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L’épreuve de la réalité pour la direction de la Région Réunion

Première Commission permanente de la nouvelle direction régionale

Manuel Marchal / 11 mai 2010

C’est aujourd’hui qu’a lieu la première réunion de la Commission permanente, 53 jours après le changement de direction à la Région. Après les effets d’annonce, il est aujourd’hui facile de vérifier l’épreuve de la réalité. La Commission permanente va revoter les décisions prises par la précédente majorité en matière d’investissements et de soutiens aux entreprises. Faut-il en sourire ou s’en féliciter ? En tout cas, tout cela ne va guère au-delà d’une opération d’affichage qui se sert de la Commission permanente comme d’un service de communication.

53 jours après l’élection de Didier Robert à la présidence de la Région, doit se tenir la première Commission permanente de la nouvelle direction de la collectivité. Après les effets d’annonce, tout le monde s’attend donc à ce que cette nouvelle direction passe aux actes et imprime sa nouvelle marque. Sur ce point, selon les informations qui nous sont parvenues, le moins que l’on puisse dire, c’est que Didier Robert est toujours en campagne électorale.
Un dossier est particulièrement édifiant sur ce point. Il concerne les emplois verts. Il semble qu’une rallonge de 500 emplois aient pu être obtenu auprès des services de l’État.
Reste à savoir à qui ses emplois seront attribués. Cet aspect est essentiel, car n’oublions pas que Didier Robert a promis 10.000 emplois-verts supplémentaires dès cette année.
Le "JIR" du 5 mai dernier indique qu’une personne du cabinet du nouveau président de Région est chargée des relations avec la Communauté d’agglomération des communes Sud. Cette nomination pour le moins surprenante dans la composition du cabinet d’un président de Région amène à la vigilance. Nul doute que la répartition des emplois-verts dans les différentes communes sera scrutée encore plus attentivement que les précédente vagues d’affectations d’emplois aidés qui avaient largement profité au Tampon en 2007, à la veille des législatives. Personne ne comprendrait qu’un préfet se sent de nouveau obligé d’employer le terme d’“emploi-magouille” à la tribune d’une collectivité réunionnaise.

Plan de relance de 200 millions déjà voté l’an dernier

Un autre rapport décrit également un climat de campagne électorale prolongée. Il s’agit d’une surprenante affaire, qui propose aux élus de voter ce que la précédente direction de la Région avait entériné dans son budget primitif voté l’an passé. Car les 200 millions d’euros placés sous l’intitulé de relance de l’économie reprend à 80% des décisions déjà prises par la Région. La seule nouveauté, ce sont les 40 millions d’euros pour financer des équipements dans les communes, tout en sachant que cette somme ne sera pas engagée tout de suite puisqu’il n’y a pas de projets. L’avance sur les marchés qui passe de 5 à 30% est déjà une mesure pratiquée de longue date par la majorité qui a dégagé les marges de manœuvres financières nécessaires dans le vote du précédent budget.
Par conséquent, sur ce dossier que la nouvelle direction ne manquera pas de faire médiatiser, il n’y a aucune nouveauté. Tout est dans l’effet d’annonce. C’est à se demander s’il faut en sourire, ou s’il ne faut pas plutôt se féliciter de la validation par la nouvelle direction de la collectivité d’un plan de relance déjà voté et mis en œuvre par la précédente majorité de la Région.
Devant l’épreuve de la réalité, il ne reste donc qu’une volonté d’affichage de Didier Robert, rien de plus.

Manuel Marchal


10.000 emplois verts au 31 décembre ? Mais où sont cachés ces emplois ?

Didier Robert s’est fait élire sur la base de la création de 10.000 emplois verts cette année. Manifestement, il ne pourra pas concrétiser cette promesse, et loin s’en faut.
Au rythme de 500 emplois-verts obtenus au bout de 50 jours, et sachant qu’il reste 235 jours dans l’année, si Didier Robert n’arrive pas à hausser le rythme, il ne pourra distribuer au mieux que 2.850 emplois verts cette année, soit un déficit de 7.150 emplois par rapport à la promesse électorale.
Les Réunionnais devront-ils encore attendre 950 jours, c’est-à-dire jusqu’en 2013, la réalisation d’une mesure qui était promise pour le 31 décembre de cette année ? Didier Robert arrivera-t-il à augmenter la cadence pour ne pas que les frustrations s’accentuent ? Voilà un engagement pris par le nouveau président de la Région qui est déjà sévèrement mis à l’épreuve par la réalité. Or, c’est précisément l’emploi qui est la préoccupation numéro un des Réunionnais.


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