l’ancienne majorité dont le « bouclage » financier était achevé, émargent à des programmes européens. Qu’en est-il, par exemple, de l’achat de bus dans le cadre du Trans-Eco-Express ? Quid de l’abandon du projet de câble sous-marin « Ravenal », qui émargeait au Programme opérationnel de coopération territoriale (POCT), dans un contexte où, souligne Maya Césari, « la Commission avait multiplié par 7 le budget alloué à la coopération régionale" ? Raymond Mollard a lui aussi fait part de son inquiétude pour les activités liées à l’éducation et à la recherche. Et de citer l’exemple d’un lycée dont la construction était prévue sur les fonds FEDER dans les hauts de Saint-Denis, et pour laquelle, indique-t-il, « la procédure d’acquisition du terrain n’est même pas engagée ». Ne pas perdre les fonds : cette priorité pour La Réunion dépasse les querelles de personnes et de chapelles, indique Maya Césari, pour qui « l’enjeu n’est pas la gloire de telle ou telle majorité régionale ». Un propos auquel s’associe Raymond Lauret, qui plaide pour que « chacun se retrouve autour d’une table, pour dégager des solutions ». En effet, affirme Maya Césari, « la dynamique de projet existe », dans des structures telles que Témergie, GERRI… Des projets « aujourd’hui en souffrance, à 18 mois du délai d’engagement ». Dans l’opposition, l’Alliance propose néanmoins son aide et sa connaissance des dossiers pour trouver une issue à ce qui pourrait tourner, selon l’expression de Raymond Mollard, au « Waterloo budgétaire ». Sera-t-elle entendue ?



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Messages






  • Vive la nouvelle politique Européenne de croissance avec François Hollande !
    Les fonds existent.Avec une forte volonté polique et le rassemblement de tous les techniciens, tout est possible, récupérable et au-delà , avant la fin de la programmation 2014 ; évitant ainsi tout dégagement d’office de l’enveloppe antérieure attribuée à la Réunion et malheureusement non consommée.
    Dommage !
    Une descente d’une’ délégation spéciale Bruxelloise’ n’est pas à exclure avant la fin du 3ème trimestre 2012. L’urgence dépasse ’les querelles de personnes et de chapelles’.
    Sauvons les meubles.
    Des projets existent, ’des projets en souffrance’, à 18 mois du délai imparti.
    Mobilisons-nous.

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    • Croyez-vous que le 1% du PIB sera suffisant ?

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    • Respectons nos propres règles. Mettons nous d’accord sur l’essentiel. Récupérons au plus vite d’abord nos "650 millions d’euros inutilisés" pour ne pas être ridicules et’ pouvoir dépoussierer’ enfin les projets en souffrance. Pour le reste, le 1% du PIB européen dédié à la croissance permettra à la zone euro stressée par l’austérité de fixer des bases solides pour relancer d’autres investissements et créer des emplois dans des zones difficiles et souvent délaissées.
      Globalement, la somme attribuée par habitant et par an est facile à calculer et représente, en un premier temps, "un petit coup de pouce",non négligeable.
      Est-elle suffisante pour autant ?

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