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L’État veut imposer l’incinérateur aux Réunionnais

La clarification après la réunion du CODERST

Manuel Marchal / 31 juillet 2010

Au terme de la réunion du CODERST hier, la présence majoritaire des représentants de l’État autour de la table, leur vote contre le Plan d’élimination des déchets présenté par le Département et la motivation de ce vote ne laissent plus guère de doute quant à la préférence de l’État pour l’incinérateur à La Réunion, et cela en dépit des orientations affichées par le Grenelle de l’Environnement.

La procédure de validation du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés suit son cours. Ce texte a évolué depuis que le préfet a donné un avis défavorable. Cet avis était d’ailleurs considéré par le Conseil général comme un appel à la discussion. C’est donc ce texte enrichi par les avis de chacun qui était présenté hier au Conseil départemental de l’environnement des risques sanitaires et technologiques (CODERST).
17 personnes ont participé à cette réunion. Il y avait des représentants de collectivités, d’associations mais surtout 9 représentants de l’État, ayant chacun un droit de vote. Résultat, le CODERST a donné un avis défavorable par 10 voix contre 7, et dans les 10 qui ont voté contre le PDEDMA figurent les 9 représentants de l’État.
Malgré l’ouverture faite par le Conseil général qui a revu son projet, les services de l’État sont restés sur la même position. Et à la lumière des débats d’hier, il apparaît clairement que l’avis de l’État est motivé par l’absence d’incinérateur dans la solution proposée. Il convient en effet de noter la formule alambiquée utilisée par la Préfecture dans le communiqué qui rend compte de sa position : « les compléments apportés par le Département à la suite de l’avis défavorable précité du préfet, n’apportent pas de réponse quant à la nécessité de n’exclure aucune forme de traitement des déchets résiduels ».
Les services de l’État ont sans doute pris la mesure de l’opposition massive des Réunionnais à l’incinérateur, ce qui explique cette formule qui ne cite pas nommément cette source de pollution.
Le débat est donc très clair.

- Soit suivre l’avis des services de l’État et donc installer un incinérateur à La Réunion.

- Soit éviter l’utilisation de cette solution extrêmement contestée et donc soutenir la position du Conseil général qui travaille à la mise sur pied d’une alternative : la stabilisation avant enfouissement.
De plus, aucune collectivité à La Réunion ne s’est manifestée en faveur de l’incinérateur. Cette position des services de l’État ne manquera pas d’interroger au moment où l’État ne cesse justement de mettre en avant le Grenelle de l’Environnemement.

M.M.


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