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"L’Express Emploi-Carrière" relance le débat sur la sur-rémunération

Dossier sur l’expatriation en Outre-mer

Manuel Marchal / 27 septembre 2013

À la une de "L’Express Emploi-Carrière", un dossier intitulé "Antilles, Polynésie, Guyane… Où partir travailler dans les Dom-Tom ?" donne de nouveaux arguments à ceux qui, en France, cherchent à supprimer la sur-rémunération.

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« La promesse de vie meilleure n’est pas toujours un mirage. Ici, le lagon de Bora Bora » : c’est par cette légende d’une photo de carte postale montrant des bateaux ancrés dans le lagon que commence un dossier de "l’Express", consacré à l’emploi dans les Outre-mer.

Illustré de photos de paysages de rêves et vacances pour un Français, ce dossier sonne comme un véritable appel à émigrer pour des Européens en mal d’aventures et de salaires supérieurs à la France. Voilà de quoi maintenir le débat sur l’emploi des Réunionnais à La Réunion, quelques jours après la nomination de la maire de Charleville-Mézières comme ambassadrice à la coopération dans l’océan Indien, de préférence à un Réunionnais ex-secrétaire général de la COI !

Notre confrère ressort aussi les mêmes arguments utilisés par les "pauvres" entrepreneurs, "obligés" de faire venir leurs cadres de France, faute de pouvoir trouver sur place les compétences disponibles. Quant à la sur-rémunération, elle « appâte les "métros" » pour la fonction publique.

Une arme pour les anti-sur-rémunération

Mais "l’Express" livre des informations capitales pour tous les détracteurs de la sur-rémunération en France. Il compare le pourcentage de la prime de vie chère au surcoût de la vie dans la collectivité considérée.

Ainsi, aux Antilles, les 40% supplémentaires servent à acheter une vie plus chère d’« environ 15% ». À La Réunion, les 53% de sur-rémunération compensent une vie plus chère de 12%. À Tahiti, les 108% de plus permettent de faire face à des prix plus chers de 26 à 51%, selon l’occidentalisation du mode de consommation. Quant à la Nouvelle-Calédonie, les 73% servent à faire face à des prix plus élevés de 34%.

Ces données sont une véritable arme pour tous ceux qui veulent alimenter une campagne anti-sur-rémunération en France.

Mercredi, le gouvernement a présenté son projet de loi de finances. Les discussions vont bientôt commencer au Parlement. Elles ont lieu dans un contexte particulier. Car le budget prévoit des économies d’un montant de 15 milliards d’euros, dont 9 milliards de réduction de crédits pour les ministères, une diminution de 1,5 milliard d’euros de la dotation des collectivités territoriales.

En même temps, les informations sur la sur-rémunération continuent de sortir dans le grand public, ce qui créé les conditions du débat.

Le fonds de développement

Dans ces conditions, il est important que chacun puisse mettre ses propositions sur la table. Pour sa part, le PCR propose la création d’un fonds de développement, alimenté en partie par la sur-rémunération transformée en épargne. Cette somme restera la propriété du fonctionnaire, qui pourra ensuite la récupérer majorée par des intérêts défiscalisés.

L’objectif est de concilier l’unité de traitement de la fonction publique, et le refus de la rupture du contrat entre l’agent et l’État, afin que personne ne soit lésé.

 M.M. 

L’eldorado des fonctionnaires

Dans son article "Antilles, Polynésie, Guyane… Où partir travailler dans les Dom-Tom ?", "’L’Express Emploi-Carrière" liste les différentes majoration versées aux fonctionnaires en fonction du territoire où ils servent, et les compare quelques fois à une estimation du surcoût de la vie par rapport à la France.

Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin

Sur la fiche de paye : Les fonctionnaires bénéficient d’une majoration de 40% de leur salaire. Quant aux indemnités d’éloignement, elles correspondent à 12 mois de traitement brut pour quatre ans de service effectué, mais elles sont non renouvelables. Il existe une réduction d’impôt sur le revenu de 30% appliquée initialement aux fonctionnaires et étendue à l’ensemble de la population des DOM. En effet, le coût de la vie est plus élevé (environ +15% en Guadeloupe et en Martinique).

La Réunion

Sur la fiche de paye : Il n’y a pas de prime d’éloignement à La Réunion. Il existe cependant une prime de 53% pour les fonctionnaires car il ne faut pas oublier que la vie y est plus chère (+12% pour le même panier qu’en France métropolitaine).

Nouvelle Calédonie

Sur la fiche de paye : La sur-rémunération s’élève à 73%. Comme dans l’ensemble des outremers, les prix sont plus élevés. Le même panier de consommation coûtera 34% plus cher qu’en métropole.

Wallis et Futuna

Sur la fiche de paye : Une sur-rémunération de 105% existe dans le secteur public.

Tahiti

Sur la fiche de paye : La majoration s’élève à 108% du salaire dans le secteur public. À Tahiti, la prime d’un fonctionnaire d’État atteint jusqu’à 84%. Certes, les prix sont 26% plus élevés en Polynésie française qu’en France métropolitaine — jusqu’à 51% de plus à Tahiti pour un ménage qui ne change pas ses habitudes de consommation — en raison du coût des produits alimentaires.

Saint-Pierre et Miquelon

Sur la fiche de paye : La sur-rémunération des fonctionnaires d’État s’élève à 85%.

Mayotte

Sur la fiche de paye : Une prime d’éloignement d’environ 100% est versée par période de six mois. Elle double le salaire.
Un appel à l’expatriation…

« Et si vous osiez l’Outre-mer ? »

Dans cet article, "l’Express" donne quelques conseils aux Français qui veulent s’expatrier dans une région d’Outre-mer. Extraits :

"J’avais l’impression d’être un hamster dans sa roue : je travaillais, je produisais, mais je ne construisais rien", confie Thomas Vie sur le point de s’envoler pour Mayotte. Un temps chef de projet pour une agence spécialisée dans le Web, l’ancien étudiant en philosophie à la Sorbonne a renoué avec son rêve de devenir enseignant. Il part enseigner Platon et Nietzsche aux lycéens mahorais. Une véritable aventure sur une île magnifique où tout est à construire. (…)

Si les Dom-Com (les territoires sont devenus des collectivités depuis 2003) n’ont pas franchement une bonne réputation sur le plan économique — leur taux de chômage frôle parfois les 25%, voire les 30% en Guyane, ces territoires offrent pourtant des opportunités. "Ils sont toujours en déficit de main-d’oeuvre qualifiée et expérimentée. Les entreprises, faute de trouver sur place, sont donc souvent contraintes de recruter sur le marché national et de proposer des rémunérations suffisamment intéressantes pour attirer des candidats", lit-on dans l’enquête Emploi et Salaires 2013 de l’Insee [1]

La fonction publique appâte ainsi les "métros" par le biais de primes et de sur-rémunérations (de 40% aux Antilles à 108% en Polynésie française). Le privé joue sur les mêmes leviers, avec des salaires parfois plus élevés que dans l’Hexagone.(…) » 

[1 Mis en gras par nos soins


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